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ruedespuces - Page 170

  • Les « Coeurs vaillants » 1957.

    Un ami m’a transmis récemment une photo que je ne connaissais pas.

    Elle a du être prise autour de 1956 ou 1957 puisque les enfants qu’on y voit me paraissent avoir une dizaine d’années. Et j’y suis moi même présent.

    (Dans le fonds de la photo, avec de grandes oreilles.) 

    Heureusement pour le physique play-boy à venir, elles ont arrêté de grandir et gardé la même taille qu’à mes dix ans, c’est toujours ça de gagné, ça s’est équilibré avec le reste.

    Sur cette photo, on retrouve les enfants qui faisaient partie du groupe des « Coeurs Vaillants de Saint-Martin de Valamas ». 

    Les « coeurs vaillants » c’était un mouvement catholique, géré par des ecclesiastiques, fonctionnant un peu sur le modèle des scouts de Baden Powell, mouvement non confessionnel.

    Peut-être pour en être un genre de concurrence catholique au scoutisme  ?

    En tout cas son action, très louable, était d’encadrer les enfants et de leur proposer une occupation les jeudis après-midi. A cette époque, c’était le jour où il n’y avait pas école.

    Je ne m’étais, jusqu’à revoir cette photo, jamais posé la question de la création et de la permanence de ce mouvement, tant sa légitimité et sa pérennité me paraissaient évidentes et éternelles. 

    Mais même les solides institutions, comme les entreprises, les associations et  les partis politiques sont mortels et je n’ai plus de nouvelles des « coeurs vaillants ». Je n’ai pas l’impression que ça existe encore.

    M’être replongé dans ce passé charmant, va déjà me permettre de témoigner ici ma gratitude rétrospective aux encadrants de ces jeudis ludiques. Et souligner la profonde abnégation et la sollicitude manifestée par ces jeunes abbés ou frères maristes à s’occuper des petits  « coeurs vaillants » du village. 

    Et de leur témoigner mon admiration pour les avoir distraits et formés aussi solidement. Les jeudis tout au long de l’année scolaire, puis les emmenant en « camps » genre de colonies de vacances sous la tente, au mois d’août.

    A ceci près que camper sous une tente canadienne, au pied du Mezenc, où la nuit le gel n’est jamais loin, même en été, pour un petit « coeur vaillant » il vaut souvent mieux dormir tout habillé dans son duvet.

    J’en ai encore des souvenirs frigorifiés…

    Et à cette époque de nombreux enfants faisaient partie de ces troupes innombrables de baby-boomers qu’il fallait occuper toute l’année. 

    Rares étaient les familles, qui en été, partaient ailleurs en vacances. Du reste quand on a la chance de vivre dans les Boutières, on n’a pas trop d’intérêt à aller faire le touriste loin de la région, on y est si bien. 

    Et ça nous paraissait évident à l’époque, et peut-être pour nos familles également, qu’on s’occupe autant de nous (gratuitement). 

    Pendant l’année scolaire les frères maristes nous faisaient la classe, les jeudis les abbés nous emmenaient jouer au foot au « pré-rond », ou se baigner au « gour des petits », ou courir la montagne vers Baruse ou la pinée Bouchet. Et l’hiver faire de la luge dans les près.

    Rétrospectivement on peut se dire qu’il leur fallait une sacrée vocation, à ces jeunes ecclésiastiques qui nous encadraient, pour nous consacrer autant de temps. Ils auraient peut-être eu envie, le jeudi de se reposer ou de faire autre chose de leurs loisirs. Par exemple bouquiner ou écrire à leur famille, ou encore se promener tout seuls sans avoir à surveiller une marmaille intrépide. « Coeurs vaillants » jamais en repos, grimpant partout, escaladant les murs du Château de Rochebonne pour atteindre le donjon, grimpant dans les sapins et galopant dans les bois ou sautant de pierre en pierre pour traverser les rivières. Se fabricant des épées avec des bâtons pour jouer aux trois mousquetaires au risque de s’éborgner.

    (Ces encadrants emmenant même à l’occasion ces jeunes, campant à Chaudeyroles, braconner dans le Lignon, mais… chut. Et de toute façon il y a prescription).

    Imaginez le scandale que ça ferait de nos jours dans les réseaux sociaux : des curés incitant des enfants à enfreindre la loi pour attraper des truites à la main.

    Mais cette noblesse ecclésiastique locale était nombreuse dans le village, aussi bien en abbés, archiprêtres ou curés qu’en « frères maristes » et soeurs garde-malades.

    Ces accompagnateurs, c’était pour nous des référents éducatifs adultes à qui il fallait obéir sans discuter. Nous étions turbulents mais pas contestataires, déconneurs (j’ai failli dire « sots » mais le mot n’est plus trop usité) mais respectueux et polis. Et rétrospectivement quand j’y pense j’ai une pensée reconnaissante pour ces jeunes frères maristes ou abbés qui devaient avoir entre 20 et 30 ans et qui avaient décidé, j’espère de leur plein gré, de consacrer leur vie à la religion et à la prière. 

