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ruedespuces - Page 106

  • Bureaucratie

    Conversation téléphonique avec une mairie

    - Bonjour monsieur, que puis-je faire pour vous ? 

    -Bonjour madame, je voudrais prendre rendez-vous afin de renouveler ma carte d'identité. J'ai déjà les documents nécessaires : J'ai enregistré ma pré-demande sur le site www.ants.gouv.fr, (ça m'a coûté la journée pour l'obtenir) j'ai un justificatif de domicile et des photos d'identité. En couleur.(ça m'a coûté un bras)

    -Votre carte d'identité n'est plus valable ? (si, mais je ne me trouve pas beau sur la photo)

    -Elle expire dans un mois.

    -Depuis le décret N°2005 1726 la durée de validité de la carte est prolongée de 5 ans, vous ne pouvez donc pas la renouveler.

    -Oui, mais je veux me rendre dans un pays étranger.

    -Cette disposition est valable pour la plupart des pays.

    -Pour la Suède aussi ? (la, je sens que je commence à être emmerdant)

    -Attendez, je vais regarder... Ah non pour la Suède ce n'est pas le cas. Si vous voulez vous rendre dans ce pays après expiration de votre carte, il vous faut en effet faire une demande de renouvellement.

    -Bien, alors donnez moi s'il vous plait un rendez-vous pour faire les démarches. (on va bien finir par y arriver)

    -Oui, mais il faudra vous munir d'un justificatif prouvant que vous voulez vous rendre en Suède, par exemple une réservation dans un hôtel ou d'un billet d'avion ou de train. (??????)

    -Mais, j'y vais par mes propres moyens, je ne réserve rien, je vais rendre visite à des amis, Je ne vais quand même pas leur demander une attestation !

    -On ne peut faire la demande que dans les conditions que je vous ai décrite ou en cas de perte de votre carte d'identité.

    -Dans ce cas, je pense qu'il est préférable que je la perde. (Je vais d'ailleurs de ce pas commencer à la chercher. Si vous l'avez trouvé, surtout ne me la rendez pas)

    -Oui, depuis que la validité des cartes a été prolongée de 5 ans c'est un peu compliqué. En tout cas, si vous déclarez votre carte perdue vous risquez gros si on la retrouve !

     

    Pour résumer : Pour me rendre en Suède il me faut une carte d'identité valable. Pour obtenir cette carte d'identité expliquer que je veux me rendre dans ce pays ne suffit pas, je dois prouver que je vais bien y aller ! Quel est le, la ou les personne(s) qui, derrière un bureau a (ont) inventé une telle règle ?

    François Champelovier

  • Philosophie

    Ce matin le maître a apporté un gros bocal de cornichons, vide, il le pose sur son bureau, prendcornichons.jpg un sac contenant des cailloux et les verse dans le bocal, une fois qu'il l'a rempli il demande aux élèves : « est-il plein ? Puis-je le remplir davantage ? » « Non » bien sûr est la réponse générale. Alors le maître sort un autre sac contenant des petites pierres qu'il verse dans le bocal, celles ci se fraient un chemin à travers les cailloux « Bon » dit le maître « maintenant il est vraiment plein », l'assistance est d'accord. Mais le maître a encore un sac avec du sable qui trouve également sa place dans le bocal.

    « Voilà » dit le maître « ce bocal, c'est la vie, les cailloux représentent les choses importantes : La santé, l'amitié, l'amour … Les petites pierres, les choses moins importantes : les ennuis financiers, la déception de ne pas avoir réussi à un examen par exemple et les grains de sable, se sont tous les petits emmerdements quotidiens : la casse d'un objet, le bruit que font les voisins, le mauvais temps, une histoire de carte d'identité etc...  Si vous commencez à remplir le bocal avec le sable, vous ne pouvez plus mettre les petites pierres ni les cailloux. Ainsi, dans la vie, si vous vous laissez envahir par vos petits problèmes vous n'avez plus de place pour vous occuper des choses importantes. »

