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ruedespuces - Page 202

  • Le patois

    Je suppose que si, comme moi, vous avez passé votre enfance et votre adolescence à Crézenoux, ou à St martin, ou dans les environs, vous avez entendu parler patois, vous n'avez sûrement pas oublié cette langue locale issue de l'occitan. À vrai dire c'est de l’occitan, qui a des variantes selon les régions, les cantons, les départements. 

    Dans nos campagnes, dans les années 50 /70, tout le monde parlait patois, et même encore aujourd’hui  beaucoup le comprennent. Nous avions tous une grand-mère, un grand-père, un oncle, une tante qui parlait  patois. Sans parler de nos parents, des voisins et amis de nos parents qui employaient cette langue, qui était en  fait leur langue maternelle. 

     Il existait de nombreuses revues ou publications où se mélangeaient patois et français que lisaient nos grands  parents, vous rappelez-vous de « l'Armagna du Père Menfouté » ? Nous attendions sa parution avec autant  d’impatience que nos grands parents. Si vous en trouvez dans vos greniers, gardez-les précieusement.  Petit proverbe paru dans le numéro 1949 : « Maï fres et véntous rénd lou fermiè renous » (grognon), écriture  originale. (Mai frais et venteux, rend le fermier grognon) 

    Cette langue a peu à peu disparu, d’abord sur la pression des pouvoirs publics, il ne fallait plus parler patois, le  français seul devait être parlé dans les écoles, on punissait les enfants qui parlaient patois, parler patois était le  symbole d'une ruralité dépassée qui devait disparaître. 

    À tel point que personne, dans les années 50/70, ne parlait patois aux enfants, on parlait patois entre adultes et  jamais aux enfants. C'est pour cette raison que notre génération comprend le patois, mais peu savent le parler. Ceux qui parlaient patois avaient un peu honte de le parler, à tel point que si, dans mon patois mal maîtrisé,  j'essayais de parler avec un bon patoisant, il ne me répondait jamais en patois, mais en français. J'ai longtemps  cru que c'était en raison de ma mauvaise connaissance de cette langue, pensant que mon interlocuteur ne  comprenait pas ce que je lui disais, mais comme ses réponses étaient pertinentes avec mes propos, j'en ai déduit  qu'il me comprenait parfaitement, mais qu'il n’osait pas me parler patois. 

    Le patois était un signe de reconnaissance, sur les marchés, lors des ventes ou achats de bestiaux, les gens  parlaient patois entre eux. Encore de nos jours, en Haute-Loire, il n'est pas rare d'entendre les gens parler patois  sur les marchés ou entre personnes qui se connaissent. Je pense qu'il en est de même en Ardèche. 

    En Haute-Loire, le patois est encore vivant, il a même tendance à renaître, grâce au travail de nombreuses  personnes, je veux parler entre autres d’Hervé Quesnel qui écrit en occitan, et œuvre pour partager sa passion  pour cette langue en enseignant dans les associations la lecture et l’écriture de l’occitan. Il a aussi publié  plusieurs articles dans les cahiers du Mézenc ou récemment dans « Les Boutières en Histoire ». On peut aussi parler du travail de recherche et de conservation des chansons de Didier Perre (Chansons et  contes de Haute-Loire). 

    Nous avons aussi au Puy en Velay une école en occitan, la Calendreta où les enfants suivent une scolarité normale en maternelle et élémentaire avec l'occitan comme langue principale. 

    Il y a aussi de nombreuses associations qui, pour garder la langue vivante, organisent des spectacles en patois,  essentiellement des pièces de théâtre. À chaque représentation, les salles sont combles : « La Cluchada » au  Monastier, « Les amis du patois Vellave » de Saint Germain Laprade, « Les Souvassaïres » d’Arsac-en-Velay. En Ardèche aussi le patois est vivant, il suffit de faire une recherche sur internet avec « Patois Ardéchois » de  nombreux sites présentent des textes, des chansons, des histoires et des blagues, ne vous privez pas de les  visiter si vous aimez le patois. 

    Je pense que vous aurez compris que cette langue m'est chère, apprendre à la lire et à l’écrire, m'a permis de  mieux la comprendre, il me reste à m’obliger à la parler. Les mots, les conjugaisons ne sortent pas toujours,  mais quel plaisir de l'entendre et de la lire. 

