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ruedespuces - Page 272

  • Quel progrès ?

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    Paraît qu'on ne l'arrête pas, le progrès. Sauf que, faudrait peut-être faire une pause, faudrait peut-être réfléchir à ce qu'est le progrès.

    Le dictionnaire dit que le progrès c'est : « Ce qui marque une étape dans le sens d'une amélioration. » Si on entend par là une amélioration de la façon dont on vit, si on mesure le PIB ( le Produit Intérieur du Bonheur), peut-être que l'on peut se poser des questions. Peut-être faudrait-il aussi définir le sens de notre existence.

    Depuis que les gens, pour trouver du travail s'amoncellent dans les villes en désertant les campagnes pour se vautrer dans la pollution et le bruit, se confronter à la criminalité, passer son temps dans les embouteillages ou bouffer au mac-do, on peut douter que ceci marque une étape dans le sens d'une amélioration de la qualité de vie.

    Mais, même dans nos campagnes, dans nos villages, qu'ils soient au font de la vallée de l'Eyrieux ou sur les pentes du Mézenc, le progrès a frappé fort. On va être bientôt équipé du haut débit et même de la 5G. On nous dit que c'est une chance, que les jeunes pourront rester au pays et que d'autres viendront s'installer car ils pourront travailler à distance. C'est sûr, les jeunes vont se précipiter pour venir s'installer dans nos villages. Il n'y aura plus de médecin et des hôpitaux à deux heures de route, plus de bureau de poste, plus de services public sans parler des actions culturelles disparues pour cause de subventions réduites ou supprimées. Mais il y aura le haut débit ! On me souffle à l'oreille : « Le très haut débit, c'est ce que demandent les Ardéchois en premier ! Et puis on pourra fermer les volets, allumer le chauffage, commander le frigidaire à distance... » C'est merveilleux, ça fait rêver.

    Alors que nous sommes relativement préservés de la pollution et autres désavantages des grandes agglomérations, alors que nous avons encore la chance de bénéficier du « vivre ensemble » d'avoir la nature sur le pas de la porte, d'avoir le temps de prendre le temps, tout est fait pour continuer à favoriser la désertification des campagnes. Ah oui, pardon, le haut débit va nous sauver.

    Même aussi dans notre vie de tous les jours le « progrès » nous est imposé. Depuis peu, par exemple, chacun de nous a un numéro devant sa porte. Avant ce progrès là, il nous arrivait de recevoir du courrier dont l'adresse comportait seulement notre nom suivi de Saint-Martin-de-valamas. A présent, alors que le facteur connaît tout le monde, si le numéro de notre maison n'est pas indiqué il ne sait plus trouver notre boite aux lettres. Je sais bien que le facteur n'y est pour rien, il est gentil notre facteur, mais il a des instructions notre facteur ou bien il y a quelqu'un, ou une machine, un robot quelque part dans un centre de tri postal qui est chargé de retirer du circuit les courriers dont il manque le numéro. De la même façon que les villes sont déshumanisées on veut faire la même chose avec les villages où demeurent encore un reste de convivialité.

    Pourtant, ce qui devrait être un progrès, c'est bien la convivialité, c'est l'entre-aide, c'est la solidarité, c'est le bien vivre.

    Ceci dit, je ne suis pas contre le haut débit, ni contre internet, ni contre le progrès quand il est au service du mieux vivre. Mais, si l'on veut vraiment promouvoir le télé-travail, au lieu de tout concentrer dans les métropoles ingérables et sources d'énormes dépenses il serait certainement plus utile socialement de penser intelligemment l'aménagement du territoire.

     

    Un retraité heureux mais grincheux

  • Billet positif

    Envoie moi un texte positif, qu'il me dit ! Simple...

    Alors j'ai cherché, j'ai cherché ou est le positif autour de nous ? Mais bien sûr j'ai trouvé, pas besoin de chercher bien loin. C'est sous mes yeux, jour de marché à Saint-Martin-de Valamas. Ces petits vieux, résidents de la Cerreno, autour de moi, qui me sourient et à qui je souris et qui semblent si heureux avec leurs accompagnatrices. Le voilà, le POSITIF.

    A l'heure où les ephad sont tant critiqués, nous avons la chance d'avoir la Cerreno et surtout la présence d'animatrices et animateurs formidables ! Grâce à eux, les anciens peuvent participer à la vie du village. Pourtant, combien il leur faut de temps pour descendre de leur véhicule et y remonter, combien de temps pour se déplacer jusqu'à la Glycine, s'asseoir, se lever. Quelle patience de la part de ces animatrices.

    Ces résidents, je les ai souvent vu à la bibliothèque, au cinéma à la salle du pont, au festival de musique, au bal itinérant et, même au marché au Cheylard !

    Bravo à eux pour avoir cette volonté de sortir et d'être plus vivants que certains plus jeunes (désolé, ça c'est négatif).

    Malgré tout, j'ai demandé à mes enfants de ne pas me réserver une place à la Cerreno ! Sauf si mes copains y sont ...

