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ruedespuces - Page 199

  • Du déconfinement à Paris.... Petit inventaire à la Prévert

    Comme tout le monde, je fus soulagée le 11 Mai d’apprendre que la laisse qui m’avait été mise au tour du cou deux mois auparavant allait se détendre au-delà des 1km et 1 heure autour de mon domicile. Plus d’attestation de sorties. Mais attention ! Avec masque, gel et à distance raisonnable de mon alter ego !!! C’était mieux que rien !!! Je me précipitai dehors assoiffée de liberté de mouvement et de caresse de vent et de soleil sur mon visage. 

    Première étape, le tram. Les places condamnées étaient bien libres. Dans la zone à station debout, 8 macarons définissaient l’emplacement où le voyageur devait se tenir : respecté! Les masques étaient portés... Mais pas par tout le monde. Un pauvre hère (alcoolisé ou drogué ?) arpentait le train d’un bout à l’autre en gesticulant, vociférant, aux prises avec une violente colère, prêt à en découdre avec quiconque croisait son regard. Il hurlait, nous envoyant au passage moult postillons et gouttelettes. Si cet olibrius était porteur du Covid, nul doute qu’il était en train de contaminer toute la rame... Pas un agent de la RATP à l’horizon, ni de force publique nationale ou municipale. Allons ! Circulez ! Pour la plus grande joie du virus qui avait trouvé un terrain de jeu à sa mesure : un lieu clos et confiné. 

    Deuxième étape, le métro. Là, c’était la foire d’empoigne. Toutes les places assises étaient occupées, macarons ou pas, et dans la zone à station debout, nous étions au moins le triple du nombre autorisé. Il faisait déjà chaud et j’avais le nez dans les aisselles du grand type d’à côté qui se tenait, accroché, à la barre de maintien. Et pourtant, contre toute attente, je remerciai le Seigneur Covid qui m’obligeait à porter un masque. Je venais en effet de lui découvrir une protection olfactive à laquelle je n’avais pas pensé !!! 

    Troisième étape, le bus. Une zone était quasiment libre avec une seule personne assise, alors que le reste de l’espace était bien occupé. Je m’installai néanmoins et compris vite la situation. La personne en question était prise de quintes de toux incessantes et violentes. Comme elle portait un masque, elle devait se sentir invulnérable et donc ne prenait pas la peine de mettre sa main ou son coude devant la bouche. Je me levai aussitôt et fuis la zone à infestation possible, en espérant que le Seigneur cité plus haut ne me trouve pas à son goût. 

    Enfin dehors !!! Les terrasses des cafés avaient rouverts et étaient bondées. Il faisait encore 30 degrés en cet fin d’après midi. Le serveur courait en tous sens. Si les tables avaient bien l’air d’être espacées d’un mètre, le bistrotier avait oublié de prendre en compte la place qu’occupe le quidam qui s’y assoit. Je m’installai et constatai que le dos de ma chaise (et donc le mien) était à quelques centimètres de celui de mon voisin de derrière !!! Il n’avait donc rien compris! La distanciation physique, ce n’est pas pour les tables mais pour les humains !!! 

    Et puis, j’assistai à cette saynète qui en disait long sur la compréhension ubuesque de la situation sanitaire actuelle. Trois jeunes filles étaient attablées, dehors bien sûr, masquées (alors que ce n’est pas obligatoire dans l’espace public et que, boire un mojito avec un masque, ce n’est pas des plus pratique !!!). Un copain vint à passer... Chacune se leva à son tour, ôta son masque, lui claqua deux bises et ... remit son masque ??? Garçon ! Et un grand cours de pédagogie sur la pandémie pour la table trois s’il vous plaît !!! 

    Je terminai mon périple par une balade, rue de Rivoli, de la Concorde à l’Hôtel de ville en passant par le musée du Louvre. Notre encore Maire (jusqu’au 28 juin) avait décidé de dédier toute une portion de cette rue aux vélos et autres deux roues. images (5).jpgFaut-il préciser ici que les chinois ne nous ont pas envoyé qu’un virus, ils nous ont aussi transmis un effet collatéral du virus, à savoir l’utilisation massive du vélo. J’assistai donc pour la première fois à ... un embouteillage de vélos !!! Si vous êtes comme moi, vous n’avez vu ça qu’en Asie et à la télé. Mais à Paris ??? Pas de panique ça arrive... A l’intersection avec la rue du Général Lemonnier, je vis un enchevêtrement de vélos, motos, scooter, trottinettes, patins à roulettes, le tout dans un brouhaha de klaxons et d’invectives. La pauvre préposée à la circulation ne savait plus s’il fallait étendre les bras direction Nord/Sud ou Est/Ouest ! Car voyez-vous, un parisien reste un parisien. Qu’il ait entre les mains un volant ou un guidon, quand il est sur la voie publique, il n’obéit qu’à une seule règle : au feu vert je passe, au feu rouge... je passe aussi !!! 

    Et que dire de cette plaisanterie de Bernard Pivot qui, répondant à un journaliste qui lui demandait s’il portait un masque, s’écria : » Oh! mes oreilles accueillent déjà mes branches de lunettes, mes appareils auditifs en leur creux, et en plus il faudrait y ajouter un masque ! J’en ai marre qu’on les prenne pour des porte-manteaux ! » 

    Citadinement votre. 

