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ruedespuces - Page 204

  • La complainte du confinement

    Inspiré par le confinement, j'ai voulu faire des vers, ce devaient être des alexandrins mais, ayant trop de rimes dans mon panier, ce sont devenus des hexamètres

    La complainte du confinement

     

    Casque à l'oreille

    Ecouter Beethoven

    Le Garail se réveille

    Le temps est perturbé

    Sortir ? Pas la peine

    Puisqu'on est confiné

    La maison est rangée

    Le jardin est bêché

     

    Casque à l'oreille

    Ecouter du Chopin

    Tout comme la veille

    On voit pas les copains

    Mais la pluie a cessé

    Puis la nuit est tombée

    La télé est allumée

    Et les morts sont comptés

     

    Casque à l'oreille

    Ecouter Jean Ferrat

    La montagne belle

    Plus d'un kilomètre

    Malgré tout on ira

    Ne pas se soumettre

    A leurs lois si bêtes

    Expliquées par Sybeth

     

    Casque à l'oreille

    Ecouter du Schubert

    Le faucon s'émerveille

    Que le ciel soit si clair

    Le chat me regarde

    Comme si il savait

    Que c'est la camarde

    Qui nous maintient cloîtrés

     

    Casque à l'oreille

    Ecouter du Mozart

    C'est toujours pareil

    Du matin jusqu'au soir

    Un bonjour aux voisins

    Evidemment de loin

    Que manger aujourd'hui

    Des pâtes ou du riz

     

    Masque sur la face

    passer sur la place

    Les cafés sont fermés

    Les terrasses vidées

    La glycine fane

    L'église est déserte

    La vie est en pane

    Le pays en alerte

     

    Masque sur la face

    passer sur la place

    On a dû s'éviter

    Et puis on s'est croisé

    Distance respectée

    Le papier attesté

    carte d'identité

    Le départ certifié

     

    Casque sur la face

    Masque à l' oreille

    La maison est bêchée

    Le jardin est rangé

    La nuit est allumée

    La télé est tombée

    La glycine en pane

    Et la vie se fane

    Vivement le onze mai

     

    François

  • Le petit musée linguistique

     Certains croient peut-être que cette rubrique n'est que foutaises, balivernes et billevesées. Nous allons démontrer le contraire puisque nous nous attaquons aujourd'hui à un des grands mystères de l'Univers (à l'égal des trous noirs galactiques), à savoir: le pluriel en X de certains substantifs et adjectifs (exemple : des cheveuX). Parce que, après tout, on peut s'interroger sur cette anomalie dans la langue française, alors que la règle usuelle veut que l'on marque le pluriel par S. Vous ne vous êtes jamais posé la question ?Eh bien dans les lignes qui suivent, vous aurez quand même la réponse, et vous n'allez pas être déçu.

     Au commencement, c'est-à-dire au Moyen-Age, alors que la langue romane avait succédé au latin, on écrivait bien : des chienS, des cheveuS, des hibouS. Mais seuls les clercs lisaient et écrivaient. Et  il se trouve qu'au fil du temps, ils prirent l'habitude de remplacer US à la fin des mots par un signe ressemblant assez fortement à X, ce qui donnait: des cheveX , des HiboX, etc. téléchargement (5).jpgNotez bien qu'à l'époque , le reste du monde s'en foutait, puisque presque personne ne savait lire. Mais avec le développement de l'instruction et l'invention de l'imprimerie, tout changea : les facéties graphiques des copistes ne furent plus comprises: on restait devant une bizarrerie: la prononciation ne correspondait pas à l'écriture. Il fallait procéder à un réajustement. On ne voulut pas toucher à ce X mystérieux, qui resta comme marque du pluriel, et on rajouta U pour rétablir la prononciation adéquate, et c'est ainsi que des chevex devinrent des cheveUX et des hibox des hiboUX. Et le plus extraordinaire, c'est que personne (et notamment les linguistes ou l'Académie française) n'osa toucher à cette anomalie, depuis des siècles. 

     Et c'est ainsi qu'aujourd'hui, ce qui n'était qu'une fantaisie scripturale des moines copistes est devenue une règle orthographique qui pourrit la vie de nos écoliers, sans aucune raison, alors qu'il eût été tellement simple (et l'est toujours) de rétablir le pluriel en S partout. Allez, carpe diem, quand même!

    Gilbert

  • En fait

    En fait, la photo ci-dessus n'a aucun rapport avec le texte ci-dessous. Nous souhaitions seulement vous faire profiter de cette photo représentant une liste de candidats aux élections municipales de 2008 que nous avons retrouvée en faisant le ménage.

    En fait, comme les vêtements, le langage a ses modes. Je me souviens, dans les années 80, je n'habitais pas en France et, lorsque j'y venais en vacances je remarquais que le mot « oui » n'existait plus dans ma langue maternelle, tout le monde disait à la place : « absolument ». « Vous allez bien ? Haabsolument. » On ne l'entend plus guère aujourd'hui. Le « oui » a repris du service. Par contre une expression a envahi le paysage audio-visuel, mais pas seulement, puisque même dans les Boutières on l'entend. Lors d'interviews beaucoup d'intervenants séparent chaque phrase par « en fait ». En fait, ça ne fait de mal à personne mais, en fait, moi, en fait ça m'énerve.

    Au mot « mimétisme » dans le petit Robert je lis : « Propriété que possèdent certaines espèces animales, pour assurer leur protection, de se rendre semblables par l'apparence au milieu environnant, à un être de ce milieu, à un individu d'une espèce mieux protégée ou moins redoutée. ». C'est donc ça ! En fait, les humains, tel le caméléon, imitent ses semblables, en fait, pour se protéger. Se protéger en ne se faisant pas remarquer, en fait, en se fondant dans la masse.

    Pour cette raison, tant qu'un virus nous menace, peut-être n'est-il pas nécessaire de rendre le masque obligatoire, si les présentateurs, les journalistes se mettent tous à en porter à la télé, et lorsqu'une majorité en sera affublée, le reste ne voulant pas se faire remarquer, le portera par mimétisme. En fait, au lieu de nous donner l'ordre de nous confiner, il eut mieux valu nous montrer des prisonniers dans leurs cellules, assez souvent bien sûr pour qu'on ait l'impression que c'est une situation normale.

    Un aîné dé-confiné