    Et qui par le fait travaillaient 24h sur 24. 

    Quand on est curé on l’est par vocation et en permanence. Et pour aller donner l’extrême-onction à un malade on peut être requis à n’importe quelle heure, jour et nuit.

    Et sous la surveillance active des ouailles, on ne peut se laisser aller à aucun écart festif, à part peut-être, pour l’archiprêtre un petit pastis chez Dédé Pizot le dimanche midi après avoir dit la messe. Mais c’est bien tout.

    Et pour les jeunes abbés, en plus de leur charge ecclésiastique, la mission de s’occuper d’enfants… obéissants certes, mais quand même pas mal intrépides une fois lâchés dans la nature.

    Et quand en disant leur messe, ils devaient entonner le dimanche à l’Eglise le cantique « tu es mon berger oh seigneur » ils devaient aussi penser à leur rôle dans le gardiennage du troupeau de « coeurs vaillants » du jeudi après-midi.

    Sur cette photo, on voit une trentaine d’enfants, tous de Saint-Martin de Valamas. Un groupe homogène où tous ces jeunes ont à peu près le même âge. Au maximum trois ans d’écart. C’est à dire nés entre 1946 et 1949. Et je ne parle que des enfants qui allaient à l’école des frères. Je ne vois pas, dans aucune de ces trois équipes sur la photo, les jeunes du village qui fréquentaient en même temps l’école laïque. Il ne me semble n’y avoir que des jeunes de l’école libre. Dites moi si je me trompe.

    Ça veut dire, pour faire un peu de statistique, qu’au niveau population qu’on voit sur la photo, environ une trentaine d’enfants, on pourrait en doubler le nombre en rajoutant ceux de l’école laïque. Et peut-être arriver au chiffre approximatif d’une soixantaine de garçons du même âge dans le village au cours de ces années là. 

    Et à ce chiffre rajouter sans doute un nombre égal de filles. Celles-ci allant à l’école à « l’Asile ».

    Preuve statistique et évidente que dans ces années d’immédiat après-guerre il y avait eu un formidable boom des naissances dans le village.

    Quand je prends connaissance actuellement dans le journal « Terre Vivaroise » d’une naissance à Saint-Martin de Valamas, j’en suis tout content. Car cela me paraît d’une si grande rareté, que je me surprends alors à penser « les affaires reprennent ». 

    Sans doute les bébés naissent-ils à présent dans les maternités d’autres villages et sont-ils comptabilisés ailleurs. Et dans ces régions, au faible niveau démographique chaque naissance est précieuse, surtout pour faire l’équilibre avec les décès, qui eux, hélas ne font pas de pause.

    Entre 1945 et 1955, je me dis que ça devait être presque toutes les semaines qu’on accueillait un nouvel administré (bébé) dans le village, la plupart du temps né dans la maison de famille, leur maman accouchée par le docteur Figuel ou le docteur Teilhou.

    (A suivre dans le prochain « rue des puces »)



    Georges Verat

  • Santé Canton des Boutieres

    « L’évolution de l’offre médicale dans le canton des Boutieres s’avère de plus en plus préoccupante. L’accès aux soins de proximité est devenu très difficile et les perspectives d’avenir sont inquiétantes. Qui aurait pu envisager il y a quelques années qu’en 2021 on ne trouverait plus de médecin généraliste à St Martin de Valamas et dans les proches communes ?. 

    Cette situation n’est pas spécifique à notre canton mais elle est devenue vraiment critique.

    Le risque de n’avoir bientôt plus de soins médicaux et peut être même plus de Pharmacie pour dispenser les médicaments à st Martin est une réalité à envisager à court terme.  

    Faut il le prendre comme une fatalité ou réfléchir à une action commune qui seule permettra peut-être de trouver des alternatives à cette désertification. 

    J’ai envoyé  un mail et une lettre à tous les maires de l’ancien canton de St Martin soit 10 communes pour les inviter à engager dans les plus brefs délais une réflexion commune.

    A ce jour 5 communes ont répondu favorablement à mon courrier LA CHAPELLE SOUS CHANEAC , LA ROCHETTE,  BOREE , SAINT CLÉMENT ET SAINT JEAN ROURE.

    Un courrier explicatif complémentaire a également été envoyé au Président de la Communauté des Communes à qui je demande de lire cette lettre en Conseil Communautaire le 15 février soit le même jour que le Blog de la rue des Puces.

    Il est de la plus grande importance que la maison de Santé Communautaire de St Martin de Valamas trouve toute sa place dans un nouveau dispositif à inventer. 

    maison de santé.jpg

    Notre santé et celle de nos enfants est une cause commune. Nous sommes tous concernés, élus, familles, amis, voisins.  Si nous restons inactifs et si nous ne sommes pas solidaires nous serons condamnés à subir. Nous n’avons donc rien à perdre. »

    Didier Rochette

     

  • Et si le monde de demain n’était pas du tout à la hauteur de nos espérances ?

