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ruedespuces - Page 136

  • Editorial

    Comme les feuilles mortes, les ceps, les girolles se ramassent parait-il à la pelle. Les branches des châtaigniers tombent sous le poids de leurs fruits. Les gilets oranges et les 4X4 des chasseurs fleurissent sur le bord des routes. Des coups de feu et des aboiements de chiens raisonnent dans le lointain. De la cuisine des voisins s'échappent des fumets de ragoût de sanglier qui réduisent à zéro les velléités de végétarisme. Les derniers insectes butinent les roses qui ont réussi à subsister. Les raisins de la treille tombent sur la terrasse, ils ne feront pas de centenaire. Les chauffages sont allumés. Les hirondelles nous ont quitté. Les allocations chômage baissent, les prix de l'essence et du pain montent. Les cloches de l'église continuent à égrener les heures qui passent. A part les masques dans les magasins tout semble donc normal en ce mois d'octobre qui, malgré tout, comme aurait dit Pierre Desproges, ne passera pas l'hiver.

     

    Au coin du feu, sur nos ordinateurs ou nos smartphones, à Saint-Martin et ses environs ou ailleurs, ruedespuces nous propose comme chaque mois une série d'articles :

    Des expressions venues de loin, un rappel des inondations de 1980, une histoire de dos d'ânes, les ressources naturelles de St-Martin, la suite de notre série sur le tourisme autrefois ainsi que la suite du feuilleton. Dans la rubrique "j'ai lu" la présentation d'un livre sur le Chier de Borée.

    Bonne lecture,

    François Champelovier

  • Des expressions venues de loin !

    La civilisation grecque antique imprègne notre langue, souvent par des mots (hydrologie, cosmos, chaos,thermomètre...) mais aussi par des expressions que nous employons couramment, sans toujours connaître leur origine. Dans les lignes qui suivent, voici quelques-unes de ces expressions tirées de la mythologie grecque.

     

     UN TALON D'ACHILLE: de nos jours, désigne le point faible, vulnérable d'un individu, d'une organisation, d'une construction,etc). Provient d'Achille, héros grec de la guerre de Troie, que sa mère Thétys avait trempé dans le Styx (fleuve des enfers) à sa naissance pour le rendre invulnérable. Elle l'avait alors tenu par le talon, seul point resté faible du guerrier. Achille mourut d'une blessure au talon occasionnée par une flèche empoisonnée tirée par Pâris, lors de la guerre de Troie.

     

     LE FIL D'ARIANE:s'emploie pour designer le chemin à suivre pour ne pas se perdre, souvent au sens figuré, pour sortir d'une situation complexe. Ariane, épouse de Thésée, donna à celui-ci un fil qui, déroulé, permit à ce dernier de sortit du labyrinthe du Minotaure.

     

     LE CHEVAL DE TROIE: désigne un moyen, une ruse pour pénétrer chez l'adversaire dans le but de le détruire, sans qu'il s'en doute. Lors du siège de Troie par les grecs, Ulysse inventa un grand cheval de bois empli de soldats. Les Troyens, intrigués et confiants, firent entrer le cheval dans la ville, permettant ainsi aux soldats grecs cachés dans le cheval de s'emparer de la cité.

     

     LE TONNEAU DES DANAÏDES: les 50 filles de Danaos ( les « Danaïdes ») ont toutes tué leur époux au cours d'une même nuit. En châtiment, elles furent condamnées par Zeus à remplir un tonneau sans fond, tâche qui était évidemment sans fin. S'emploie aujourd'hui pour désigner une tâche impossible à effectuer, qui ne peut avoir de fin.

     

     LE ROCHER DE SISYPHE: Sisyphe, roi de Corinthe, était célèbre pour sa ruse et son ingéniosité. Après sa mort, Zeus le condamna à remonter éternellement un rocher sur une montagne, rocher qui redescendait la pente une fois le sommet atteint. Se dit aujourd'hui d'un travail sans fin, dont on ne voit jamais le bout. En ce sens, synonyme de « tonneau des Danaïdes ».

     

     UNE EPEE DE DAMOCLES: le roi Denys l'ancien, pour faire comprendre à son ami Damoclès combien le bonheur des rois est fragile, fit suspendre, au cours d'un repas, au-dessus de la tête de Damoclès, une lourde épée, tenue seulement par un crin de cheval. Aujourd'hui, l'expression est synonyme d'un danger grave qui peut survenir au moindre écart.

     

     LA BOITE DE PANDORE: Pandore fut créée sur l'ordre de Zeus et envoyée à Epiméthée (frère de Prométhée), avec une mystérieuse boîte donnée par Hermès. Pandore, poussée par la curiosité, ouvrit un jour la boîte, d'où s'échappèrent les principaux maux de l'humanité (vieillesse, maladie, guerre, famine, misère, vice, tromperie, passion et orgueil). Seule l'espérance resta dans la boîte que   Zeus ordonna de refermer. Depuis ce jour, ces mots tourmentent les humains. L'expression s'emploie aujourd'hui pour qualifier une action entraînant des conséquences imprévisibles et catastrophiques (« ouvrir la boîte de Pandore »).

     

     LE SUPPLICE DE TANTALE:Tantale, roi de Phrygie, ayant offensé les dieux, fut précipité aux enfers et condamné à endurer un faim et une soif dévorantes et inextinguibles. S'emploie pour designer un désir qui ne peut être assouvi.

