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ruedespuces - Page 2

  • Le 14 juillet, décorations et remises de diplômes.

    Le Dauphiné n'étant pas très magnanime concernant les délais de publication, et ne tenant pas du fait que le 14 juillet certains de leurs correspondants locaux travaillent ( alors qu'ils étaient prévenus que l'article serait envoyé avec un brin de retard ) ... cela dit il y a plus grave dans la vie et on commence à s'y faire !

    Je vous partage donc ici celui du 14 juillet qui n'est donc pas paru ! 

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    " Mardi 14 juillet a eu lieu sur la place du village la traditionnelle cérémonie de remise des diplômes et décoration pour les Sapeurs Pompiers Saint-Martinois, avant de présenter aux habitants leurs véhicules et matériel.

    Cette cérémonie s’est déroulée en effectifs réduits, car une partie des pompiers étaient sur le terrain pour lutter contre un incendie de grange dans un village voisin. Philippe Reynaud (chef de centre) a fait un bilan de ces 6 mois en notant que 180 interventions avaient déjà été effectuées depuis le début de l’année, et que l’été s’annonce compliqué si les conditions climatiques ne s’améliorent pas. Il a également appelé la population à faire preuve de la plus grande vigilance afin de ne pas engendrer d’incendies ou d’interventions qui pourraient être évités, les Sapeurs Pompiers étant actuellement très sollicités pour des feux et des interventions réalisés en collaboration avec les centres de secours voisins.

    Le nouveau camion réceptionné il y a un mois a pu être découvert par les Saint-Martinois, ce camion adapté pour les feux de forêts et les feux urbains remplace les deux précédents camions qui équipaient le centre de secours de Saint-Martin.

    La cérémonie de remise des galons et décorations a été faite par le Lieutenant Philippe Reynaud accompagné par Jean-Luc Plantier 1er adjoint au maire :

    > Gaillard Mickael a été nommé sergent
    > Aymard Adrien (en intervention lors de la remise) a été nommé sapeur 1ère classe
    > Chanal Nathan a été nommé caporal


    Le centre de secours Saint-Martinois a également reçu une citation décernée par le SDIS 07 suite à sa mobilisation durant les inondations d’octobre 2024, la lecture de cette dite citation a été faite et chaque Sapeur mobilisé lors de cet épisode Cévenol d’importance majeure a reçu cette citation. Pour rappel, les 16 et 17 octobre 2024 localement 700mm de pluie sont tombés engendrant plus de 50 interventions et la mise en sécurité de près de 500 personnes, le tout dans des conditions difficiles. " 

     

    Marie-Noëlle 

  • Le Vatel de St-Martin.

           C’est après la publication de l’article « Un artiste peintre se mariait à St-Martin en 1908 ? » (Ruedespuces n°82) qui évoquait une partie de l’histoire de l’hôtelier Joseph Boyer, que j’ai trouvé un article qui le compare à François Vatel. Ce célèbre intendant, restaurateur et maître d'hôtel au service des « grands » du 17ème siècle, se serait suicidé parce qu’une commande de poisson n'était pas arrivée à l'heure.

            C’est à l’occasion du conseil de révision de mai 1901 qu’un nouveau correspondant de presse pour l’hebdomadaire Le Journal de Tournon a proposé un article long d’une demi-page de journal environ pour couvrir cet événement annuel. L’article signé Jean du Mézenc était très dithyrambique envers les républicains et contrastait, bien sûr, avec celui paru dans La Croix de l’Ardèche aussi hebdomadaire.

           Ancien journal d’annonces et d’avis divers, Le Journal de Tournon était devenu politique, fortement républicain et démocrate, avec l'avènement de la 3ème République (Voir la presse aux AD07). Le combat politique local de cette période passait par les articles de ces deux parutions ; La Croix de l’Ardèche était un journal catholique et conservateur de droite.

           L’article affirmait : « le repas a eu lieu dans une salle spacieuse et très éclairée a été parfaitement servi par M. Boyer, le Vatel de St-Martin, et les 75 convives du banquet ont fait honneur aux plats excellents qui ont circulé… ». Le maître d’hôtel Boyer était donc réputé, mais surement pas au point d’être l’égal de Vatel, et peut-être républicain, ou bon commerçant.

     

    Des occasions pour banqueter

           La 3ème République avait remis à l’honneur les banquets qui étaient moins prisés et moins nombreux pendant le second empire. Il y avait de nombreuses occasions :

    - les fêtes d’écoles laïques avec ses remises des prix ; présidées par un homme politique, un notable et l’inspecteur d’académie ;

    - les conseils de révision en présence du préfet, des membres du comité républicain cantonal et d’administratifs de la préfecture, en corrélation avec les « classes » fêtées par des réjouissances… ;

    - les anniversaires de la République, les 14 Juillet et les fêtes démocratiques organisées par le comité républicain cantonal ou de la mutualité (des ouvriers de Murat) ;

    - la sainte Barbe des pompiers ;

    - les campagnes électorales….