    « L’espérance est une vertu héroïque. On croit qu’il est facile d’espérer. Mais n’espèrent que ceux qui ont eu le courage de désespérer des illusions et des mensonges où ils trouvaient une sécurité qu’ils prenaient faussement pour de l’espérance. »

                                                               Bernanos - La Liberté pour quoi faire ?bernanos.jpg

     

    Episode 2



    Bonne chasse Johannes ?

    Oui mon colonel on a mis fin à une Katiba chiite et à un commando catholique intégriste. En tout 15 morts et une vingtaine de blessés chez eux et seulement 2 blessés chez nous. Très bien Johannes, mais attention à un excès de violence les B.L.P.R. (Bataillons Laïques Pour la République) ne sont pas des troupes d’extermination.

    Johannes se rembruni, et traîna son mètre quatre-vingt-dix de nerfs, d’os et de muscles vers le fond du local. Il faut dire qu'en ce mois de juin 2036, la situation est de plus en plus dégradée. Depuis cinq ans la France est partagée en deux, au nord la République de nos ancêtres, démocratique, mais indécise et faible, et au sud une Théocratie sécessionniste, avec trois mouvements extrémistes qui s'opposent, Sunnites, Chiites et Chrétiens. La ligne de démarcation entre les deux n’est pas stable, et l’Ardèche en particulier mais tout le massif central en général est une terre de résistance Laïque. Ces terres qui ont connues les Cathares, puis les guerres de religion, sont restées farouchement rebelles à toute forme de dictature.

    Le Colonel Jean Bires a décidé de Fédérer des hommes et des femmes de tous horizons qui ont pour seule politique, le respect de la laïcité à la française. Il a constitué des Corps Francs, autonomes de l’armée régulière pour protéger les institutions et les civils des bandes de fous de dieu qui ont commencées à s’étriper sur le sol national. Au début les Corps Francs des BLPR ont été armés et financés par l'armée régulière. Mais la montée des radicalismes religieux et de l’état de guerre civile permanente au sud a généré un phénomène de repli sur des positions concordataires du Nord au-delà de la Loire, et les BLPR ont dû apprendre à se débrouiller seuls.

    Cela fait 3 ans que Johannes a rejoint les BLPR, issu d'une famille avec une vieille tradition Laïcarde, il lui a paru tout à fait naturel de rejoindre le Colonel Bires et de protéger la laïcité.

    En arrivant au fond du local il se trouva nez à nez avec Leylla qui lui envoya un sourire mi complice mi ironique. Leylla a 10 ans de plus que Johannes, et à 44 ans elle commence à trouver la vie des Corps francs compliquée. Elle les a rejoint après que son époux, un universitaire ardéchois ait été assassiné par une bande de djihadistes qui effectuaient un raid pour tuer autant de Gaulois que possible. Dans les représailles des groupes extrémistes chrétiens de la Croix Flamboyante, son origine Marocaine la désignait comme victime expiatoire. Seule l’intervention des BLPR lui avait sauvé la vie, même s'ils n'avaient pas pu lui éviter d’immondes violences. Johannes n’avait pas ramené de prisonniers de cette sortie, et d’ailleurs depuis, il avait tendance à en faire très peu. Il avait récupéré le corps de Leylla roué de coups et meurtri par un viol qui n'avait eu pour but que d'humilier et de punir.  Il l’a soignée personnellement, comme s’il se considérait responsable des outrages subis par cette femme. Il a ramené Leylla à la vie tout doucement, et il est le seul homme qui puisse s'approcher d'elle et a fortiori la toucher. Difficile de décrire ces deux-là comme un couple, mais ils surveillent les arrières de l’autre et ont une relation sexuelle torride qui fait plus penser à un combat qu'à une relation de tendresse. Leylla est un peu la déesse de mort du groupe. Elle ne dit jamais rien, mais au combat c'est une tigresse, elle n'a peur de rien et se comporte comme si la mort, l’ayant loupée une fois, n’avait plus aucune prise sur elle.

    Jo, dit-elle, ne t’inquiète pas on a bien travaillé, mais mes vieux os réclament une douche chaude, vient me frotter le dos cela te décontractera. Avec un sourire lubrique Johannes s'exécute et rejoint son lieutenant. A 44 ans Latifa est encore très belle, et Johannes en est fou.

    De retour dans le local Jo fait le tri des armes et munitions récupérées, et il s’aperçoit que ce ne sera pas suffisant. Leur raides successifs sont gourmands en munitions et l’approvisionnement ne suit pas. Le « Local » comme ils l’appellent entre eux, est une grotte assez vaste au pied d’un éperon rocheux basaltique qui a servi de forteresse et de village fortifié depuis le 9ème siècle. Le fort de Brion.brion.JPG Cette grotte a été faite par eux à l’explosif, pas très écolos mais redoutablement efficace si on sait ce que l’on fait, et d’en haut, de loin et même de près ils sont quasiment invisibles, ce qui explique que ce camp ait tenu aussi longtemps. Jo sait bien que cela ne pourra pas durer indéfiniment, et au cas où ils seraient les victimes d’une attaque frontale, ils ne pourraient tenir que quelques heures. Il se lève et se dirige vers le coin réservé au colonel……  (suite au prochain numéro)

    Louis Lévêque