
Serait-ce un rébus ?
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Serait-ce un rébus ?
Pour changer des habitudes ruedepuciennes qui commencent généralement par : " Rien ne change, le beau temps et tutti-quanti... ", nous commençons donc ce numéro par un rébus très icillien et peut-être un peu trop simple à décoder le tout sans montage* !
Alors ? quoi de neuf à Saint-Martin ?
Nous avons été les témoins d'un miracle !
Le retour du Crédit Agricole, et contrairement aux dires du Dauphiné en septembre dernier, c'est bien la même façon de fonctionner que nous retrouvons avec UN distributeur et UNE permanence mise à la disposition des Saint-Martinois et des habitants des alentours, si c'est pas une " good news " je n'y comprend plus rien !
Quoi d'autre ?
Il y a deux ans nous disions qu'il en était passé de l'eau sous les ponts ( et sur les ponts pour le coups ), aujourd'hui c'est l'inverse qui est à l’œuvre avec bien trop peu d'eau qui coule sous les ponts !
Pour cette éditions nous vous proposons une suite sur les Autrichiens cette fois-ci à Arcens, une suite sur les gendarmeries de Saint-Martin, un article sur l'aménagement des espaces verts urbains, une fake-news et la résolution de la " vraie fake news ", une étude d'image, une infos concernant Géoportail, un rébus, une petite citation...
Bonne lecture et rendez-vous mi-novembre pour un nouveau numéro !
Comme d'habitude n'hésitez pas à nous faire parvenir vos idées d'articles, photos d'archives et autre documentation qui pourrait intégrer les prochains numéros !
*aucun chat n'a été maltraité pour réaliser cette photo d'illustration !
Marie-Noëlle
Historique sommaire de la gendarmerie
En 1791 l’Assemblée constituante a supprimé la maréchaussée existant depuis 1720 et réorganisé ce corps sous le nom de gendarmerie nationale (loi du 16 février). La loi du 17 avril 1798 a fixé les bases de son organisation. Rattachée au ministère de la Guerre pour la discipline et le matériel, elle reste sous la tutelle du ministère de la Police générale pour ses missions de maintien de l'ordre. Si le nombre de brigades augmente, il y a des difficultés de financement, de recrutement et même pour trouver des bâtiments.
Cette même année une des raisons évoquées par les municipalités de St-Martial, Arcens et Ste-Eulalie pour réclamer la continuité du chemin de St-Martin au Gerbier était « que l'absence de chemin assure l'impunité aux nombreux criminels qui se réfugient dans cette région et que les gendarmes n'osent plus s'y aventurer » (St-Martial en Boutières, Paul Camus).

Le guide du gendarme, ou instruction élémentaire destinée aux sous-officiers et gendarmes de la sixième légion, imp. De Mellinet (Nantes), édition de 1834. BnF Gallica.
À partir de 1805, la charge du casernement revient au département. Les communes ne pouvant pas fournir un bâtiment communal, devaient en louer pour qu’il serve de caserne. Dans les communes où il n'existait ni maison d'arrêt ni prison, la caserne de la gendarmerie devait contenir une chambre de plus, pour servir de chambre de sûreté. En 1857, « dans l'intérêt de la discipline et de l'ordre public » il était recommandé de « loger gratuitement les officiers de gendarmerie dans les bâtiments affectés au casernement ordinaire de cette arme ».
Suivant les régimes qui ont gouverné la France, la gendarmerie a été qualifiée de nationale, d’impériale ou de royale. Elle est restée nationale depuis la troisième République. On retrouve donc à St-Martin la gendarmerie nationale dans le bâtiment de l’hôtel de ville, l’impériale entre ce dernier et la tour de la Varenne. La gendarmerie royale aurait été à la cime du lieu.