    Evelyne Colloud Chomarat

  • Il est où le bonheur ?

    Il est où le bonheur ? je fredonne souvent cette chanson, tout en me disant que je le sais bien, où il est ! Il suffit d’écouter les infos, de lire les journaux, de voir ce qui se passe dans le monde, pour trouver que là, en France, plus spécialement à Saint-Martin de Valamas, le bonheur n’est pas difficile à trouver. Mais trouver n’est pas le bon terme, on ne « trouve » pas le bonheur comme on trouve un trèfle à quatre feuilles. Si mon enfance et ma jeunesse n’ont pas été des plus simples, j’ai presque toujours mangé à ma faim, eu un toit sur la tête, et des gens autour de moi suffisamment attentionnés pour ne pas me sentir malheureuse.  J’ai fait des choix, souvent bataillé, eu des échecs , des réussites, rencontré un homme mentalement solide qui m’a aidée à acquérir une certaine force et  une résilience qui me permettent  d’avancer et de savourer la vie avec bonheur. Je n’ai jamais regardé dans l’assiette du voisin pour envier sa bonne soupe, mais toujours en me demandant que faire pour améliorer la mienne. 

    «  Le bonheur ne dépend pas de ce que l’on a, mais de ce que l’on fait, de notre capacité à agir , peu importe l’activité du moment qu’on est en harmonie avec soi-même » (Alain – Propos sur le bonheur 1925).Partant de ce principe,  si l’on aime tricoter par exemple, au lieu d’envier cette voisine qui tricote tellement bien, on ferait bien soi-même d’apprendre à tricoter. Quelle satisfaction de porter cette écharpe faite de mes mains ! Il n’y a pas de fatalisme, tous les faits du monde ne sont pas soumis à un destin tout tracé. Nous ne pouvons pas dire « « on ne m’a jamais appris à tricoter » … mais voir les choses sous un autre angle : ce n’est pas parce que j’ai réussi que je suis contente, mais parce que j’étais contente d’apprendre que j’ai réussi. J’ai mon écharpe, et je n’ai plus envie de celle de la voisine. Je ne crois pas à la chance, je crois à mon besoin de faire mon chemin en ne comptant que sur moi, je n’ai, comme nous tous, qu’une vie, et je ne veux pas en être une triste spectatrice. 

    Mais nous n’avons pas tous le déterminisme nécessaire pour agir sur notre destin et contribuer ainsi à notre bonheur, je suis persuadée qu’il faut de la volonté pour être heureux, pas forcément la volonté de réussir dans la vie, mais celle de réussir sa vie. Bien sûr…..vivre en France, aux USA, au Danemark, au Yemen  ou en Palestine nécessite  une volonté différente ….les forces adverses n’étant pas du même acabit. 

    Je crois important également d’être à l’écoute des autres, et de savoir aider, apporter notre oreille, notre épaule, notre soutien. Notre bonheur tient aussi dans le bien-être de ceux qui nous entourent. Si je suis heureux et que mon entourage est heureux, il y a de grandes chances pour que l’entourage de mon entourage soit également heureux. 

    Certains trouveront ma vision très simpliste, mais « à trop chercher le bonheur, on finit par oublier celui que l’on a devant soi… » (Alain, oui, encore lui, je l’aime beaucoup et vous conseille la lecture de son Propos sur le bonheur) Beaucoup de philosophes ont écrit sur le bonheur, les journaux (surtout féminins) regorgent de recettes plus fantaisistes les unes que les autres, faire une cure détox, prendre du magnésium, des vitamines, du soleil, être égoïste, jeûner, se promener tout nu dans la nature,  etc…etc… et pourtant tellement de gens sont malheureux. Peut-être devrions nous mettre le bonheur aux programmes scolaires, ou créer des séances de coaching « bonheur » , trois semaines en immersion totale avec un gourou heureux ? Pourquoi, à niveaux et modes de vie comparables, certains sont heureux et pas d’autres ?  

    Et vous, vous pensez qu’il est où le bonheur ?

    Hélène Duchamp

  • Lapsus

    Pour endiguer la pandémie de la Covid nos gouvernants ont préconisé de respecter quelques gestes barrières que tous les Français maintenant connaissent tant ils ont été rabâchés dont : la « distanciation sociale », ce qui me semble être un lapsus révélateur ! 

    Pour moi, la distanciation sociale, c’est, les riches avec les riches, les pauvres avec les pauvres, les premiers de cordée entre eux et la valetaille tous dans le même poulailler ; on ne va tout de même pas mélanger les bobos du 16e arrondissement avec les loqueteux du 9.3 !

    Sur l’échelle sociale, nous avons tous une place mais, les mélanges entre les échelons du haut et ceux du bas ne se font que très très très rarement et, socialement, les individus sont, c’est sûr, éloignés les uns des autres en fonction de leur position sur cette échelle.

    Pour éviter la propagation du virus il était indispensable d’imposer une distance à respecter entre les personnes mais, à cette locution il aurait été préférable d’utiliser le terme de « distanciation physique » car, mis à part les amoureux, images (4).jpgnous sommes tous physiquement plus ou moins éloignés les uns des autres et, dans le cas qui nous intéresse, imposer une distance minimum d’un mètre entre chaque personne est bien une distanciation physique.

    Alain Amsellem