    Si cela vous intéresse, nous pourrions vous proposer quelques textes que nous avons travaillé avec notre  association « Vès nosautres » du Monastier, mais aussi d'autres textes anciens ou récents. Notre premier texte est un texte très connu, il s'agit de la fable du corbeau et du renard de Jean de La Fontaine,  mais attention, rien à voir avec le texte original, c'est un texte librement inspiré, mais revu et corrigé par notre  ami Sosso qui a pour habitude de la réciter et même de la mimer lors de rassemblements amicaux, pour notre  plus grand plaisir. 

    Pierre Berry

    Lo gralh e lo rainard 

    Un còp, sobr’un pibòl, un gralh èra jucat. 

    Teniá dins son bèc una toma, 

    Una bèla toma ben faita, 

    Tot m-un còp, un rainard ven t-a passar : 

    -« Mès qu’aquò sent bòn, mès qu’aquò sent bòn! » 

    E de far lo torn delh pibòl : 

    -« Quò sent la toma, mès d-ont es? » 

    S’arrèsta, lèva la tèsta, 

    E veiguèt lo gralh que teniá sa toma: 

    -« Vèje lo, amont, quelh tetina de gralh, 

    Mès d-ont a trobat quela toma?» 

    - « Nom de Dieu ! Sacre gralhàs ! 

    Mès que siàs gente ! 

    Mès quò’s pas possible d’èstre tan gente ! 

    E si ton ramatge se rapòrta a ton plumatge, 

    Siàs lo feniç d’aquelh boès ! » 

    L’autre tindorle, amont, l’escoutèt un moment, 

    Conflava son pitre, e s’esfarfalhava. 

    Quelh tetinàs, per far veire que chantava bien, 

    Badèt son bèc, e la toma tombèt. 

    Lo rainard l’amassèt, sonhèt lo gralh e li diguèt : 

    -« Monseignor, vos chal saupre que tot 

    flatteur vit elh despens d’aquelh que l’escòuta. 

    Quela leiçon val ben una toma, non ? » 

    Lo rainard l’acampèt e fotèt son camp. 

    Lo gralh se diguèt un pauc tard : 

    -« Nom de Dieu, de nom de Dieu, 

    I tornarèi pus, salopariá de rainard ! 

    Jan de la Font e Sosso de San Jan 

    Le corbeau et le renard 

    (Traduction mot pour mot) 

    Une fois, sur un peuplier, un corbeau était perché. 

    Il tenait dans son bec une tomme, 

    Une belle tomme bien faite, 

    Tout d'un coup, un renard vint à passer : 

    -«Mais que ça sent bon, mais que ça sent bon! » 

    Et de faire le tour du peuplier : 

    -«Ça sent la tomme, mais où est-il ?» 

    Il s’arrête, lève la tête, 

    Et voit le corbeau qui tenait sa tomme 

    -« Regarde-le, là-haut, cet imbécile de corbeau, 

    Mais où a t-il trouvé cette tomme ? » 

    - « Nom de Dieu ! Sacré corbeau ! 

    Mais que tu es beau !

    Mais c'est pas possible d'être aussi beau ! 

    Et si ton ramage se rapporte à ton plumage, 

    Tu es le phénix de ces bois ! » 

    L’autre imbécile, là-haut, l'écouta un moment, 

    Il gonflait son ventre, en gonflant ses plumes,  

    Cet idiot, pour faire voir qu'il chantait bien, 

    Ouvrit son bec et la tomme tomba. 

    Le renard la ramassa, regarda le corbeau et lui dit : 

    -« Monseigneur, il faut que vous le sachiez : 

    Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute. 

    Cette leçon vaut bien une tomme, non ? » 

    Le renard l'attrapa et décampa 

    Le corbeau se dit, un peu tard : 

    -« Nom de Dieu de nom de Dieu, 

    On ne m’y reprendra plus, saloperie de renard ! » 

    Jean de la Fontaine et Sosso de Saint Jean 

    Texte collecté et réécrit à partir de l'oral 

    par l'association du Monastier « Vès nosautres. » 

    On peut voir par la traduction que le texte en français n'a pas la saveur du texte en  patois, qui en quelque sorte « chante » mieux. 

