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ruedespuces - Page 263

  • Editorial n°15

    2020. Comment concevoir des vœux de façon originale ? Question qui, en prévision de cet éditorial me tient éveillé une partie de la nuit depuis quelques jours. N'ayant pas trouvé de réponse, je me résous simplement à souhaiter de la part de toute la rédaction à tous nos lecteurs et à nos contributeurs une bonne et heureuse année.

     

    Les élections municipales approchant, l'attention de chacun semble être accaparée par des problèmes de listes en train de se former. Trouvera t-on assez de femmes afin d'avoir la parité ? Est-ce qu'il ou elle va se présenter ou se représenter ? Le suspens est insupportable ! Et pourtant, à l'heure où les communes ont été amputées de la plupart de leurs compétences ne serait-il pas préférable de voter directement pour les délégués à la communauté de communes ? (voir l'article « commune, communauté de communes et démocratie locale) Et puis, en démocratie représentative, quelles compétences estiment avoir ceux et celles qui vont être élus pour prendre des décisions à notre place ? Comment, à chaque décision, savoir si on agit pour le bien commun ? Bonne chance tout de même aux futurs élus.

     

    Dans ce premier numéro de 2020, vous trouverez entre autres des articles sur les châtaignes, les oiseaux des jardins, les vécés publics à Arcens ou une manière de passer à la postérité.

    Bonne lecture

    François

  • Les chataîgnes

     

    Lorsque François me demanda si je voulais narrer quelque histoire dans le blog « ruedespuces », je le questionnai : « Qu’est ce qu’un petit rat des villes peut apporter d’intéressant aux petits rats des champs ?». « Tu pourrais raconter des histoires parisiennes ». « Pourquoi pas ? ».



    C’est en me rendant dans mon supermarché habituel que j’ai été interpellée.

    A l’étal des fruits et légumes, mes yeux tombèrent sur des châtaignes, bien disposées dans une caisse en bois, entre des noix et des noisettes. ( La caisse en bois étant dans la capitale le summum de la « boboitude », la promesse de campagne, d’espaces verdoyants, de produits sains en direct du producteur ! ). 67478_w300h300c1.jpg

    Telle Perette et son pot au lait, mes papilles s’éveillèrent. Je visualisai un âtre flamboyant, les fruits grillés par des braises rougeoyantes. J’entendis les claquements secs des coques qui éclatent. Et puis le fruit brûlant dans la main qu’on décortique, et enfin ce goût sucré et boisé…

    Mais sur l’étiquette il était écrit « marrons 7,90€/kg ». Une sous-espèce de châtaigne greffée pour la culture ! Je demandai au vendeur :

    • « Avez-vous des châtaignes  ?

    • Et bien oui, là…

    • Oui mais là, ce sont des marrons.

    • Mais c’est la même chose !

    • Et bien non !

    • Oui mais nous, en Ile de France, on ne connaît que ça !

    •  D’où viennent vos marrons ?

    • Bah ! Nous on s’approvisionne à Rungis… »

    Alors Perette avala sa frustration. Je passai mon chemin.67478_w300h300c1.jpg



    Quelques jours plus tard, je pénétrai dans un magasin bio. 

    Là, entre des caisses en bois de noix et de noisettes, se trouvaient des châtaignes. (La caisse en bois ayant la même fonction que dans le supermarché traditionnel, ce qui prouve que le marketing est universel !).

    Cette fois, il était écrit : « châtaignes bio ». 

    Je restai perplexe. Je ne suis pas une spécialiste de la culture de châtaigne, mais il me semble que c’est le fruit d’un arbre sauvage, vivant en communauté forestière. Cela voudrait-il dire qu’il existe des châtaignes non bio ? cultivées ? avec des pesticides ? récoltées mécaniquement ?

    Je n’en sais rien, mais toujours est-il que ces trois petites lettres b-i-o avaient fait grimper le prix de  25%, soit 9,90€/kg. 

    J’allai me détourner, lorsque mes yeux finirent de lire la petite ardoise qui servait d’étiquette (ça aussi ça fait authentique !) et, en dessous de « châtaignes bio » était écrit « origine Ardèche ».

