Pardonner moi pour ce titre un peu trivial en référence aux 3 mousquetaires qui étaient 4, mais il s’applique aux 4 candidates et candidats à la fonction de maire d’Arcens, bien que la presse n’en ait évoqués que 3. Une candidate ayant abandonné rapidement la constitution de sa liste, a observé un manque de temps, de motivation ou de disponibilité de la part des habitants qu’elle avait contactés.
C’est début novembre 2025 que Vincent Murillo a affiché son intention d’être « candidat aux élections municipales de 2026 » en précisant, pour les électeurs « vous êtes les seuls acteurs de ce choix ». Il n’affirmait pas vraiment sa volonté d’être tête de liste ni son envie d’être maire. Son projet était plus complexe !

Il l’a expliqué, ou tenté de le faire, lors d’une « réunion libre, citoyenne et pré-électorale » le 31 janvier 2026. Son tract d’invitation et son introduction lors de la réunion abordaient aussi « les tensions et les malentendus qui affaiblissent le village » et « l’intégration des nouveaux arrivants » (1). Ces affirmations n’ont pas été très appréciées d’un public assez nombreux qui s’attendait à la présentation d’un programme. A la place, Vincent Murillo a développé l’idée originale de création d’une association participative complétée par une coopérative d’intérêt collectif pour animer et gérer la commune. De cet ensemble seraient issus le maire et les conseillers (2). A la question « mais qui sera le maire ? » d’un participant il a répondu laconiquement « vous par exemple ! ». Si la réunion a été par moment houleuse, elle a permis une discussion entre les habitants sur des
sujets inhabituels. Vincent Murillo n’a pas pu constituer de liste mais a annoncé par affichage celle d’un collectif citoyen.
La deuxième réunion d’information s’est déroulée le 12 février sur l’invitation d’Éric Campos qui a présenté son programme mais pas sa liste, ce qui a surpris le public. Son idée était de parler de ce programme sans référence à des personnes. Sauf par rapport à lui puisqu’il était là ?

Son « maître mot » était « le partage » et il souhaitait rapprocher « l’agriculture et la culture, les entreprises et les artisans, les administrations et les villageois… ». C’est le seul candidat qui a évoqué des réunions et journées citoyennes. Mais…
Apparemment il n’est pas apprécié par une partie des habitants (suivant la rumeur) et une espèce de cabale orchestrée par un « corbeau » (toujours suivant la même rumeur) a aboutie à la démission de deux membres de sa liste qui ne voulaient pas continuer dans cette atmosphère. La même rumeur l’accusait, sans preuves, d’avoir fait des affaires louches en tant qu’agent immobilier (3).
Peut-on rapprocher cette situation à celle que décrit Christine Guionnet dans son article sur Les élections municipales sous la Monarchie de Juillet (Revue française de science politique, 1996) : « … on a surtout vu dans les communes rurales les haines, les rivalités de famille, les calculs de l'amour propre, l'esprit de coterie, toutes les petites passions mises en jeu… » ?
Il ne reste donc en lice que la liste de Joëlle Courtault (Bien vivre ensemble à Arcens) (4) présentée le lendemain 13 février. Composée de 7 femmes et 6 hommes (avec les suppléants) qui « s’engagent pour la mise en œuvre d’un programme d’actions réalistes qui s’adaptera à des dépenses maîtrisées dans la continuité de l’équipe précédente ». Le mandat de Joëlle Courtault, 1ère adjointe sortante, sera donc semblable à celui du maire sortant Thierry Girot ; pas de grands changements en vue.

Après que chaque candidat se soit présenté, Joëlle Courtault a de suite proposé de répondre aux questions sans présenter son programme. Un grand silence à suivi. Au bout de quelques questions sans grand intérêt général, un participant ait demandé une présentation « des points majeurs du programme pour en débattre et savoir ce que la liste propose pour développer le village », mais la réunion a continué sur des questions particulières dont beaucoup auraient pu se poser dans une réunion avec un maire en exercice.
Une élection sans surprise
Comme dans beaucoup d’autres petits villages, le maire (5) est connu avant le scrutin et la première réunion du conseil municipal qui procède à son élection. Ce qui ne motivera pas les électeurs. L’étude de la participation et du nombre de bulletins nuls et blancs serait à envisager si une base de référence des élections précédentes pouvait être fiable. Mais en 2020, il y avait le covid-19, en 2014 il y a eu une vague non encore explicitée de « votes liste entière » et en 2008 deux candidatures isolées ont servi pour un vote d’opposition à l’unique liste présentée. Et 2001 ? C’est un peu loin et cette élection a aussi été particulière…
La liste de Joëlle Courtault aura probablement beaucoup de voix ; de nombreux habitants disent que cette candidate est « serviable, dévouée, toujours présente et connue de beaucoup », un peu à l’inverse du maire sortant. D’autres restent critiques par rapport à son projet de réhabilitation du bâtiment industriel GemtecCypack en « salle de sport pour les scolaires, atelier municipal et club des jeunes » et à celui d’agrandir la cuisine (en fait un office) de la salle des fêtes… Certains se demandent si elle restera, étant maire, présidente du Club des anciens et vice-présidente du Comité des fêtes.
JCR
1 - On peut signaler que le livret d’accueil de la commune lancé en septembre 2022 en complément celui de Val’Eyrieux, n’a pas été terminé depuis.
2 - C’est du moins ce que je pense avoir compris.
3 - Je ne sais pas si la rumeur avait raison mais elle a eu raison de la liste.
4 - Le nom des listes pourrait être un sujet d’étude : à Arcens on trouve, par exemple, une liste « Agir ensemble pour Arcens » en 1983, 1989, 1995, 2014 et 2020.
5 - Suivant le site web du Sénat, 79,1% des communes de moins de 1000 habitants n’ont qu’une seule liste (68% pour l’ensemble des communes).