    Savoir lire et prononcer notre langue 

    Par Hervé Quesnel 

    Il faut toujours tenir compte de l'accent tonique : quand un mot se termine par une  consonne, l'accent tonique est sur la dernière syllabe ; s'il se termine par une voyelle,  l'accent tonique se met sur l'avant dernière syllabe. 

    Quand une voyelle porte un accent tonique (à, á, ò, ó, ú, í), c’est toujours sur cette  voyelle-là qu'il faut mettre l'accent : autò, corajós, arcàs, permetiá, dengús, aquí. 

    -èl se dit /eï/ dans notre canton: chapèl / tsapéï / ; vedèl / védéï / . -lh se lit /y/ : elh /éy/ ; delh /déy/ ; palhèira /payèra/ ; solelh /souléy/. - o se lit /ou/ : lo /lou/ ; lavador : lavadou/ ; trobèt /troubè/ ; dessobre /déssoubre/ ; solelh /souléy/. 

    - ò se lit /o/ ~ /wo/ : tròp /tro/ ; còp /ko/ ; pòrta /pworto/ ; afòra /afwo’ro/. - al final se dit un peu comme /aw/ : lo mal / lou maw/ ; lo tribunal /lou tribunaw/. - a final se dit un peu comme /o/ : aquela borieta es portada coma palhèira /akèlo  bourièto es pourtado koumo payèro/. 

    Petit lexique de « savoir lire notre langue » : 

    afòra : dehors 

    aquela : celle-la 

    aquí : là, ici 

    arcàs : entrée de ferme ou d'étable 

    autò : auto 

    borieta : petite ferme

    chapèl : chapeau 

    coma : comme 

    còp : (un) coup ou une fois 

    corajós : courageux 

    delh : du (de) 

    dengús : personne 

    dessobre : dessus 

    es : es (du verbe être, èsser

    lavador : lavoir 

    lo : le 

    mal : mal 

    palhèira : chaumière 

    permetiá : permettait (du verbe permettre

    pòrta : porte 

    portada : portée 

    solelh : soleil 

    tribunal : tribunal 

    trobèt : Il trouva (du verbe trouver, trobar

    vedèl : veau 

    Hérvé Quesnel, Pierre Berry,

  • Autrefois, un loisir populaire : La pêche

     De nos jours, nos rivières ne sont plus guère que des baignoires pour les jours d'été, et encore faut-il qu'elles soient accessibles, que la végétation des berges soit moins impénétrable que la jungle birmane ou encore que les abords ne soient pas clôturés comme des camps militaires !

      Il n'en a pas toujours été ainsi: de la fin de la II° Guerre mondiale jusqu'à la fin des années 60 (et même un peu au-delà), les cours d'eau des Boutières étaient fréquentés pour la richesse de leur faune aquatique, aussi abondante que variée, à savoir essentiellement des poissons. Les jeunes générations (moins de 40 ans) ont peut-être du mal à l'imaginer, mais jadis, nos cours d'eau étaient fréquentés du printemps à l'automne par de très nombreux pêcheurs (adultes, mais aussi jeunes et même enfants). Ce temps est bien révolu: on ne voit plus guère de poissons (voire pas du tout! ) en longeant les cours d'eau, alors qu'autrefois ils étaient partout: rivières bien sûr, mais aussi ruisseaux et même canaux et béalières! 

     Alors, quelle était donc cette faune nourricière des eaux douces, qui a fait la joie et le régal de générations de Boutiérots ? 

     Commençons par le commencement et donc par le poisson qui excitait (et excite toujours) la convoitise de tous les pêcheurs (et pas seulement ceux du dimanche après-midi), le poisson-roi, à savoir la truite (salmo trutta (1)), la vraie, la « fario », l'espèce indigène  qui affectionne les eaux vives et limpides, qui se réfugie dans les anfractuosité de rocher ou sous les gros blocs de pierre et pas le pâle succédané qu'est l'espèce dite « arc-en-ciel » (salmo gairdneri). Elle était alors abondante, même dans les ruisseaux. Les plus beaux spécimens dépassaient le kilogramme, et il n'était pas rare qu'un pêcheur expérimenté prenne au cours d'une journée dix, vingt ou trente truites. Osons avouer que lors de belles journées d'été; il arrivait que l'on aille chercher les truites à la main, sous les cailloux(2); certains utilisaient même le filet pour les capturer: pas très honnête, ni très écologique, mais à l'époque, c'était ainsi.

