Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

ruedespuces - Page 205

  • Editorial n°29

    Comme évoqué plusieurs fois sur ce blog, le Coulassou a été une inspiration pour « ruedespuces ». La période spéciale que nous traversons permet aux retraités, de disposer d'encore plus de temps. J'en ai donc profité pour feuilleter la collection de Coulassous qu'on m'a aimablement prêté. Ce journal dont la parution s'étale de novembre 1977 à octobre 1980 est une mine exceptionnelle d'informations, de récits, d'articles sur l'histoire Saint-Martinoise et Cheylaroise, sans oublier les villages de ces deux cantons. Après plus de deux ans d'existence de « ruedespuces » il est possible, non pas de se comparer -car les moyens et l'audience ne sont pas les mêmes- avec notre ancêtre. Une des grosses différences est la place importante que prenait dans le Coulassou la vie municipale autant au Cheylard qu'à Saint-Martin : Compte-rendus des réunions municipales, interventions des maires ou informations sur les politiques de gestion des communes, bref des informations que l'on trouve aujourd'hui dans le bulletin municipal, dans la lettre d'information mensuelle ou dans les journaux régionaux.

    Le fait que le Coulassou ait eu un grand nombre de lecteurs puisqu'il était en vente dans les villages et que toute la population pouvait le lire empêche toute comparaison avec ruedespuces qui n'est envoyé qu'à un peu plus de 200 personnes. L'avantage est la gratuité, la dispensation d'imprimer, de distribuer ou de récolter l'argent de la vente, sans parler de tout le travail de mise en page.

    Nous avions espéré une communication plus importante de la part du conseil municipal afin de pouvoir participer à la vie de la commune sous forme de propositions, d'idées ou de suggestions. Il est vrai que les confinements successifs ne favorisent pas les échanges.

    Après ces constatations, et surtout après les différents commentaires réactions positives qui nous sont parvenus, soit sur ce blog, soit par d'autres canaux, nous pensons que notre modeste participation à la vie de notre territoire peut continuer. Peut-être serait-il souhaitable d'avoir plus de contributeurs et de lecteurs.

    D'autre part, nous serions intéressés de savoir ce que nos lecteurs attendent de ruedespuces :

    -Des articles sur les activités Saint-Martinoises (et de ses environs) : Culture, réalisations municipales, associations, commerces, etc...

    -Des articles sur le passé de la région.

    -Des articles sur divers aspects de la région des Boutières (démographie, géographie, géologie, botanique, architecture, résultats électoraux...)

    -Des problèmes de fond sur des problèmes de société (écologie, racisme, politique générale... engendrant éventuellement des débats.)

    -Des articles sur la langue française (étymologie, toponymie, etc...)

    -Des articles humoristiques.

    -Des critiques de livres, films, disques, expos, spectacles.

    -Des reportages ou des interviews de St-Martinois (d'origine ou d'adoption).

    -Des jeux.

    -Autres sujets. 

    Répondez nous, nous essaierons de prendre en compte vos réponses.

    (Si vous ne souhaitez pas que vos réponses apparaissent parmi les commentaires, vous pouvez les envoyer par mail à "ruedespuces"@gmail.com")

     

    Dans ce numéro 29 vous trouverez entre autre : La suite de notre feuilleton, des articles sur la vaccination, sur les arbres habillés, sur les 3 cours d'eau qui arrosent notre commune, sur le monde d'après, sur l'invention du tourisme, sur le locavore, sur la convivialité St-Martinoise et l'annonce d'une nouvelle association. Vous pourrez également résoudre des anagrammes ou des contrepèteries. Merci aux auteurs de ces articles.

     

    Bonne lecture

     

    François Champelovier

  • Point de vue :

    C’est uniquement mon point de vue que je veux partager avec les lecteurs de "ruedespuces", je revendique sa subjectivité. Je n’ai pas fait d’enquête pour mesurer toutes les données scientifiques ou politiques sur le sujet, je n’en ai pas les moyens, ni le temps ni l’envie et je n’ai pas non plus pris l’avis des acteurs de terrain tout au plus échangé mes impressions avec les rares que j’ai rencontrés.

    La ou le Covid ? Comment nommer cette maladie infectieuse qui est apparue en Chine à l’automne 2019 ? On hésite, on butte sur le masculin ou le féminin même si l’Académie Française a défini la règle et puis on découvre, au fil du temps, tout autant désemparés, que les formes qu’elle développe pour se maintenir se complexifient et nous empêchent d’en venir à bout. 

    Nous avons appris à utiliser les gestes barrières, à vivre confiné, déconfiné, sous couvre- feu, nous avons rétréci ou espacé nos rencontres quitte à prendre le risque pour les personnes les plus fragiles de se laisser glisser lentement vers un isolement total. La maladie, elle, s’installe pour durer.

    Aujourd’hui il y a l’espoir que nous apporte la vaccination. La quantité de vaccins est encore insuffisante pour vacciner tout le monde c’est une foire d’empoigne, il y a une balance inégale entre les pays riches et les pays pauvres, il y a les laboratoires qui veulent un retour sur investissement même si les états ont financé ces investissements et tout ça se traduit par un embrouillamini qui nous fait nous sentir comme un bouchon sur l’eau ballotté par les vagues.

