C’est une première pour les Saint-Martinois : découvrir l’habillage des arbres du village.
L’idée qui n’est pas nouvelle est apparue aux Etats Unis en ce début des années 2000. Elle s’est ensuite répandue dans certaines villes françaises, ou villages comme celui de St Martin aujourd’hui.

Si elle s’apparente aux fleurissements des balcons, cette démarche est audacieuse et fantasque, qui exprime une forme de gratuité, inutile en apparence. Une forme de coloriage de l’espace public, un embellissement.
C’est à la lecture de la Lettre d’information municipale que j’apprends cette initiative : Recouvrir d’un lainage quelques arbres du village.
Est-ce une forme de protection des arbres contre les intempéries ? Cela me renvoie à lecture toute récente du livre de Laurent Tillon (*) « Être un chêne, sous l’écorce de Quercus » qui évoque sous différents aspects les secrets de la biodiversité et qui nous rappelle l’importance des arbres dans notre milieu de vie.
Je ne peux m’empêcher également d’associer cette démarche à une forme artistique bien connue des photographes : le land art. Expression artistique qui s’est exercée, pour ne citer qu’un exemple, lors de l’emballage du pont Neuf(**), le plus vieux pont de Paris.
Mais non, ce n’est pas du Land Art, ni une protection des arbres face aux intempéries.

Aujourd’hui, cette activité est considérée comme une forme d’expression artistique et désignée sous différents noms, comme par exemple : le « graffiti street – dessin dans la rue » ou « yarn bombing – bombardement de fil » ou encore « knit graffiti – graffiti en tricot ».
Cependant, notre regard peut imaginer plus simplement une expression qui permet de relier, d’échanger sur l’utile et l’inutile d’une chose et d’autres réflexions encore. Nous faire sourire.
Nous y voilà, « faire sourire ou rire », n’est-ce pas là le propre de l’Homme ?
Alors que cette période d’épidémie de Covid ne se prête pas à une certaine légèreté de la vie, mais alors pas du tout ! nous voilà avec un médicament efficace et sans danger, un placebo, pour lutter contre toute cette sinistrose.
Ce projet initié par Hélène Tomas, bénévole, est accompagné par la médiathèque des Boutières, auquel participe moult bénévoles, si volontaires.
Concrètement, c’est ce 01 avril que débute l’habillage des arbres. Ce jour-là, je retrouve une partie de l’équipe sur la place du village.
Elles sont cinq à s’activer : Hélène, Madeleine, Martine, Mireille, et Séverine. Toutes sur des tâches d’assemblages, d’accrochages du lainage à l’arbre. Chacune faisant appel à l’autre ou utilisant les aiguilles, les ciseaux, les fils, les ouvrages, …etc.
La journée se prête à cette activité extérieure avec un ciel bleu et une température clémente.
L’habillage prend forme, avec des couleurs vives que les rayons du soleil rehaussent.
Tout cela demande avis sur la composition comme dans la confection d’un tableau.
J’apprends dans le même temps, que tel ouvrage a été réalisé par le Club Tricot de l’Ehpad, que des pompons et des pantins ont été confectionnés par les enfants de l’école primaire St Joseph et que des pompons l’ont été par les enfants du Centre Aéré selon la méthode dite « à la fourchette ».
D’autres enfin, se sont activés à la maison ou ont remis des pelotes de laine ou de fils.