L'Ardèche pittoresque - 1427 - St-Martin de Valamas La gendarmerie - Artige fils éditeur, Aubenas. AD07 - Cote : 79 Fi 2050 - La gendarmerie - Collection : Dürrenmat
En 1855, le préfet Léon Chevreau, exposait aux conseillers les avantages de la location devant la construction qui se résumaient à éviter « au département une première mise de fonds et des frais d'entretien qui eussent été certainement considérables pour les 34 casernes » que le département occupait. Cette solution prévalait cependant en Ardèche « par suite de l'insuffisance des ressources du département ». Il déplorait aussi que ces avantages étaient « restreints par l'obligation de subir l'augmentation qui résulte soit des valeurs locatives, soit de la nécessité d’exiger des locaux plus conformes aux règlements, et surtout aux conditions de bienêtre que réclament les bons services de la gendarmerie ».
Les problèmes liés à la location étaient :
- l’impossibilité de trouver un bâtiment adapté, comme à St-Martin à un certain moment ;
- le refus des propriétaires de faire de réparations ;
- l’augmentation exagérée des loyers réparés par leur propriétaire
- l’état défectueux ou même d’insalubrité de certains bâtiments loués ;
- les projets d’entrepreneurs, devinant des profits, qui offraient de construire des casernes pour les louer au conseil général sur une très longue période.
Un point positif émanait de communes qui proposaient de construire des casernes. Il n’y avait pas de profit escompté mais la possibilité de réaliser un bâtiment accueillant une autre structure, comme à St-Martin.
La première caserne construite en Ardèche serait celle de Privas en 1861 ; il était prévu d’y loger des officiers et d’y accueillir une brigade à pied supplémentaire. Les problèmes liés à la location des casernes ou à leur construction ne sont toujours pas réglés. L’idée de transférer aux dépenses du budget de l'État (budget du ministre de la guerre) émis en 1873 et 1874 par le conseil départemental n’a pas eu, bien sûr, de résultat. Actuellement le ministre de l'Intérieur a confirmé au mois de juin 2026 qu'un « nouveau cadre locatif de caserne de gendarmerie » était en préparation. On peut aussi noter que la Cour des comptes plaidait « pour un vaste mouvement de fusion des brigades de gendarmerie » au début de cette année (suivant la Banque des territoires). Pour l’instant, de nombreuses casernes sont mises en vente… comme celle de St-Martin.
Les casernes de St-Martin
N’ayant pas, pour l’instant, de documents antérieurs à 1855, notre étude sur l’histoire des gendarmeries de St-Martin n’a commencé qu’après cette date. On peut cependant citer un article un article du Courrier de la Drôme et de l’Ardèche du 2 et 3 mai 1852 relatant « le plus grand dévouement » de la gendarmerie pendant un incendie à St-Martin.
« Le brigadier Jacques Chaniac a donné l’exemple du dévouement et du courage. S’apercevant que les deux sœurs Sabatier allaient périr dans les flammes, il s’est précipité dans l’appartement qu’elles occupaient, et les saisissant à bras le corps, il les a apportées l’une après l'autre, à moitié asphyxiées, jusque sur la porte de la maison incendiée, et les a remises a ses camarades ».
Les maisons de Garçon ( ?) et Joachim Chalancon qui ont été la proie des flammes n’a pas été localisée.
Transfert de la brigade de St-Martin à Annonay
Dans son rapport du 25 août 1858 le préfet M. A. Levert annonçait : « des nécessités de service ont motivé, cette année le transfèrement de la brigade à pied de Saint-Martin-de-Valamas à Annonay. Cette mesure, qui n'est que provisoire, et qui est également due, en partie à l'impossibilité de loger convenablement la brigade à Saint-Martin, ne compromettra, en aucune façon, la tranquillité du canton. Les brigades du Cheylard et de Saint-Agrève, placées à proximité, pourront le surveiller facilement ». Cependant le conseil général estimait qu’une augmentation de la brigade de St-Agrève était « devenue plus urgente depuis que cette brigade est chargée du service du canton de St-Martin-de-Valamas ». Il signalait aussi que le service de la gendarmerie était « très pénible dans le département de l'Ardèche, par suite de l’étendue des circonscriptions, le grand nombre de ses hameaux épars, la grande déclivité de ses montagnes et le triste état de la plupart de ses routes et chemins ».
Les réclamations du conseil général de 1859 et 1860 pour « le rétablissement, dans le délai le plus rapproché possible, de la brigade de St-Matin-de-Valamas » ont été entendues. Par une décision ministérielle du 18 mai 1861 la brigade à pied de Saint-Martin-de-Valamas a été réinstallée dans son ancien poste. Cependant, le conseil déplorait que le personnel manquant à Annonay n’ait été remplacé que partiellement par « 3 hommes de force supplétive, qui ont été tirés des autres brigades les moins chargées du département ». Le conseil devait aussi indemniser Mme Sartre, la propriétaire du bâtiment loué, puisque la brigade avait réintégré la caserne avec six mois de retard.
Un transfert évité, mais…
En 1866, le conservateur des forêts indiquait que le personnel de la brigade de Bonnefoy avait été doublé dans le but d'améliorer la surveillance d'une forêt. Pour compléter cette mesure il souhaitait le transfert à Saint-Martial de la brigade de gendarmerie stationnée à Saint-Martin-de-Valamas.
Cette proposition n’a pas été acceptée par le préfet qui a cependant exprimé le vœu que cette brigade, nécessaire à St-Martin, puisse « s’occuper sérieusement, dans les tournées, de la répression des délits qui se commettent sûr le sol forestier ».
Cela faisait beaucoup de chemin pour les gendarmes à pied… et peut être peu d’efficacité !
Une caserne construite par la commune de St-Martin
En 1875 la caserne de gendarmerie de St-Martin ne présentait ni local, ni emplacement propice pour l'établissement d'une chambre de sûreté et était « très incommode ».
Les chambres de sûreté remplaçant en 1872 les dépôts de sûreté créés au début du siècle, étaient placés sous le contrôle de la Gendarmerie. Ces établissements servaient de lieux de détention provisoire des individus arrêtés en flagrant délit, susceptibles de causer des troubles à l'ordre public, avant leur transfèrement en maison d'arrêt ou en établissement de simple police. Si l’on a aussi utilisé le terme de cachot, les expressions actuelles sont « cellule de garde à vue ou de dégrisement » dans une gendarmerie.
La façade de l’hôtel de ville avec les entrées de la mairie et de la gendarmerie (extrait d’une carte postale, AD07, cote 79 Fi 1803 - L'hôtel de ville - Collection : Dürrenmatt)

La porte de la cellule de la gendarmerie de St-Martin. Photo MNB.
Comme la commune s'engageait à fournir un bâtiment neuf qui possèderait une chambre, le conseil général, sur l’avis de M. le Commandant de gendarmerie, a accepté cette offre et résilié le bail existant avec Mme veuve Sartre. Le bail de location avec la commune était de 1000 francs sur une période de quinze années.
À suivre,
JCR
Sources :
Archives départementales de l’Ardèche, présentation du fonds 5 R - Gendarmerie (an VI - 1940, s.d.) ; Revue trimestrielle de la gendarmerie nationale n°269, avril 2021 ; Rapports et délibérations du conseil général de l’Ardèche à partir de 1855, disponibles sur le site Gallica de la BnF. Site de France Archives.
Il existe une abondante littérature sur l’histoire de la gendarmerie.