     

           Chacune d’entre-elles était l’occasion d’un discours politique, que se soit au plan national, international ou local (non n’avons pas encore trouvé de photos de banquet à St-Martin ou dans son canton).

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           Quelques banquets croqués par les artistes de la publication Le Petit Journal. De gauche à droite : en juin 1900, banquet lors d’une rencontre de l’extrême droite avec Paul Déroulède exilé en Espagne ; avril 1903, un banquet « mouvementé »pendant la tournée de M. Pelletan, commandant de la marine de France ; juin 1908, réception du président de la République à Londres ; décembre 1908, le banquet des pompiers pour la sainte Barbe.

    (Source : BnF, Gallica).

     

    Quelques banquets à St-Martin sur une décennie

    (Sources : Le Journal de Tournon ; tous les banquets n’ont pas donné lieu à des articles.)

     

    - 20 août 1898, distribution des prix (écoles laïques) présidée par Doize juge de paix.
    A midi, un banquet était de soixante couverts. « Le menu, servi par l’hôtel Boyer, était parfait. »

     - 13 août 1899, distribution des prix présidée par M. Marc Sauzet, député.
    Un banquet était servi par l’hôtel Boyer.

     - 18 août 1900, distribution des prix présidée par M. Fougeirol sénateur.
    Un banquet a été servi à l’hôtel Boyer.

     - Mai 1901, conseil de révision en présence du préfet, du sous-préfet, du juge de paix.
    Le repas « a eu lieu dans une salle spacieuse et très éclairée a été parfaitement servi par M. Boyer, le Vatel de St-Martin, et les 75 convives du banquet ont fait honneur aux plats excellents qui ont circulé, et parmi lesquels figurait un magnifique agneau qui a été présenté tout entier ».

     Juin 1902, conseil de révision.
    Le comité républicain de Saint-Martin-de-Valamas a offert un banquet à M. Belleudy, préfet de l’Ardèche. Cinquante convives assistaient à ce banquet démocratique. Restaurateur non cité.

     Début juillet 1903, fête de solidarité républicaine. Le sénateur Boissy d’Anglas qui devait la présider était absent.
    Un banquet de 250 couverts servi par M. Boyer, maître d’hôtel, a eu lieu « sous les tilleuls du parc de la maison Murat ».

     10 septembre 1904, anniversaire de la proclamation de la troisième République, présidé par M. Augagneur, « l’éminent maire de Lyon ».
    Un banquet populaire réunissant 500 démocrates sous une tente dressée dans un terrain attenant à la gare a été très bien servi par M. Degrand, cafetier (hôtel de La Gare).

     23 mars 1906, campagne électorale de Gorges Murat à St-Martin coïncidant avec un conseil de révision en présence du préfet.
    Georges Murat a présidé le banquet qui réunissait de nombreux membres du Comité du canton à l’hôtel Boyer.

     12 mai 1907, fête annuelle des mutualistes.
    A midi, un banquet a eu lieu « sous le préau de l’école de filles, mis gracieusement à la disposition des organisateurs par M. le préfet ». Le repas a été « très bien servi par M. Martin Mayaud, maître d’hôtel ».

     1908, conseil de révision en présence du préfet, sous-préfet et d’un ancien député.
    « A midi, un banquet populaire réunissait sous le vaste préau de la maison d’école 125 convives de Saint-Martin-de-Valamas et des communes environnantes ». Restaurateur non cité.

     

    De Saint-Martin-de-Valamas à la Chambre des députés

     

           Un banquet a soulevé certaines critiques pour des faits qui se renouvelaient.

            On lit dans l’article sur le conseil de révision de 1901 l’affirmation surprenante : « Tous les fonctionnaires, massés devant la maison d’école, attendaient la venue du premier magistrat du département auquel notre population a fait un accueil des plus empressés ».

           Cette action s’est renouvelée le 23 mars 1906 lors de la venue de Georges Murat à St-Martin et cela n’a pas plu à son adversaire Gailhard-Bancel. Celui-ci a évoqué cette affaire à la Chambre des députés en lisant l’entrefilet d’un journal : « Pour permettre aux facteurs d'assister à ce banquet, on a dû supprimer, ce jour-là, la distribution essentielle et principale des lettres qui a lieu à midi » ; puis celle d’un certificat qui établissait que « la distribution des lettres n'avait eu lieu qu'à cinq heures ce jour-là ! ».

           Ce n’était pas le seul problème politique saint-martinois lié à l’élection législative de 1906 et évoqué à la chambre. C’est Gailhard-Bancel qui a été élu pour une seconde fois (52,8% ; groupe action libérale).

           Les résultats pour le canton de St-Martin : Murat 632 voix ; Gailhard Bancel : 2 376 voix.

     

    Jean Claude R

     

     

  • Message personnel pour nos amis Ardéchois.

           Au moment d’un débroussaillage de nos jardins situés sous la rue du Garail à Saint-Martin-de-Valamas, une pierre très spéciale nous est apparue, incrustée dans le mur de soutènement d’une de nos «chambas». Nous ne l’avions jamais vue. Bizarre !