Je constate ainsi que cette initiative a conduit à la participation de toutes les générations.
Je débute mes prises de vue de cette première composition, quand une nuée de moineaux nous envahit.
Ce sont les enfants de l’école primaire. Ils tournoient autour des arbres à embellir et avec leurs mains agiles concourent à la fixation de leurs pompons ou pantins. Je regarde à travers l’œilleton de mon appareil photographique ces mouvements d’enfants. Je m’interdis de diffuser ces images sans autorisations parentales.
Mon objectif initial est de réaliser quelques clichés de cet événement et de faire part de l’enthousiasme des acteurs présents.
Et voilà comment dans un village un projet aussi festif que coloré peut rapprocher jeune et moins jeune.
Le peu de temps que j’ai consacré sur cette place du village, j’ai vu des yeux pétiller de plaisir, savourer le plaisir d’être ensemble, d’échanger, de montrer ce dont on est capable.
Je vous invite à aller visiter ces habillages visibles sur le mois d’avril. Vous pouvez les voir sur La Place du village, au bas de la rue du Garail, au quartier du Pont, sur la Dolce Via, à la sortie du village direction Le Cheylard, à Champchiroux et j’en oublie certainement. Profitez-en pour engager une conversation sur cet art de la rue et peut-être sourire ou pousser un grand rire !
Bonne journée
A Saint-Martin de Valamas, ce 01 avril 2021. Presque confiné.
Merci à Andrée, Hélène et Séverine pour leur recommandation.
Texte écrit et illustré par Alain Roméas
(*) Laurent Tillon qui a publié « Être un chêne, sous l’écorce de Quercus » est biologiste ingénieur forestier à l’Office Nationale des forêts.
(**) Le pont neuf a été emballé par l’artiste Christo et son épouse Jeanne-Claude, organisatrice de l’événement, au cours de l’année 1985. De leur vrai nom : Christo Vladimiroff Javacheff et Jeanne-Claude Denat de Guillebon.

Le sujet de discussion avait été toute la soirée dominée par les atrocités perpétrées par des groupuscules chiites entre Recharinge et Yssingeaux en haute Loire. Cette région était traditionnellement habitée par des ultras protestants qui se surnomment eux même des purs et qui sans être aussi extrême que les Amish, vivent encrés dans le passé. Les purs sont essentiellement pacifiques, totalement intolérants mais pacifiques. Jean avait réussi toute la soirée à les convaincre que ces bandes armées ne viendraient pas jusqu’à La Rochette, que leur cible était les purs. Les amis s’en allèrent et ils rangèrent les reliquats des agapes de la soirée. Les chiens aboyèrent puis plus rien. Jean s’arrêta et écouta. Sans un bruit il prit Leylla par le bras et mis son doigt sur la bouche pour la réduire au silence. Il poussa le buffet du salon, dégagea le lit placard qui se trouvait derrière, ouvrit la porte, l’embrassa tendrement et l’obligea à monter dedans. Il referma la porte, elle l’entendit remettre le buffet à sa place et puis plus rien. Au moins 10 minutes se sont passées, Leylla était terrifiée dans sa cachette, et elle y étouffait. Elle comprit à quoi servait ces lits placards aux 18ème et 19ème siècle, il y faisait chaud même dans une maison qui à l’époque ne devait être chauffée que par la cheminée centrale et le poêle de la cuisine. Puis d’un seul coup deux explosion de grenades, des cris, des coups de feu de plus en plus proches, à nouveau un cri étouffé puis le silence. Après un certain temps qu’elle ne pourra jamais chiffrer tant ce laps de temps lui parut long, ce fut le fracas d’une maison que l’on met à sac, sa maison, puis à nouveau le silence. Après un temps qui lui parut très long elle décida d’essayer de sortir. Elle s’arcbouta sur le fond du lit placard et poussa très fort les portes avec ses pieds. A la 5ème poussée alors qu’elle commençait à perdre espoir, elle entendit le buffet bouger derrière les portes. Cela lui redonna du courage et finalement après plus d’une heure d’efforts acharnés elle réussit à se glisser hors de sa cachette. Ce qu’elle découvrit était à la hauteur de ses pires craintes. Jean avait été égorgé et baignait dans son sang. Non seulement ils l’avaient égorgé mais ils l’avaient ensuite émasculé et avait mis ses organes génitaux dans sa bouche. Cette mise en scène atrocement macabre avait pour but de montrer qu’ils savaient que Jean vivait avec une musulmane, en fait c’est pour elle qu’ils étaient venus jusqu’à la Rochette. La mise à sac de la maison n’avait eu pour but que de chercher Leylla. Le lit placard du 18ème et la présence d’esprit de Jean avait épargné Leylla d’une fin bien pire que la sienne. Elle fut prise d’une violente nausée, sortit brutalement dans le frais de la nuit. Ce qui s’offrait à son regard dehors n’avait rien à envier à ce qui était dedans. Toutes les femmes du village avaient été violées et éventrées, tous les hommes décapités au sabre.