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  • Fait divers "mortel" à Saint-Martin

    Le Journal de Tournon du 22 novembre 1902

    St-Martin-de-Valamas - Mort au café.

    Mercredi matin, en ouvrant son café, le sieur R..., trouvait appuyé sur une table, semblant dormir, un consommateur dont il avait oublié la présence, dans son établissement, la veille, au moment de la fermeture. Il lui frappa sur l’épaule pour le réveiller. Mais le singulier consommateur ne donnait plus signe de vie. R... fit prévenir aussitôt les autorités. Le cadavre fut reconnu pour être celui d’un cultivateur originaire d’une commune voisine.

    Et rien à voir avec un "café mortel", à l'arsenic par exemple. J'ai cherché sur le web et j'ai trouvé :


    - Créé par le sociologue et ethnologue suisse Bernard Crettaz, le concept du « Café mortel » prend de l’ampleur en France et invite les citoyens à « sortir la mort du silence ».
    - Mort Dans le Café Cométragédie en Quinze Tableaux – 1 janvier 2008 de Henri Froment-Meurice
    Presse
    - Un homme retrouvé mort dans un café de la Ville Basse de Charleroi (mais il était rentré par un soupirail)
    - Un homme retrouvé mort dans un ancien restaurant pakistanais à Quiévrechain (Hauts-de-France)
    - Nice. Corps d'un homme retrouvé dans la cave d'un café : le gérant avoue le meurtre

    JC

  • Un peu d'histoire

    Transcription d'un texte issu d'un cahier écrit par Marie Norcen (dont nous avons sur ce blog publié quelques poèmes) expliquant les relations entre Chanéac et Saint-Martin au XIVe siècle.

    D'après la notice publiée par M. de Lafayolle sur le prieuré de St-Martin-de-Valamas, il en résulte qu'à cette époque St-Martin relevait du seigneur de Lavoulte et de Chanéac . Les seigneurs fortifiant leurs chateaux, pour se préserver du brigandage des routiers et des Anglais on site que le seigneur de Lavoulte et de Chanéac aurait remporté des avantages sur la bande d'un certain capitaine anglais Robert Knolles, qui inquiétait le Vivarais.

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    D 'après des actes datés de 1320 le jour de la lune avant la fête de St Luce il y eut une transaction entre le seigneur de Chanéac et le prieur de Saint-Martin-de-Valamas touchant l'exercice de la justice et la garde du fort. Qui était le prieuré.

    M.Guillaume de Poitier étant seigneur de Fay et de Chanéac d'une part et le très pieux Messire Don Bertrand de Rivière prieur de St.Martin. Après contestations et discussions en présence de leurs censés commis ils ont délimité les territoires de St-Martin et de Chanéac. Convenu que seul le seigneur de Chanéac avait le droit d'infliger des peines ou amandes. Convenu que les hommes et manants de la ville de St.Martin et au dessus des confins de son territoire doivent et sont tenus de venir faire le guet aux portes du château de Chanéac.

    En 1385 nouvelle transaction cette fois c'est entre noble et puissant seigneur Louis d'Anduze, seigneur de Lavoulte et Chanéac et religieuse personne Dom Pons de Villeséche moine et prieur de St-Martin. Le seigneur disait que le prieuré se fortifiait et ceci au préjudice du seigneur de Chanéac et de sa forteresse, car le prieur y employait des hommes de St-Martin pour le garder et faire le guet, lesquels hommes manquaient au seigneur de Chanéac. Finalement ils se mirent d'accord et décidèrent que le seigneur de Chanéac pourrait user du prieuré comme prison, il s'y réservait le droit pour lui et ses gens d'être traités au frais du prieur et à se tenir dans la cuisine du coté droit de la cheminée et aussi le seigneur au cas où il viendrait de Chanéac de choisir la chambre qui lui plairait.

    Comme quoi, à l'époque on arrivait à faire des compromis !