     Au-delà de la truite, on rencontrait bien d'autres espèces, notamment de la famille des cyprinidés, tels que l'ablette (alburnus alburnus)

    ablette.jpg

    d'une taille d'une quinzaine de centimètres, se déplaçant en bandes à mi- profondeur, dans les eaux calmes, elles étaient appréciées par certains, moins par d'autres à cause de leurs nombreuses arêtes; le chevesne (leuciscus cephalus)

    chevesne.jpg

    appelé localement et à  tort « chabot », nettement plus gros que l'ablette, mais lui ressemblant, très méfiant, pouvant atteindre les 2 kilogrammes, aux arêtes nombreuses et à la chair un peu fade, mais malgré tout apprécié par certains, préparé au court-bouillon. On ne trouvait cette espèce que dans l'Eyrieux, à l'aval de Saint Martin; le goujon (gobio gobio)

    goujon.jpg

    enfin, d'environ 10 à 12 cm, aimant se prélasser sur les rochers ou le sable, dans les secteurs ensoleillés, dont la chair était fort estimée mais qui était difficile à prendre !

     D'autres espèces peuplaient les rivières, notamment le vairon (phoxinus phoxinus),

    vairon.jpg

    très sensible à la pollution: petit poisson de 7 à 8 cm en grandes bandes dans des secteurs faciles à atteindre, il faisait la joie des enfants qui pouvaient le prendre aisément et était très apprécié en friture! On rencontrait aussi mais plus rarement la loche de rivière (cobitis taenia),

    loche.jpg

    de dimension analogue à celle du vairon, il stationnait sur les fonds sableux ou granuleux avec lesquels il se confondait, mais lui ne se pêchait pas comme les autres: on tentait de le harponner avec avec un fourchette (si!) alors qu'il était immobile, mais il filait comme l'éclair et l'opération était plus difficile qu'imaginée; l'anguille (anguilla anguilla) a parfois été capturée dans nos rivières, mais très rarement, tout comme le poisson-chat (ictalurus nebulosus), probablement arrivé dans nos eaux par déversement volontaire.

     Enfin, il serait injuste de ne pas parler de l'écrevisse (astacus astacus)

    ecrevisse.jpg

    qui était dans ces années-là, très commune et que l'on pêchait  pour la plus grande joie des enfants à l'aide de « balances » (filets cerclés de fer)dans lesquelles on plaçait un morceau de viande (avariée si possible) où venaient se prendre les écrevisses, attirées par l'odeur. On pouvait aussi les prendre à la main sous les cailloux, mais alors , gare aux pinces! Et une fois capturées, il fallait les préparer et les...manger (deux opérations fort longues, mais quel régal !) 

     Alors, où est-elle donc , aujourd'hui, cette abondante faune aquatique? Apparemment elle n'est plus: plus de vairons, de goujons, de loches, d'écrevisses. Subsistent çà et là quelques ablettes et chevesnes (désormais de taille réduite). Seules les truites semblent encore habiter certains secteurs, grâce au repeuplement réalisé par la société de pêche. Les  causes  de cet appauvrissement faunistique sont probablement la pollution ( mais il n'y a pourtant plus de déversements d'eaux usées dans les cours d'eau), la surpêche, la raréfaction de  la nourriture (moins d'insectes, de vers...); la disparition des petits poissons (vairons, loches, goujons...) a aussi une conséquence sur le régime alimentaire des truites. Désormais, les rivières sont tristes, vidées de leur population naturelle. Est-ce irrémédiable? Souhaitons que non: une rivière, ce n'est pas que de l'eau.



     (1)Chaque nom vernaculaire est suivi entre parenthèses du nom scientifique (genre:salmo; espèce: trutta) afin que le lecteur sache bien de quoi l'on parle précisément)



     (2)L'auteur de ces lignes confesse à sa grande honte, qu'il a parfois pratiqué cette activité fort destructrice de la population aquatique. Mais le plaisir de cette pêche à la main, si elle garnissait la poêle à frire, ne saurait égaler celui de la pêche à la ligne!



                                             Gilbert  Verdier

  • Les excursions au Mézenc

    Les 7,8 et 9 août 1881 la section de Vals et Cévennes du Club alpin Français organisait une excursion au mont Mézenc et dans les environs, avec un départ de Vals et un autre d’Annonay. Le récit de cette aventure a été publié dans la Revue du Vivarais en 1894 et 1895 par Paul d’Albigny, directeur de l'Imprimerie Centrale de l'Ardèche à Privas et fondateur de la revue. Il y raconte aussi ses premières excursions au Mézenc.