    Alors là, Perette jubila et reprit espoir.  Mes papilles exultèrent, ma main déposa quelques poignées du petit fruit tant convoité dans un sachet en papier (on est quand même dans un magasin bio !), et je me dirigeai vers la caisse pour finaliser mon achat.

    Que voulez-vous, quand on aime, on ne compte pas !67478_w300h300c1.jpg



    Citadinement vôtre .



    Evelyne Colloud-Chomarat

  • Mais ou sont les oiseaux ?

    Comme chaque année, vers la mi-novembre, j’ai ressorti les mangeoires et distributeurs de graines, que j’avais nettoyés soigneusement et rangés au printemps dernier. Je les ai disposés dans notre jardin, puis je suis allée acheter des graines et du saindoux, pour confectionner de jolies tablettes à picorer. J’ai rempli les distributeurs de graines de tournesol et autres, bio de préférence, et j’ai mis de côté les tablettes de graisse en attendant qu’il fasse un peu plus froid.

    Deux jours après, les graines étaient toujours là, et pas un oiseau à l’horizon….Une semaine plus tard, il a plu, beaucoup, j’ai dû jeter les graines qui étaient toujours là par manque de convives, et qui auraient fini par pourrir. J’ai re nettoyé les accessoires et…..pleine d’espoir, j’ai remis de quoi picorer. Personne, pas un petit piaf, mais que se passe t’il ? Bien sûr, l’hiver n’est pas très froid, il ressemble davantage à un printemps, en témoignent les nombreux bourgeons qui pointent dans le jardin. Mais quand même, les années précédentes mon jardin, même par temps doux, était très fréquenté. Il y avait même parfois des petites disputes, voire carrément des prises de bec autour des mangeoires.

    A part un rouge-gorge solitaire et intermittent, cette absence d’oiseaux finit par m’inquiéter, alors je vais sur internet, et j’en cherche les causes.

    La première, et la plus connue, c’est bien sûr l’empoisonnement par le biais des épandages massifs et systématiques de pesticides utilisés dans l’agriculture dite « conventionnelle » –qui détruisent certes des insectes ravageurs mais privent du même coup beaucoup d’oiseaux –prédateurs naturels- de leur nourriture de base- et on détient probablement une grande partie des réponses aux questions sur la raréfaction des passereaux !

    2° explication  : la douceur des conditions météorologiques de ces dernières semaines et du changement climatique en général. Rappelons que les oiseaux que nous voyons en hiver ne sont pas forcément les mêmes que ceux qui sont présents en été ; en effet, les mésanges, les rougegorges, les pinsons et autres petits passereaux migrent, même partiellement, quittant leurs sites de reproduction pour des territoires plus cléments en hiver. Les populations estivales, notamment celles des contrées nordiques, se déplacent ainsi vers le sud après leur saison de reproduction, et les individus que l’on observe dans notre région en hiver viennent donc de zones plus septentrionales. Si l’hiver dans ces pays est doux, les oiseaux migrent moins loin et il se peut donc que les individus qui stationnent habituellement chez nous soient restés plus au nord. » (1).

    3° explication : Une autre explication porte sur l’inhabituelle abondance de nourriture en forêt telle la bonne fructification des hêtres et qui pourrait expliquer que bon nombre de passereaux amateurs de faines ne soient guère pressés, pour le moment, de s’approcher des habitations… Il faudra donc attendre l’épuisement de cette ressource pour voir si davantage d’oiseaux s’en rapprochent.

    Et enfin les spécialistes rappellent que les successions de printemps calamiteux ont fortement impacté bien des couvées et provoqué des baisses assez conséquentes de nombreuses espèces !

    En voilà des explications !!! c’est donc pour cela que chaque année il me semble que nos petits copains ailés sont moins nombreux. Ainsi, je ne vois pratiquement plus de moineaux, et leur gazouillis du matin me manque. J’entends bien encore un hibou le soir, qui me semble bien seul…. Nos campagnes sont elles si mal en point que la vie animale y disparait  ?

