L'Indélébile Mémoire
Henri Constanty

La lecture est parfois source de surprises. Une amie m'a récemment prêté un livre dont elle supposait qu'il m'intéresserait. J'ai mis quelques temps à l'ouvrir, la conjoncture actuelle ne m'incitant pas à me replonger dans l'histoire des camps de la mort. Et puis, ce livre exposé à mon regard a fini par avoir raison de ma résistance.
L'auteur, Henri Constanty décrit son enfance à Marly-la Ville dans le département du Val de Loire (région Ile-de France) dans les années d'avant guerre puis il parle de la grève de 1936 puis de la montée du fascisme et de l'arrivée des Allemands. Il s'engage dans un réseau de résistance. Ayant refusé de partir pour le STO il est remis à la police allemande et est embarqué dans un train en partance pour l'Allemagne. Après quelques tentatives d'évasion, il passe par le camp de sûreté de Schrimeck, par le camp du Struthof en Alsace, puis à Dachau, à Mauthausen et à Melk en Autriche. Il décrit l'horreur de tous ces camps, les brimades, les morts,, les fours crématoires, les atrocités subies par lui même et par ses compagnons.
Rescapé de ces camps, « Aujourd'hui, je dis avec humour que j'ai inversé les chiffres 74 kilos avant la déportation et 47 à ma libération. » il retrouve son village.
En 1947, il fait la connaissance d'une jeune fille qui travaille à Paris.
Bien que connaissant l'histoire des camps de concentration, le récit bien écrit et détaillé de Henri Constanty a été une piqûre de rappel toujours nécessaire afin de se souvenir de quoi l'homme est capable.
Et puis, voilà que le récit prend une tournure inattendue, Paulette, la jeune fille dont Henri a fait la connaissance lui envoie une lettre de son pays natal : Saint-Martin-de-Valamas ! Il va s'installer à St-Martin, se marie avec Paulette, il fait partie de l'équipe de foot en 1948, s'intègre dans la vie du village, travaille chez Chomarat puis s'installe à Alboussière.
Beaucoup de St-Martinois doivent se souvenir de lui.
Henri Constanty est enterré au cimetière de Saint-Martin-de-Valamas

François Champelovier