    Régine

  • Les 30 glorieuses


    Ah les 30 glorieuses comme c'était bien !
    On avait tout l'avenir devant nous et un destin tout tracé.
    L'avenir s'annonçait radieux.
    Et au niveau de l'élégance vestimentaire on était au top.
    Vers l'âge de 10 ans on quittait les culottes courtes pour mettre un
    pantalon long que les parents avaient acheté à grand frais à la foire
    du village.
    On remplaçait alors les sandales par des godillots.
    On portait le pantalon et les chaussures jusqu'à ce qu'on soit grands.
    Et après on avait le bleu de travail de l'usine pour les soirs de
    semaine. Les chaussures de sécurité de l'atelier pour se balader et
    les bottes en caoutchouc pour jardiner.
    L'été le maillot de corps bleu marine et l'hiver la canadienne.
    Et pour le week-end on empruntait le costume de son père pour aller au bal.
    On achetait un costume pour son mariage, qu'on ménageait pour le faire
    durer jusqu'à son enterrement.
    Vous avez vu comme c'était mieux avant ?
    Quand je pense que maintenant les jeunes sont contrariés par-ce qu'ils
    n'ont pas les dernières "Nike !"
    Message à mon attention : vas-y vieux con continues avec tes diatribes…
    - Ce que tu nous racontes c'est pas vrai et ça n'a jamais existé !
    message à mes contemporains !
    venez à mon secours et dites leur si c'est vrai ou si c'est faux.


    Dans la série "c'était mieux avant"
    La vie des jeunes pendant les 30 glorieuses -
    C'était une époque où on n'embêtait pas les enfants en leur posant des
    questions saugrenues dans le genre :
    - Qu'est-ce que tu en penses ?
    - Ça t' as plu ?
    - Tu as envie de quelque chose ?
    - Qu'est-ce qui te ferait plaisir ?
    - Tu as une idée ?
    - Tu es d'accord ?
    Et on ne leur posait pas de questions.
    Et on ne les autorisait pas à parler à table ni ne leur permettait de
    couper la parole aux adultes, ni même de dire quelque chose.
    Ils pouvaient rester tranquilles en mangeant leur soupe au vermicelle
    en attendant que le repas se termine.
    Et on ne leur demandait pas s'ils avaient des projets, ce qu'ils
    avaient envie de faire dans la vie (j'allais dire "de leur vie", mais
    ceci est une notion d'accomplissement personnel assez récente, on n'en
    était qu'à des considérations matérielles et pécuniaires d'existence)
    ni ne prenaient en compte leurs états d'âme et leurs aspirations. Et
    on ne tournait pas autour du pot (sauf pour les apprentis en mécanique
    automobile) ni ne coupait les cheveux en quatre (sauf pour les
    apprentis coiffeurs).
    A cette époque concernant les enfants on ne parlait pas d'hyper
    actifs, de sur-doués, de sous-doués, d'autistes, d'artistes, dans la
    mesure où ils étaient un quart monde invisible pour les adultes.
    Mais leur futur était radieux et tout tracé, bien balisé, la voie royale ;
    Il n'y avait pas à se poser de questions sur leur avenir, il était
    obligé, impérieux,  immuable et coulé dans le bronze. Sur l'échiquier
    de la société la case de leur vie future était en place et il fallait
    y rentrer et la remplir.
    La prédestination professionnelle s'établissait suivant la situation
    sociale des familles.
    Si leur père possédait une entreprise - ils viendraient à la fin de
    leurs études y travailler, ils la reprendraient par la suite
    - Si leur père exerçait une profession libérale - ils allaient faire
    un cursus universitaire pour en reprendre la charge.
    - Si leur père était agriculteur, ils manqueraient l'école au moment
    des moissons pour pouvoir aider à la ferme.
    - Si leur père était artisan, on les mettraient en apprentissage à 14
    ans pour qu'ils apprennent le métier.
    - Si leur père était ouvrier, ils seraient embauchés  à l'usine au
    même âge. pour qu'ils ramènent la paie à la maison.
    Si leur père était militaire, l'engagement était une obligation.
    Si leur père était mineur de fonds, ils allaient descendre dans le
    puits de mine s'encrasser les poumons.
    Si c'était des fortes têtes, pour les calmer on les engageraient dans l'armée.
    S'ils avaient volé des pommes dans le champ du voisin, c'était la
    maison de redressement.
    Ainsi Jacques Brel allait reprendre à Bruxelles l'entreprise de
    cartonnage familial.
    Raymond Kopa descendre extraire le charbon au fonds de la mine.
    Aimé Jacquet travailler à l'usine comme tourneur fraiseur.
    Alain Delon faire un apprentissage de charcuterie. (tout ça c'est vrai)
    Alors les jeunes de maintenant, c'était pas bien les trente glorieuses ?
    Je crois que vous avez pu mesurer comme c'était mieux avant.
    NB : J'ai un peu forcé le trait sur le misérabilisme de cette époque,
    on a l'impression que je parle de Germinal, mais même si vous ne le
    direz pas, je suis sûr que ça vous a fait penser à des gens que vous
    avez connu : vos parents ? vos grands parents ? vous mêmes ?
    Et puis je n'ai pas parlé des formidables possibilités d'études pour
    les boursiers de cette époque grâce à des enseignants d'une très
    grande valeur. Encore fallait-il que la situation financière des
    parents puisse permettre aux jeunes de mettre le pied à ce premier
    échelon.

    Georges Verat

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