Il est 18:15 h le 5 août. Le soleil chauffe un peu moins et la brise dans la descente de la Rue Royale fait du bien. Une voiture blanche s'engage dans la rue, une Opel Corsa, immatriculée 74, avec un A, débutant donc.
La voiture descend doucement, tout droit, le conducteur/ la conductrice ne doit pas connaître la rue, ne peut pas anticiper l'angle étroit après la grande maison. Un bras, une main sortent par la fenêtre du passager comme pour repousser cette maison et une voix s'exclame : " Tu es trop proche de la maison" .
La voiture s'arrête en touchant l'angle qui est décorée à diverses hauteurs de diverses couleurs de carrosseries et qui a cédé du crépi pour arrondir un peu l'angle. C'est gentil, mais cela ne suffit pas pour faciliter le passage quand on est mal engagé.

Après une vaine tentative de reculer, la voiture blanche avance un peu en raclant la peinture côté droit . Elle s'arrête en entendant crier "Stop!" Deux jeunes filles descendent, consternées de voir l'étroitesse des rues au croisement de la Rue des puces / Rue royale, l'angle des virages, les deux descentes .
- "Comment faites- vous pour descendre ici? Jamais je ne vais y arriver." Le regard de la conductrice trahit de la panique.
La passagère regarde sa main et son bras blessés par le crépi de la maison. Elle ne veut pas d'aide, mais elle ne se sent pas bien.
Un voisin charitable comprenant le désarroi conduit la voiture un peu plus loin dans la Rue Royale. Il a l'habitude que la roue arrière gauche ne touche pas terre au-dessus de la descente du garage du N° 75, il connaît les escaliers qui mordent sur la chaussée étroite. Il ne s'agit que d'une Opel Corsa, pas d'une camionnette, ça va.
Soulagée et reconnaissante, la conductrice reprend le volant et arrive à descendre la Rue Royale jusqu'à la Rue du Pont. Ouf!
Les jeunes filles ont suivi le GPS, elles ne sont pas les seules, mais tous ne s'en sortent pas si bien :
> Un petit camion a dû être sorti avec un treuil une fois coincé dans la descente du garage de la maison N°75.
> Une camionnette y a laissé son embraillage pendant un déménagement.
> Un monsieur complètement affolé se renseigne dans la nuit noire d'hiver si la route vers le Cheylard est encore loin. Il a réussi à descendre la Rue des Puces - car c'est elle qui affiche le GPS pour arriver à la Rue du Pont.

Ce serait trop long de parler de toutes les mésaventures observées dans ces deux rues, même la montée s'avère vicieuse pour ceux qui ne connaissent pas le terrain. Qui devine qu'après 200 m on ne peut pas tourner quelque part pour respecter le sens interdit indiqué en bas de la Rue des Puces?
La Rue Royale aussi est en sens interdit. On trouve le panneau au premier virage en montant. Mais il n'est pas annoncé en bas. C'est ainsi que des conducteurs, surpris et incapables de faire demi-tour à cause de nombreuses voitures garées, ont fait fi de panneaux, escaliers, virages étroits et descentes de garage raides pour arriver sur la route principale.
Est-ce trop de demander de réfléchir à comment éviter ces situations ? Pour l'instant, à chaque signalement de ce genre, impossible de faire quoi que ce soit.
Peut-être que le nouveau conseil municipal comprendra et se montrera créatif pour résoudre ce problème récurrent.
C'est à chaque fois un gros stress pour les conducteurs/ conductrices, souvent une voiture abîmée, parfois un dispositif compliqué à mettre en place pour extraire un véhicule ce qui bloque en plus le passage pour ceux qui ont l'habitude d'y passer parce qu'ils y habitent - et savent faire.
C.B.