Le droit de vote des femmes suit une longue histoire qui a trouvé sa finalité le 21 avril 1944 :
( https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/21-avril-1944-les-francaises-obtiennent-le-droit-de-vote )

- 1884, Le Journal d’Annonay du 3 mai s’interrogeait sur la présence des femmes aux séances du conseil municipal :
« L’article 54 de la nouvelle loi municipale (1), relative à la publicité des séances, soulève une question assez délicate, celle de savoir si les femmes peuvent pénétrer dans la partie de la salle réservée au public. Aucune restriction n’a été faite pour le sexe faible, et les commentateurs de la loi les plus compétents, M. de Ramel entre autres, avocat au conseil d’État et à la cour de cassation, estime que les femmes doivent être admises.
En vertu de son pouvoir de police, le maire ou celui qui préside la séance peut exclure les perturbateurs ou ceux qui, manifestement, peuvent troubler les délibérations, tels que les enfants en bas âge. Mais il n’est pas nécessaire d’être électeur pour avoir accès dans le lieu réservé au public, et les femmes peuvent y entrer.
Que le beau sexe se le tienne pour dit et que les conseillers préparent leur plus gracieux sourire. »
- La même année, Hubertine Auclert (2), publiait l’article « Des femmes ! » dont voici un extrait :
« Il y a, à l'heure qu'il est, devant les affiches multicolores qui s'étalent sur les murs des trente-six mille communes de France, beaucoup de braves gens indécis, perplexes.
Pour qui faut-il voter ? Pour des femmes ! Je vois l'électeur prendre un air dédaigneux. Les femmes vertueuses et intelligentes valent-elles donc moins que les idiots, les imbéciles, les voleurs, les souteneurs, les assassins marrons qui vont pouvoir élire dimanche les conseillers municipaux et briguer même la fonction de conseiller ? »
- 1904 - La manifestation de Saint-Martin-de-Valamas : un article paru dans Le Républicain des Cévennes du 10 septembre. On est encore très loin d’une inscription sur une liste électorale mais des « dames » y étaient « remarquées » ainsi que leur ralliement à la République… dans une période tendue.
"De bonnes nouvelles nous arrivent de la Vendée ardéchoise, du fief de Gaillard-Bancel, le députésacristain. Dimanche, 4 septembre, à l’occasion de l’anniversaire de la proclamation de la troisième République, un banquet populaire réunissait 500 démocrates de Saint-Martin-de-Valamas et des environs sous la présidence de M. Augagneur, l’éminent maire de Lyon.
A son arrivée, trois fillettes lui ont souhaité la bienvenue en lui offrant des fleurs, ainsi qu’à M. Boissyd’Anglas, notre vaillant sénateur, tandis que les fanfares de Saint-Martin et du Cheylard jouaient la Marseillaise. Sous une tente dressée dans un terrain attenant à la gare des C. F. D. prenaient bientôt place les nombreux convives parmi lesquels on remarquait quelques dames.
…..
…. et le banquet a pris fin aux cris de Vive Augagneur ! Vive Combes ! Vive la République ! A bas la calotte ! Beaucoup de dames applaudissaient vigoureusement prouvant bien qu’elles ne prenaient pas leur mot d’ordre au confessionnal. "
- 1925 : Au lendemain des municipales des 3 et le 10 mai 1925, une dizaine de femmes, toutes communistes, sont élues à Bobigny, Douarnenez ou Saint-Denis. Extrait de Wikipédia :
« Lors des élections municipales de 1925, le Parti communiste français, après une directive de Moscou, présente plusieurs candidates, alors que les femmes ne sont en droit ni électrices ni éligibles. Mais faute de précision dans la loi électorale, des femmes peuvent être inscrites sur les listes électorales, dont la validité n'est vérifiée qu'après l'élection. »
Il y a par exemple Joséphine Pencalet (3), ouvrière dans une usine de sardines, qui a été élue conseillère municipale au premier tour des élections municipales de Douarnenez. Elle a siégé six mois avant que son élection ne soit invalidée par le Conseil d’état.
Le journal L'Express d'Angers et de l'Ouest publiait le 20 mai 1925 un article sur l’annulation de l’élection de Marthe Tesson en « banlieue parisienne » : la loi de 1884 n’était pas applicable.

- 2020 – La part des femmes dans les conseils municipaux après les élections en 2020 (extrait du Bulletin d’information statistique de la Direction générale des collectivités locales n°145) :
« La proportion de femmes dans les conseils municipaux (maires, adjoints, autres conseillers) est de 42,4 % au lendemain des élections municipales de 2020 (contre 39,9 % à la fin du mandat précédent). 1000 communes de plus sont dirigées par une femme depuis les élections, ce qui porte la proportion de femmes parmi les maires à 19,8 % (16,9 % avant les élections). »
JCR
1 - La loi du 5 avril 1884 fonde le régime communal républicain et définit son organisation. À l'issue des élections municipales des 4 et 11 mai 1884, les maires sont pour la première fois depuis la Restauration élus par les conseillers municipaux et non plus nommés par les préfets.
2 - Une suffragette française ( https://www.centre-hubertine-auclert.fr/qui-est-hubertine-auclert ).
3 - Son histoire sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9phine_Pencalet


