Jean-Pierre Abrial fut maire de Saint-Martin-de-Valamas de 1821 à 1830. Il habitait au Château Lavis. Dans un cahier de Marie Norcen on trouve le relevé d'un récit de son fils Joseph Louis Abrial qui fut juge de paix à Saint-Martin en 1856 et conseiller général de 1858 à 1874
Voici un passage de ce récit où il parle de la construction des routes dans le canton de St. Martin.
" Je suis né le 20 novembre 1814, j'eus une jeunesse très heureuse avec mes frères Léopold et Arsène, nous fîmes nos études au collège d'Annonay, où je crois, tous les membres de la famille avaient été élevés en souvenir de notre pays d'origine. En …. je fis mon droit à Paris (mon père l'avait fait à Grenoble) et dès que j'eus trente ans -Age requis- je fus nommé juge de paix en remplacement de mon père, malade, lui même avait remplacé son grand père. Mon grand père exerça, depuis 1790, époque de la création des justices de paix, jusqu'en 1825, et mon père de 1825 à 1845, époque où je fus nommé à mon tour. (…) Mon grand père, mon père et moi avons occupé pendant 87 ans la justice de paix du canton de Saint-Martin-de-Valamas, dans notre pays, car nous n'aurions pas accepté cette trop modeste position ailleurs. (…) J'ai été nommé en juin 1850, et conseiller général en juin 1858 par Gambetta qui révoqua tous les conseillers généraux. Je fus réélu en 1871 pour 6 ans.. Mais en 1873, ayant été nommé juge de paix, pour cause d'incompatibilité je donnais ma démission et Mr. Morin-Latour fut nommé, je remplaçais mon père qui avait siégé au conseil général depuis 1852. Mr. Chaillan le remplaça, puis mon père s'étant représenté à cette époque, fut élu et siégea jusqu'à sa mort survenue le 28 décembre 1851. Je le remplaçais.
Notre canton n'avait point de routes, mon père à grand peine avait obtenu le classement d'une route sur Fay, mais durant le temps où je siégeais au conseil général je vis terminer la route du Cheylard. (…) Durant le temps où j'ai siégé au conseil général j'ai fait établir de Saint-Martin à Saint-Martial, fait commencer la route sur ….. à la bifurcation avec la route forestière. J'ai fait classer la route de Saint-Martial aux forêts comme route forestière puis avec embranchement sur Saint-Martial et un peu plus tard sur Borée. J'obtins, par un excellent ami, Mr. lenoir, premier commis aux contributions directes à Nimes une somme de 95000 francs de Mr. Le conservateur des forêts de Nimes, alors que l'Ardèche dépendait de cette conservation. L'embranchement sur Borée fut doublement son œuvre, car on n'avait jamais pensé à suivre le tracé actuel, on avait essayé à travers les sables au dessus de Molines, dépensé environ 20000 francs, mais les sables de Gerlac, chaque année comblaient la route. Me trouvant un jour à Borée, soit à Prévenchère il me parut évident que le tracé devait suivre la vallée de l'Eysse jusqu'à Prévenchère et de là à Borée. J'en informait l'agent …. chef qui vérifia les lieux, fit une étude et dès lors la route classée commença à s'édifier, mais ce fut Mr. Morin qui la fit continuer car j'avais donné ma démission à cette époque. J'ai fait commencer la route sur Lachapelle quoi que non classée encore, fait ouvrir la petite route de Lachapelle sur Saint-Clément. (…) Avant de me retirer du conseil je fis classer par la commission des routes, une route sur Saint-Jean-Roure et une autre de Borée à Fay-le-Froid. La route de Saint-Martin à la Rochette fut classée plus tard. N'ayant pu l'obtenir à côté de celle de Saint-Martial, néanmoins je la fis ouvrir entre Saint-Martin et la Maurelle, et depuis mon départ, quoi que classée elle a été pour ainsi dire oubliée."
La suite au prochain numéro
François