    Mais bon, je me résigne à accepter les explications sus-mentionnées, et je m’accroche surtout à la 3° explication, je me dis que lorsqu’ils auront mangé tout ce qui est comestible dans la forêt, ils finiront par venir ; je continue donc à changer les graines, mettre des pommes et des poires, de la graisse puisqu’il a commencé à faire froid, et quelques visiteurs viennent enfin. Hier j’ai modifié les emplacements des mangeoires, changé l’eau des coupelles, dans l’espoir qu’un banquet ait lieu dans mon jardin ! aujourd’hui il fait très beau et très doux, je m’octroie un moment chaise- longue dans le jardin. Et que vois-je entre mes grands cils ??? Une effervescence inhabituelle : des mésanges bleues, des charbonnières et une à tête noire, et ohohoho deux rouge-gorge qui se défient sur la mangeoire, l’un des deux finira par manger par terre, où il rencontrera quelques pinsons et un merle. Un autre invité arrive, un joli bouvreuil. Je suis tellement contente que je ne bouge plus, je respire à peine, toute à la joie de les observer. Qu’ils sont beaux, tout petits, si fragiles, on ne peut qu’avoir envie de les aider, de les protéger. Est-ce le temps, le nouvel aménagement (je ne pense pas) ou ont-ils vraiment fini de dévorer la forêt ? Comment savoir ?

    Ainsi donc, ils n’ont pas totalement disparu. Quel bonheur, cela veut dire que nous avons encore le pouvoir de remédier à leur probable disparition. Aidons- les à se nourrir, laissons- leur des endroits pour nicher, haies, arbres et arbustes, construisons des nichoirs, et consommons local, nos producteurs pratiquant de plus en plus l’agroécologie. Oui, prenons soin de ce et de ceux qui nous entourent, pour qu’au printemps, au petit matin, nous soyons encore, pendant très très longtemps, réveillés par les gazouillis des oiseaux, endormis avec le hululement des hibous et des chouettes, le coassement des grenouilles, et qu’un après-midi d’été, allongés dans l’herbe, ce soit le bzzbzzbzz des abeilles, le csirsicsi des grillons, le vol d’un papillon et les petites pattes d’une coccinelle grimpant sur notre main qui nous fassent sentir merveilleusement bien.

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    Pour info : pour la 8° année consécutive, le 25 ou le 26 janvier, la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) invite les citoyens à participer au comptage national des oiseaux des jardins. Pas besoin d’être un expert, il suffit simplement d’avoir un peu de temps (une heure), d’aimer regarder ce qu’il se passe dans son jardin et de savoir compter. Facile !

    Choisissez un jour d’observation, le samedi 26 ou le dimanche 27 janvier et un créneau d’une heure, idéalement en fin de matinée ou en début d’après-midi, lorsque les températures sont un peu plus chaudes et les oiseaux plus actifs ;

    Trouvez un lieu d’observation, un jardin ou un balcon, en ville ou à la campagne. Un parc public peut tout à fait servir de lieu d’observation. Et postez-vous dans un endroit abrité et discret pour ne pas les effrayer ;

    Comptez et notez durant une heure tous les oiseaux qui visitent le jardin. Pour les reconnaitre plus facilement, des fiches sont disponibles sur le site de l’Observatoire ainsi qu’une fiche d’aide pour le comptage. Prenez en photo ceux pour lesquels l’identification n’est pas certaine et envoyez-nous le portrait de l’oiseau sur oiseauxdesjardins@lpo.fr ;

    Transmettez les données sur le site de l’Observatoire des oiseaux des jardins : oiseauxdesjardins.fr.

    Et ça sert à quoi ?

    Ces données, récoltées lors de cette opération de science participative, permettent d’en apprendre davantage sur ces « oiseaux communs ». C’est-à-dire ? Sur les évolutions en cours, sur leur comportement à cette saison, sur le type de nourriture consommée, sur les oiseaux présents et ceux absents. Et oui car ces données sont analysées !

    Rendez-vous sur oiseauxdesjardins.fr

     

    Hélène