
Il y a une chanson de Renaud que j'aime particulièrement, élue chanson préférée des Français, j'ai nommé : Mistral Gagnant...
" À m'assoir sur un banc ... " la suite vous la connaissez, je n'en doute pas un instant !
Si je parle de cette chanson c'est pour une histoire de banc, ces bancs publics sur lesquels se bécotent les amoureux selon Brassens ( ça en fait des chansons me direz-vous ) !
Enfants, quand nous descendions de l'école de Saint-Clément ou nous étions 9 et les 4 " grands " prenaient le taxi Pourtier pour rejoindre une fois par semaine les " grands " de l'école Saint-Joseph pour le sport collectif entre autres car pas simple de jouer au foot et au basket à 4 , il n'était pas rare de voir des mamies, assises sur un banc, ( celui de Lachapelle, de Limis... ) discuter, parfois même tricoter, avant de reprendre leur balade...
Nous les appelions les fleurs, les bancs fleurissaient ainsi tels des rosiers du printemps jusqu'à la fin de l'automne !
À Saint-Martin il y a aussi des bancs évidement !
Avec l'âge adulte et les obligations qui y sont liées j'en ai découvert un qui m'a particulièrement marqué ces dernières années, celui derrière l'église, avant la maison médicale...
J'y passais devant tout les mardis après-midi, menant ma fille en rendez-vous d'orthophonie...
Sur ce banc il y avait aussi une " fleur ", une sympathique dame âgée qui venait s'y assoir et câliner un des chats airant du village, toujours le même, un chat noir et blanc, âgé lui aussi et probablement malade...
Nous parlions peu ( parfois un simple regard échangé vaut plus que d'interminables discours ), échangions quelques banalités, parlions de la pluie et du beau temps et de " son chat "...
Ce tableau était là, chaque semaine, de chaque mois, saison après saison, digne des plus grands maîtres il en émanait une émotion particulière, celle d'un dialogue invisible entre cette dame et ce chat, un instant où le temps semblait s'arrêter pour eux, parfois elle montait ensuite jusqu'au monument aux morts, avec le chat qui la suivait, toujours cette scène touchante, elle et le chat.
C'était beau, juste beau !
Après le temps est passé, ma fille n'ayant plus de rendez-vous je ne passais plus à ces heures devant ce banc... regrettant presque de ne pas avoir immortalisé cette scène, qui elle, reste gravée à jamais dans la galerie de ma mémoire...
Le temps est passé, le chat s'en est allé...
Le banc aussi, c'est la triste constatation que je me suis faite un jour pas si lointain, il reste de ce temps quelques blocs de béton en vrac, froids, cassants, urbain au possible alors que la scène était tout le contraire : champêtre, sereine et calme...
C'est triste que ce banc ne soit plus ( volé ? enlevé pour ne sait-on quelle raison ? ), peut-être sera t'il un jour remplacé par un autre banc, permettant ainsi de pouvoir prendre le temps de s'arrêter, de se pauser, de contempler le paysage, de bavarder de tout et de rien ...
Le temps des bancs fleuri reviendra, du moins je l'espère.
Marie-Noëlle