    C’est en fait une sculpture en relief avec une inscription. Les lettres que nous pensons déchiffrer ici : IHS.

    pierre.jpeg


           Pour trouver la signification de ce monogramme et son sens nous avons fait des recherches
    sur internet et nous avons découvert la chose suivante :
    Ces lettres entrelacées «IHS» c’est le monogramme du mot «christ» en alphabet grec, les 3
    premières lettres du nom «Jésus».
    Le fait qu’il soit encadré comme un petit blason dans un mur de pierre c’est typique des
    villages ardéchois.


    Voici une explication historique que nous avons trouvée au cours de nos recherches pour
    expliquer que ce monogramme soit inséré dans un mur :


    1) Très courant sur les maisons, granges et puits en Ardèche et dans les villages catholiques.
    C’était un signe de protection, ça protégeait la maison et ses habitants.


    2) Ce pouvait être une marque de propriété religieuse qui pouvait indiquer une maison appartenant à l’église, à un curé ou à la congrégation de Marie-Rivier. Les sœurs de cette confrérie le mettaient souvent en symbole.


    3) C’était un simple témoignage de foi des habitants du 18 ème et 19 ème siècle. Une marque de
    dévotion.

           Est-ce que vous mêmes connaissez sur la commune de Saint-Martin-de-Valamas ou dans les
    villages alentour d’autres exemples de ces pierres sculptées dans vos jardins ou sur les murs
    de vos maisons ?

           Dans le cadre de nos recherches sur les «chambas» nous avons trouvé un livre de l’historien
    et géographe Jean-François Blanc qui parle des «chambas» ces cultures en terrasse de l’Ardèche.


    DEUX PAYSAGES EN TERRASSES DE L'ARDÈCHE par Jean-François Blanc, en voici un extrait (nous avons volontairement laissé les noms mal orthographiés) :


    Dans deux régions ardéchoises géologiquement différentes, pour vaincre la pente, handicap
    aux activités agricoles, les paysans ont construit des terrasses de cultures. Sur le Gras de Chomérac les versants viticoles ont été abandonnés depuis la crise phylloxérique des années 1870. Dans les Boutières, l'agriculture en terrasses agonise depuis la Deuxième Guerre mondiale. Les paysages construits, pour être sauvés, auraient besoin d'être insérés à part entière dans une nouvelle politique d'aménagement des espaces pentus.

    TERRASSES BOUTIERES.jpg

           Sur les versants calcaires des Gras comme sur les pentes granitiques des Boutières, les paysans
    ardéchois construisirent des réseaux de terrasses cultivables. La lithologie et la morphologie de ces versants donnèrent à chacun de ces paysages identité et originalité. Mais ici ou là, la terrasse a le même rôle car ce sont des «champs construits par les hommes pour décomposer les pentes trop
    fortes, séparés par des murailles ou des talus. Les terrasses peuvent être parfaitement horizontales
    surtout si elles sont irriguées». En Ardèche elles portent plusieurs noms locaux : échamps, râlais, chambas dans la région du Cheylard, piots dans la basse vallée de l'Erieux, chelets, murettes entre
    Tournon et Serrières, accols, faïsses ou couols en Sud-Vivarais, seillous à Vogue et Villeneuve-de-
    Berg, clos à Antraigues -.

    TERRASSES LE GRAS.jpg

           Comme en Basse-Provence on trouve encore les noms de traversière et de barres dans certaines régions. C'est au prix d'un travail immense que ces hommes ont construit l'indispensable support de leur agriculture : le sol. C'est au prix d'un labeur sans cesse recommencé qu'ils ont entretenu et travaillé ces champs. Pourtant, dès la fin du XIXe siècle, avec la crise du phylloxéra, s'amorçait la fin de cette agriculture.

           Les terrasses viticoles du Gras de Chomérac furent les premières touchées, tandis que dans les Boutières, les premiers symptômes de l'exode rural se firent sentir par l'abandon des terrasses les plus éloignées des habitations. Mais c'est incontestablement après la Deuxième Guerre mondiale que commence la décadence irrémédiable de ces espaces. L'exode vers les villes (comme Valence, Lyon, Saint-Étienne, le Péage-de-Roussillon) continue, s'accentue et saigne l'arrière-pays ardéchois : les premières écoles ferment, rapidement suivies par les commerces, les autres services publics et les industries.

           Ce déclin se poursuit encore aujourd'hui. Une population vieillie, des problèmes fonciers énormes et une agriculture périmée, tout contribue à la marginalisation de ces espaces pentus. Très largement abandonnés ces paysages n'en demeurent pas moins de merveilleux exemples de paysages construits. Riches de leur passé et de leurs traditions, les versants à terrasses sont à la fois héritage et paysages culturels. Aussi est-il urgent de les étudier afin de pouvoir proposer quelques idées pouvant servir de base à l'élaboration d'une politique générale d'aménagement des espaces marginalisés.


    Si vous voulez lire la suite voici le lien :
    https://www.persee.fr/doc/geoca_0035-113x_1981_num_56_4_3961


    M. et G. VERAT