    Alors si je mets le focus sur mon village je me dis que des professionnels de santé se sont préoccupés de leurs patients : ils ont organisé des séances de vaccination publiques dans le village ou dans leur cabinet selon la réglementation en vigueur et cela malgré toutes les difficultés qui se sont greffées pour retarder la vaccination ou mettre le doute dans l’opinion.vaccination.jpg 

    Si je compare avec des amis qui vivent en ville et qui n’ont pas la chance de trouver un service médical de proximité je me dis aussi que la morale de l’histoire c’est que croire à ce que l’on fait, faire un travail de terrain de là où on se trouve être convaincu de son utilité et se retrousser les manches avec les autres acteurs de terrains médicaux, politiques ou autres est un moteur incontournable pour avancer, se sentir exister et faire vivre son territoire. 

    Andrée Romeas.

  • Qui a inventé le tourisme ?

    On peut encore une fois citer Marc Boyer : « Il [le tourisme] a été inventé ainsi que ses formes, lieux et saisons…. La première invention décisive a été ce que l’on appelle « The tour » qui a donné lieu aux mots « touriste » et « tourisme ». « The tour » était le voyage éducatif fait par de jeunes gens riches, notamment des Britanniques, principalement à Rome et dans les grands sites italiens pour parfaire leur éducation ».

     

    Ce Tour a ensuite été réalisé par des adultes, toujours à des fins culturelles et « l’avoir fait » devenait une distinction dans l’élite aristocratique britannique. La mode aidant, de cures d’air en cures d’eau, l’aristocratie française, après la britannique, et le milieu culturel se sont déplacés pour faire une excursion, voir un paysage, réaliser quelque chose d’exceptionnel ou tout simplement partir. La montagne n’étant plus considérée comme un lieu repoussant commence à devenir, pendant la fin du XIX° siècle, quelque chose à découvrir. Le romantisme, du début de ce siècle, entraine vers plus d’exotisme, de redécouverte de la nature et de voyage.

     

    Certains auteurs vont même plus loin, tel Albin Mazon qui écrivait dans la revue du Vivarais de septembre 1896 : « Aujourd'hui, le grand intérêt de Bourlatier concerne spécialement les touristes, parce que ce lieu marque, sur la route de Mézilhac au Béage, le point de départ du chemin de Bonnefoy et des Estables, qui est le plus élevé de France, et sur lequel s'établira certainement tôt ou tard, un Sanatorium, c 'est-à-dire une de ces Stations d'air, dont nous avons eu le tort jusqu’ici de laisser le monopole à la Suisse et à l'Allemagne ». Quelques années plus tard, en 1907, une certaine méfiance vis à vis des stations balnéaires allemandes et la Suisse, enviée par son dynamisme touristique, s’est développée.

     

    En 1859, George Sand visitait le Velay et avait souhaité se rendre au sommet du mont Mézenc pour voir le lever du soleil (un classique local depuis longtemps). Dans un article des Cahiers du Mézenc, Sylviane Saugues la cite : « Pourquoi voyager quand on n’y est pas forcé ? C’est qu’il ne s’agit pas tant de voyager que de partir ». Mais George Sand était-elle une touriste ordinaire ?

     

    En 1879, c’est un autre touriste, écossais cette fois, qui débarque en France avec une envie de partir, lui aussi, et de marcher sur les traces de George Sand : Robert Louis Stevenson…. La publication de son récit de voyage dans les Cévennes a été un succès qui préside encore à la découverte de « son chemin » sur le GR 70. C’est actuellement une belle affaire touristique.

     

    La montagne attire de plus en plus et on assiste à la création de clubs pour la découverte des massifs montagneux. Et cela commence, encore une fois, outre manche avec l’« Alpine Club » créé en 1857 et présenté comme « un club très élitiste défenseur de la conception « aventureuse et gratuite » de l’approche de la montagne ». A la suite de la création du Club Alpin Français, en 1874, de nombreuses sections locales voient le jour.

    invention tourisme 2.jpg

     

    En 1881, la section de Vals et Cévennes du Club alpin Français organise une excursion au mont Mézenc et dans les environs, avec un départ de Vals et un autre d’Annonay. Une aventure savamment préparée, chronométrée et annoncée dans la presse. Par exemple dans Le Journal d’Annonay du 18 juin 1881 : « Deux caravanes se dirigeront vers ce point, par deux voies différentes. L'une partira d'Annonay et suivra la vallée de la Vocance et sa direction vers le plateau central. L'autre partira de Vals et, gagnera ce même plateau par la vallée de la Volane ou par celle de la Fontaulière et de la Loire ». S’il est question de « plateau central », une expression des géologues de l’époque, c’est que le mot « Massif Central » n’avait pas encore été inventé.

    Légende gravures

    Extrait d’une carte postale des éditions Berthéas de Tence. Le Mont Mézenc. Pic du Sud-Est (altitude 1754 m). On remarque quelques touristes ou excursionnistes un peu perdus dans un chier….


    La famille Fenouillard, des touristes de la fin du XIX° siècle, lors de leur premier voyage. « C’est pas tout ça ! mais nous devenons de vrais mollusques ! J’entends que, dès demain, nous partions en voyage ! » s’était exclamée madame Fenouillard, la veille du départ. La famille Fenouillard, Christophe (Georges Colomb) édité en 1893.

     

    A suivre, pour plus de détails sur cette excursion…