     

     UNE VOIX DE STENTOR: Stentor était un héros grec de la guerre de Troie, célèbre pour sa voix puissante. Aujourd'hui, encore , désigne une voix puissante, qui porte loin.

     

     UNE POMME DE DISCORDE: en oubliant de l'inviter aux noces de Thétis et Pelée, les dieux provoquèrent la déesse Eris ( déesse de la discorde et de la folie). Pour se venger, elle envoya une pomme d'or à Pâris (prince troyen) avec ces mots « A la plus belle », engendrant une rivalité entre les déesses Athéna, Héra et Aphrodite. Pâris finit par choisir Aphrodite, au grand dépit des deux autres, et surtout d'Athéna, qui se rangea du côté des Grecs contre Troie. De nos jours , une pomme de discorde est un point de dispute ou de conflit entre des individus ou des groupes.

     

     ETRE DANS LES BRAS DE MORPHEE: aujourd'hui, signifie « dormir ». Morphée était le dieu du sommeil chez les Grecs. A noter que « morphine » vient précisément de Morphée.

     

     TOMBER DE CHARYBDE EN SCYLLA: signifie échapper à un danger pour tomber dans un danger plus grand encore. Charybde était le nom d'un tourbillon marin dans le détroit de Messine, en Sicile. Si on l'évitait , on risquait de heurter le récif de Scylla, tout proche.



                                                                  Gilbert Verdier

  • Les inondations de 1980

    Luc Bourdais a bien voulu transmettre à "ruedespuces" d'anciennes coupures de journaux. Occasion de revenir sur les inondations de 1980 qui ont eu lieu en Ardèche et particulièrement dans la région de Saint-Martin-de-Valamas. Les photos ci-dessous n'étant pas bien lisible, nous reproduisons le texte du Progrès qui fait le bilan de cette catastrophe :

     

    L'Eyrieux et la Saillouse en furie dévastent Saint-Martin-de-valamas et son canton

     

    Incroyable ! Jamais vu ! En quelques heures des pluies diluviennes tombées dans la nuit de samedi à dimanche, Saint-Martin-de-Valamas et son canton ont vécu un cauchemar.

    Maisons inondées et emportées, jardins ravagés, ponts entièrement détruits, véhicules, caravanes et animaux noyés par un torrent de boue, tel est le bilan catastrophique de deux jours de déluge.

     

    La Saillouse, un affluent de l'Eyrieux, dépassant en puissance tout ce que l'on pourrait imaginer, a emporté comme un feu de paille le pont de la chapelle Sous Chanéac et une grande partie de l'ancien moulinage Dufour. Deux voitures et leur garage ainsi que le camion Renault des pompiers de Saint-Martin ont disparu dans les flots déchainés.

    Un peu plus bas, au pont des lièvres, l'eau est passée par dessus le pont menant à Chanéac, et la menuiserie Freydier a été complètement rasée. L'usine Grand a subi quant à elle d'énormes dégâts impossibles à chiffrer.

    A Limis, le pont a également cédé et à Saint-Martin-de-Valamas le quartier De Champchiroux offrait en fin de journée une vision de « fin du monde » !

    Toutes les maisons riveraines ont été inondées, le camping de Saint-Martin n'existe plus, une caravane est partie à la dérive ; le stade, le court de tennis, le terrain de basket ressemblent à un véritable bourbier, recouvert de tonnes d'arbres et de pierres. Le pont cotoyant le garage Lafont a été sérieusement ébranlé et une partie du garage a été emportée par la Saillouse en furie. La station de pompage n'existe plus et il faudra être vigilant avec l'eau potable.

    Plus en amont, sur la Rochette, la route et les maisons ont subi également d'importants dégâts. Ponts détruits, vaches noyées, routes emportées. Même sur Saint-Martial (Condas, la Rouveyre) les ouvrages d'art ont « sautés ». Le confluent Saillouse /Eyrieux ressemblait vers 11 heures dimanche, au moment fort de la crue, à un véritable lac. Mais au fur et à mesure que l'eau s'est retirée, l'ampleur des dégâts a commencé à impressionner les Saint-Martinois : Tout est arraché, couché, recouvert de sable et de pierres. Il faudra des semaines pour nettoyer et reconstruire.

    Les pompiers, tout le jour sur la brêche, sont à féliciter pour leur courage, mais que pouvaient-ils faire devant des vagues de plusieurs mètres de haut emportant tout sur leur passage ? L'E.D.F., les gendarmes et les Ponts et chaussées sont à unir également dans un même éloge.

    D'énormes dégâts donc, mais heureusement pas de perte de vies humaines.

    Ce pays de la haute Ardèche, où la vie est si rude et les communications difficiles va devoir panser rapidement ses plaies. Un travail immense reste à faire (5 ou 6 ponts à refaire entièrement, routes, réseau d'eau et E.D.F. À revoir, etc...). Il faut souhaiter que les pouvoirs publics interviendront pour aider les communes et les particuliers sinistrés à reconstituer leur patrimoine et faire oublier en nettoyant rivières, prairies et lieux inondés, ce week-end d'apocalypse vécu dans les Boutières.

    R.VEUILLENS

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    Le Progrès 23 septembre 1980

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    Le Dauphiné 23 septembre 1980