    François 

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  • Recherche maison (III)

    Plantation d’arbres le long des routes 


    Dans le numéro précédent de ruedespuces, une carte postale faisait apparaître une plantation d’arbres sur l’avenue de la Gare et un extrait du journal La Croix de l’Ardèche de 1912 la déconsidérait par ces quelques mots : « … plantation de quelques arbres… ». Un complément de recherche nous a permis de trouver un commentaire plus élogieux sur cette initiative et une date pour cette réalisation. 


    Le Journal de Tournon du 21 mars 1909, républicain comme la municipalité (1) a publié l’article suivant, plus agréable pour cette municipalité : « Notre petite ville jusqu’ici fort négligée, semble entrer dans une ère nouvelle. Nos rues sont mieux entretenues. Si les habitants continuent à y mettre un peu de bon vouloir, nous ne verrons plus les tas d’ordures qui encombraient nos voies et laissaient aux étrangers une très mauvaise impression. Nous voyons avec plaisir que des plantations d’arbres se font déjà sur nos avenues. Celle de la gare vient d’être garnie de platanes qui, dans peu de temps, en feront une promenade charmante. Notre nouveau conseil municipal commence à exécuter ses promesses. Peu à peu, il les tiendra toutes. Attendons patiemment, et le jour est proche où St-Martin-de-Valamas sera devenu une ville propre, coquette, agréable, et où pendant la belle saison afflueront les touristes ». 


    Une autre carte postale montre, avec plus de détails, les plantations réalisées et le pignon de la maison qui était proche de la voie ferrée. Apparemment ce pignon a été largement modifié, à moins que la maison n’ait été complètement reconstruite… peut être autour de 1930, suivant le style de construction. 
    La suite dans un prochain numéro. 

     

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    Carte postale - L’Ardèche illustrée 3635  - St-Martin-de-Valamas - Le pont sur l’Eyrieux et le quartier de Lavis - Margerit Brémond Le Puy - Tampon de la poste de St-Martin du 1er juillet 1917. 


    On peut signaler que l’initiative de planter des arbres le long des routes et des rues s’appuie sur les ordonnances relatives à la « conservation des forêts et la végétation du royaume », prises en 1346 par Philippe VI de Valois, pour se développer en 1552 avec Henri II dont les lettres patentes enjoignaient « de planter des ormes le long des grands chemins et voirie ».  


    Ce fut Sully, ministre d’Henry IV, qui lança une large opération pour que soient plantés des ormes aux bords des routes et sur les places des villages dans le but « d’alimenter en bois les constructions et la marine ». Les fameux ormes de Sully ! Il n’y en aurait plus en Ardèche. Parmi les derniers, celui de Chalencon a été abattu en 1963 (il était atteint de la graphiose de l’orme) et celui d’Ailhon a été remplacé en 1999 (le tronc restant avait été jugé dangereux). Il y aurait encore un tilleul de Sully à Étables ! 


    Outre la fonction de réserve de bois, les alignements d’arbres le long des routes assuraient, à l’origine, la préservation de leur largeur en la délimitant des terrains qui la bordent, procuraient de l’ombre aux piétons et remplissaient une fonction esthétique en soulignant la beauté des arbres dont les alignements structuraient le paysage avec les traces bien visibles des routes (2). Cette dernière fonction était particulièrement présente sous le règne de Louis XV pendant lequel plusieurs ordonnances et règlementations ont défini les modalités de plantation pour que les routes soient aussi représentatives du rayonnement royal (3).C’était alors les propriétaires riverains qui « avaient l’obligation de planter soit des arbres fruitiers soit des arbres à ouvrage » (pour les charpentes par exemple ou, plus tard, pour faire des allumettes) (4). La réglementation a évolué tout au long des siècles (5) …  

     

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    Extrait d’une carte de l’Atlas de Trudaine (administrateur des Ponts et Chaussées) réalisé entre 
    1745 et 1780 montrant des plantations d’arbres le long de la route royale entre La Chomette et 
    Paulhaguet, en Haute-Loire, qui deviendra la nationale 102. Cet atlas ne couvre par le 
    Languedoc, donc pas l’Ardèche… hélas ! 