    Alors, un élève vient vers le maître avec une bouteille de pastis qu'il verse dans le bocal . « comme quoi » dit-il « dans la vie il y a  encore toujours la place pour l'apéro ! »

    François Champelovier

  • 1945-1965 : Partir en vacances dans les Boutières

     De nos jours, partir en vacances en été est devenu d'une affligeante banalité (et même en hiver, ski oblige), à tel point que ceux qui ne partent pas (soit qu'ils ne le peuvent pas, soit qu'il ne le veulent pas) apparaissent comme des dinosaures. Pourtant, ce phénomène de migrations vacancières massives n'est pas si ancien que cela. Il suffit de remonter quelques soixante ans en arrière pour s'en rendre compte.

     

     Dans les années d'après-guerre, il fallut d'abord songer à reconstruire, à retrouver des conditions de vie acceptables: inutile de dire que cela n'incitait guère aux loisirs et ne permettait pas de s'offrir des vacances coûteuses. De plus, la durée des congés payés n'excédait pas trois semaines: de quoi se reposer, certes, mais pas d'entreprendre de longs voyages sous le soleil des tropiques, surtout eu égard aux moyens de déplacement d'alors: l'automobile était encore rare, les transports en commun (train , autocar) encore lents et pas toujours très confortables. D'autre part, dans les Boutières, région autrefois largement paysanne, l'activité agricole ne permettait pas des absences prolongées. Si l'on ajoute à cela que la guerre d'Algérie pesait sur le moral des Français (et des Boutiérots par la même occasion), on comprendra que notre région ne fut pas particulièrement pionnière en matière de temps de vacances et de voyages.

     

     Pourtant, il serait erroné de penser que durant son temps libre, la population des Boutières ne s'échappait jamais de son cadre de vie habituel. Tout d'abord, on pouvait aller prendre l'air chez des parents ou des amis, ne serait-ce que quelques jours, pour peu que ceux-ci ne soient pas trop éloignés, et l'accès en train ou autocar pas trop difficile. Mais on pouvait voyager plus loin, si l'on disposait , comme les plus fortunés commençaient à le faire, dès le milieu des années cinquante, d'une automobile. La mer (la Méditerranée, cela va de soi) était alors la destination privilégiée des Boutiérots; elle n'était pas si éloignée: en un peu plus des trois heures de route, on atteignait la côte languedocienne. Et d'ailleurs , innombrables furent les Ardéchois à avoir vu la mer pour la première fois au Grau-du-Roi, le grau du roi.jpgdestination très fréquentée par les classes populaires.

     

     Les enfants n'étaient d'ailleurs pas exclus de ces séjours hors des Boutières. En effet, à cette époque, existaient en nombre les colonies de vacances, celles-là mêmes que chantait Pierre Perret en 1968 qui permirent à beaucoup d'enfants des classes populaires de voir d'autres horizons (la mer surtout) et de faire l'expérience de la vie en collectivité. Ce n'était pas si mal -quoi qu'on en ait dit, et l'oubli dans lequel elles sont tombées paraît assez injustifié, au vu des services qu'elles ont rendus à l'époque. (1). Seules les vacances d'hiver n'étaient pas encore accessibles à tous et réservées à une tranche de la population aux moyens financiers conséquents, de même que les voyages en avion et à l'étranger, hors de portée de la grande masse de la population de l'époque.

     

     Les vacances des Boutiérots apparaissent donc assez différentes à 60 ans de distance, mais celles d'aujourd'hui ne sont pourtant souvent qu'une extension de celles d'hier.

     

    1. Si les enfants Boutiérots allaient à la mer, d'autres, en revanche, venaient à la montagne, dans la région: les colonies de vacances étaient alors nombreuses dans les villages des Boutières (Saint Martin en faisait partie), lors des vacances d'été pour les enfants des villes ou du littoral, amenant ainsi son cortège d'animation .



                                                               Gilbert Verdier