Au moment d’un débroussaillage de nos jardins situés sous la rue du Garail à Saint-Martin-de-Valamas, une pierre très spéciale nous est apparue, incrustée dans le mur de soutènement d’une de nos «chambas». Nous ne l’avions jamais vue. Bizarre !
C’est en fait une sculpture en relief avec une inscription. Les lettres que nous pensons déchiffrer ici : IHS.

Pour trouver la signification de ce monogramme et son sens nous avons fait des recherches
sur internet et nous avons découvert la chose suivante :
Ces lettres entrelacées «IHS» c’est le monogramme du mot «christ» en alphabet grec, les 3
premières lettres du nom «Jésus».
Le fait qu’il soit encadré comme un petit blason dans un mur de pierre c’est typique des
villages ardéchois.
Voici une explication historique que nous avons trouvée au cours de nos recherches pour
expliquer que ce monogramme soit inséré dans un mur :
1) Très courant sur les maisons, granges et puits en Ardèche et dans les villages catholiques.
C’était un signe de protection, ça protégeait la maison et ses habitants.
2) Ce pouvait être une marque de propriété religieuse qui pouvait indiquer une maison appartenant à l’église, à un curé ou à la congrégation de Marie-Rivier. Les sœurs de cette confrérie le mettaient souvent en symbole.
3) C’était un simple témoignage de foi des habitants du 18 ème et 19 ème siècle. Une marque de
dévotion.
Est-ce que vous mêmes connaissez sur la commune de Saint-Martin-de-Valamas ou dans les
villages alentour d’autres exemples de ces pierres sculptées dans vos jardins ou sur les murs
de vos maisons ?
Dans le cadre de nos recherches sur les «chambas» nous avons trouvé un livre de l’historien
et géographe Jean-François Blanc qui parle des «chambas» ces cultures en terrasse de l’Ardèche.
DEUX PAYSAGES EN TERRASSES DE L'ARDÈCHE par Jean-François Blanc, en voici un extrait (nous avons volontairement laissé les noms mal orthographiés) :
Dans deux régions ardéchoises géologiquement différentes, pour vaincre la pente, handicap
aux activités agricoles, les paysans ont construit des terrasses de cultures. Sur le Gras de Chomérac les versants viticoles ont été abandonnés depuis la crise phylloxérique des années 1870. Dans les Boutières, l'agriculture en terrasses agonise depuis la Deuxième Guerre mondiale. Les paysages construits, pour être sauvés, auraient besoin d'être insérés à part entière dans une nouvelle politique d'aménagement des espaces pentus.
Sur les versants calcaires des Gras comme sur les pentes granitiques des Boutières, les paysans
ardéchois construisirent des réseaux de terrasses cultivables. La lithologie et la morphologie de ces versants donnèrent à chacun de ces paysages identité et originalité. Mais ici ou là, la terrasse a le même rôle car ce sont des «champs construits par les hommes pour décomposer les pentes trop
fortes, séparés par des murailles ou des talus. Les terrasses peuvent être parfaitement horizontales
surtout si elles sont irriguées». En Ardèche elles portent plusieurs noms locaux : échamps, râlais, chambas dans la région du Cheylard, piots dans la basse vallée de l'Erieux, chelets, murettes entre
Tournon et Serrières, accols, faïsses ou couols en Sud-Vivarais, seillous à Vogue et Villeneuve-de-
Berg, clos à Antraigues -.
Comme en Basse-Provence on trouve encore les noms de traversière et de barres dans certaines régions. C'est au prix d'un travail immense que ces hommes ont construit l'indispensable support de leur agriculture : le sol. C'est au prix d'un labeur sans cesse recommencé qu'ils ont entretenu et travaillé ces champs. Pourtant, dès la fin du XIXe siècle, avec la crise du phylloxéra, s'amorçait la fin de cette agriculture.
Les terrasses viticoles du Gras de Chomérac furent les premières touchées, tandis que dans les Boutières, les premiers symptômes de l'exode rural se firent sentir par l'abandon des terrasses les plus éloignées des habitations. Mais c'est incontestablement après la Deuxième Guerre mondiale que commence la décadence irrémédiable de ces espaces. L'exode vers les villes (comme Valence, Lyon, Saint-Étienne, le Péage-de-Roussillon) continue, s'accentue et saigne l'arrière-pays ardéchois : les premières écoles ferment, rapidement suivies par les commerces, les autres services publics et les industries.
Ce déclin se poursuit encore aujourd'hui. Une population vieillie, des problèmes fonciers énormes et une agriculture périmée, tout contribue à la marginalisation de ces espaces pentus. Très largement abandonnés ces paysages n'en demeurent pas moins de merveilleux exemples de paysages construits. Riches de leur passé et de leurs traditions, les versants à terrasses sont à la fois héritage et paysages culturels. Aussi est-il urgent de les étudier afin de pouvoir proposer quelques idées pouvant servir de base à l'élaboration d'une politique générale d'aménagement des espaces marginalisés.
Si vous voulez lire la suite voici le lien :
https://www.persee.fr/doc/geoca_0035-113x_1981_num_56_4_3961
M. et G. VERAT