    En 1853, en compagnie de jeunes botanistes son but était la connaissance de la flore locale. Ils ont tellement marché (douze ou quatorze heures par jour) pendant une semaine que leurs chaussures furent « effondrées, usées ». Le retour c’est fait en voiture (hippomobile) avec conducteur, et quelques frayeurs… sur une « route à pic sur un immense ravin »… (vallée de la Vocance).



    La deuxième, en 1863, était solitaire. L’aventure commencée à Saint-Martin-de-Valamas s’est faite avec un cheval loué chez un aubergiste du bourg. La première chevauchée l’a conduit, par Arcens, Saint-Martial, le Gerbier jusqu’au Béage pour « dîner et coucher ». L’excursion de trois jours lui permit de découvrir le Lac d’Issarlès, la Chartreuse et le Mézenc d’où il avait « exploré longuement ce merveilleux panorama circulaire, dont l'œil pénètre les profonds lointains du haut de ce superbe observatoire, et emporté de cette nouvelle visite à ces lieux élevés, une grande joie du corps et de l'esprit... »



    La troisième, en août 1881, était organisée pour le Club Alpin dont il était le président. Le parcours et l’emploi du temps ont été particulièrement étudiés et des voitures attendaient les marcheurs aux points d’arrivée des parcours pédestres. Voici le programme de la première journée, le dimanche 7 août, pour la caravane de Vals :



    - A 6 heures précises du matin, rendez-vous à l’hôtel Durand.

    - A 6 h 30 départ pour Mézilhac (25 kil.), trajet en 4 heures.

    - 10 h 30. Arrivée à Mézilhac, déjeuner à 11 heures.

    - 2 heures du soir. Départ pour Lachamp-Raphaël (6 kil).

    - 2 h 45. Arrivée à Lachamp-Raphaël, et départ pour la ferme de Bourlatier.

    - 4 h 13. Bourlatier ; là on laisse les voitures et l'on part à pied ou à cheval pour le Gerbier-de-Joncs (45 minutes), où l'on arrivera à 5 h. Ascension, 15 minutes. Séjour, 30 minutes.

    - 5 h 45. Descente sur Ste-Eulalie en passant par les sources de la Loire (1 h. 15).

    - 7 h. Arrivée à Ste-Eulalie. Dîner. Repos jusqu'à minuit 30.

    Et à minuit 30, c’est le départ, à cheval, pour le Mézenc. La caravane d'Annonay, partie de Fay-le-Froid à minuit 30, y a rejoint celle partie de Vals. Cette dernière rejoindra Vals le mardi 9 août 6 heures du soir. L’heure d’arrivée de la seconde caravane n’est pas indiquée, le narrateur suivait celle de Vals.



    Quel était l’équipement des excursionnistes ? Y avait-il des femmes ?



    A suivre…


     1 La section du Velay-Mézenc a été créée en juillet 1888.

     2 Les voitures, bien sûr hippomobiles, nécessitent parfois, comme à Laviolle, qu’un cheval de renfort soit attelé en tandem devant les deux chevaux d’un landau. Entre Mézilhac et Lachamp-Raphaël il en avait fallu deux.

    3 Si la route de Bourlatier à Sainte-Eulalie existait, celle conduisant au Gerbier n’était qu’à l’état d’ébauche jusqu’à la ferme de Clapas.

    4 La date choisie pour cette excursion était « aussi proche que possible de la pleine lune… »

     

     

    Affiche du constructeur Lelorieux-Frères. BnF Gallica. Le landau est une voiture attelée à quatre roues et quatre places en vis-à-vis, plus deux strapontins, à double capote mobile. Il peut être attelé à un, deux ou à quatre chevaux. « C'est une évolution de la calèche dans le sens de l'élégance et de l'aspect pratique ».

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    Une excursion à Royat, dans le Pays des puys, en 1900 (source Wikipédia). Cette excursion semble plus « touristique » que celle organisée au Mézenc. La station thermale de Royat, d’un passé antique, a commencé à rayonner à partir du milieu du XIX° siècle.

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    Jean-Claude Ribeyre