     


    L’utilisation massive de l’automobile a conduit à l’abattage de nombreux arbres de bordure de route pour des raisons parfois très contestées de sécurité ou d’élargissement des voies de circulation… Des habitants (6) se sont mobilisés pour leur conservation, des associations de défense se sont créées et des colloques se sont développés sur le sujet qui s’est aussi retrouvé en conférence au Conseil de l’Europe en 2009. 


    Mais avant cette date, on relève dans les rapports et délibérations du conseil général de l’Ardèche une volonté de développer la plantation d’arbres le long des routes. Par exemple : en 1883 il décide « la continuation de la plantation d’arbres à l’entrée de St-Agrève » sur la route nationale 103 (actuelle départementale 120), en 1887 un projet prévoit « une plantation sur une longueur de 5,4 km entre Tournon et St-Péray » et, en 1889, un nouveau projet évoque la plantation de 456 arbres sur la route nationale 102 entre la Chavade et la Haute-Loire « qui serviront également à guider les voyageurs pendant les tourmentes de neige ». 


    Cependant, en 1928, le préfet est autorisé à « prescrire que certaines zones de terrain nettement délimitées, en bordure de chemins, soient débarrassées de toute végétations » pour améliorer la visibilité aux croisements de routes et chemins et en 1933 « chaque demande d’autorisation de l’abattage des arbres est étudiée séparément et l’interdiction d’abattage n’est pas absolue ».  

     

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    Saint-Agrève (Ardèche), 1.050 m. d'alt. - Station estivale renommée. Allées du Cheylard et de Lamastre, l'hiver. Éditions d'art A. R., Saint-Agrève. Bibliothèque municipale de Valence. (A. R. : Aimé-Louis Roche (1902 1973), photographe et éditeur de cartes postales à St-Agrève à partir de 1938). 

     

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    L'Ardèche Illustrée 3531.St-Agrève. - L'entrée de la ville (Les Deux Allées) Bifurcation des routes du Cheylard et de Lamastre. Carte postale Margerit Brémond. Correspondance datée du 30 juin 1917. Bibliothèque municipale de Valence. (La correspondance indique qu’il y avait du mauvais temps : pluie et froid). 

     


    Peu de temps après sa création, en 1890, le Touring Club de France s’est positionné en défenseur des alignements d’arbres (7). Il militait pour favoriser les plantations par des subventions et il est même devenu très critique sur les élagages trop radicaux. En 1911 il attribuait 250 francs à la commune de Saint-Martin-de-Valamas « pour plantations en bordure de la route touristique du Mont-Gerbier de Joncs » (8) et la commune de Saint-Julien-Boutières recevait 200 francs « pour plantation de bordure ». 


    La surveillance de l'abattage des arbres d'alignement est toujours d'actualité même si les allées et alignements d’arbres bordant les voies ouvertes à la circulation publique sont protégés par le décret d’application de la loi 3DS (Différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification). Un guide (9) publié par le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement) explique la règlementation, les procédures dérogatoires qui peuvent être rendues nécessaires et propose des éclairages sur les enjeux soulevés par les arbres. 


    Ce qui n'empêche pas que des actions d'abattage non concertées, sauvages, nocturnes ou par erreur, existent encore, et dès le début de cette année… plusieurs ont soulevé indignation ou contestations. Certaines municipalités ont prévu un remplacement sans attendre les réactions des habitants… (10) 


    13 janvier 2025 : la Ville de Carpentras a abattu 12 platanes sur les 32 existants sur l’avenue du Mont Ventoux pour cause de chancre coloré. Ils seront remplacés par des arbres de haute tige : des micocouliers et des érables. 


    20 janvier 2025 : à Thiaucourt-Regniéville (Meurthe-et-Moselle), 900 arbres de bord des routes abattus, ils présentaient un certain danger pour les automobilistes qui les percutaient. Toutefois, certains arbres ont été conservés afin de favoriser la biodiversité, mais leur nombre n’est pas été précisé. Le chantier a duré 7 nuits complètes.

    Puisque que nous sommes dans l’ère de l’intelligence artificielle, voici quelques éléments pris dans des réponses d’assistants virtuels consultés le 29 janvier 2025 avec la question

    « Faut-il conserver ou supprimer les alignements d’arbres le long des routes françaises ? ». 


    « La sauvegarde des alignements d'arbres le long des routes françaises semble primordiale pour des raisons environnementales, culturelles et esthétiques. Toutefois, la sécurité routière reste un enjeu prioritaire. Une solution durable consiste à concilier ces deux impératifs par des aménagements réfléchis, un entretien adapté et une sensibilisation des usagers. » 


    « La décision de sauvegarder ou de détruire les alignements d'arbres doit être prise en tenant compte des enjeux environnementaux, sociaux et économiques. Un équilibre doit être trouvé, et des solutions alternatives, comme la taille et l'entretien adéquat des arbres, peuvent parfois permettre de concilier sécurité routière et préservation de la biodiversité. Des consultations avec des experts en environnement et des parties prenantes locales sont essentielles pour prendre une décision éclairée. » 


    « En conclusion, il est crucial de développer des programmes de conservation, de restauration et d'éducations pour sensibiliser à l'importance de ces alignements végétaux. » 


    « Les alignements protègent les usagers de la route et limitent les accidents, notamment en diminuant l'aveuglement causé par le vent ou les projections de débris ». 


    Cette dernière expression est pour le moins très surprenante….. 


    Et pour conclure un rappel d’un article du code de l’environnement et une vengeance des arbres contre les voitures… 


    L'article L.350-3 interdit le fait de porter atteinte à un arbre ou de compromettre la conservation ou de modifier radicalement l'aspect d'un ou de plusieurs arbres d'une allée ou d'un alignement d'arbres bordant une voie ouverte à la circulation publique. 

     

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    Photo tirée du site web : https://koreus.cdn.li/media/201310/61-insolite-07.jpg  
    Et présente dans la conférence « nos arbres de bord de route » du CAUE 63 de 2017. 


    Jean Claude


    Notes 
    1 - Les municipalités de St-Martin : de 1895 à 1908, mandat de Célestin Rochette, conservateur ; de 1908 à 1918, 
    mandat de Georges Murat, républicain. 
    2 - Elles s’y inscrivent par leur « perspective », notion qui est à l’honneur au XVIII° siècle. 
    3- A la fin du XVIII° siècle, les témoignages des voyageurs étrangers, dont le célèbre agronome Artur Young ayant 
    souvent voyagé en France, étaient, suivant plusieurs ouvrages, impressionnés par la qualité des principaux axes de 
    communication à la fin du XVIII° siècle. Ces voyageurs n'avaient pas circulé en Ardèche... 
    4 - Dans la moitié du 19ème siècle, des peupliers plantés dans cette intention pour la SEITA n’ont jamais été utilisés. 
    5 - Pour les curieux, consulter le Recueil de lois, ordonnances, décrets, règlements et circulaires concernant les 
    différents services du Ministère des travaux publics, pour la période 1886-1936, sur Gallica. Pour la période 
    actuelle, il est judicieux de consulter la revue Droit de la voirie – La revue des propriétés publiques. 
    6 - Et même un président de la république en 1970 : Georges Pompidou. 
    7 - Il a même édité, en 1907, un Manuel de l’Arbre pour l’enseignement sylvo-pastoral dans les écoles rédigé par E. 
    Cardot, inspecteur des forêts à Pontarlier. 
    8 - Cette route touristique n’a été terminée qu’en 1932. Il serait intéressant de repérer où l’on trouve encore des 
    routes bordées d’arbres dans l’ex-canton de St-Martin. 
    9 - Allées et alignements d'arbres bordant une voie ouverte à la circulation publique, de novembre 2024. 
    10 - D’après les quotidiens consultés.