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ruedespuces - Page 166

  • De quoi j'me mèle ?

    A propos tourisme :

    Dans la lettre d'information du mois de mars, à l'initiative de la commission tourisme, nous pouvons lire ceci :

    « Saint-Martin accueillant

    Nous devons développer les atouts naturels de notre territoire (…) La vie économique du village dépend de plus en plus du tourisme, commerces, hébergements, bars, restaurants, festivités. Aussi nous comptons sur chacun de vous pour nous soutenir dans notre démarche. »

     

    Mais, sur cette même lettre, l'information suivante semble être en contradiction avec cette démarche :

     

    « L'OFFICE DE TOURISME

    Fermeture au public tout le mois de février en raison de la crise sanitaire. »

     

    A la date de la publication de ce blog (le 15 mars) l'Office de Tourisme est toujours fermé. Bien sûr à cause de la crise sanitaire. La chargée de l'accueil est présente tous les jours à l'OT, il serait donc peut-être possible d'ouvrir au public en faisant comme dans les commerces, c'est à dire en indiquant sur la porte le nombre de personnes maximum admises en même temps. Malgré la période hivernale on peut constater la présence de quelques touristes ou voyageurs. ceux-ci seraient peut-être heureux de pouvoir obtenir des renseignements sur notre territoire, par exemple pour s'informer sur les chemins de randonnées. Il est vrai que cela ne profiterait pas aux bars et restaurants (peut-être aux commerces) mais aurait l'avantage de montrer que le village prend le tourisme au sérieux. Ceci étant dit, je sais bien que ce n'est pas la commune qui décide de l'ouverture ou de la fermeture de l'Office de Tourisme.

     

    François Champelovier

  • Et si le monde de demain n’était pas du tout à la hauteur de nos espérances ?

    « L’espérance est une vertu héroïque. On croit qu’il est facile d’espérer. Mais n’espèrent que ceux qui ont eu le courage de désespérer des illusions et des mensonges où ils trouvaient une sécurité qu’ils prenaient faussement pour de l’espérance. »

                                                               Bernanos - La Liberté pour quoi faire ?bernanos.jpg

     

    Episode 3

     

    Que puis-je pour toi Jo ? lui lança le colosse qui pourrait être son père et qui souvent avait l’impression d’en assumer la charge. Mon colonel vous n’êtes pas sans savoir que nous serions incapables de soutenir un siège ou une attaque frontale avec le niveau de munitions où nous sommes, je me demandais donc s’il ne serait pas opportun de lancer quelques raids d’approvisionnement. Le Colonel fit la moue, il savait que Jo avait raison mais il rechignait à ces raids, toujours incertains et dangereux, qui obligeaient ses troupes à des incursions très loin dans les lignes ennemies et à un repli lent et vulnérable avec le surplus de munitions à ramener. Avant, avec le soutien aérien des réguliers du nord ce n’était déjà pas une partie de plaisir, mais maintenant qu’ils étaient laissés à eux même c’était quasiment suicidaire. Je sais Colonel continua Jo, que vous n’aimez pas cette idée, mais nous leur avons fait très mal ces trois derniers mois et ils finiront par savoir où nous sommes, trop de gens le savent, il n’est pas possible qu’ils ne soient pas déjà au courant. Nous sommes 650 guerriers organisés en 4 sections, je suggère que nous fonctionnions par relais successifs pour protéger le repli de la section qui aura attaqué l’ennemi. Valence est aux mains de ces extrémistes chrétiens venus de Grèce pour renforcer les troupes de La Croix Flamboyante. Nous avons appris de sources relativement fiables qu’ils avaient reçus énormément d’armes et de munitions des mormons américains pour attaquer et faire reculer les milices chiites. Je vous propose une attaque discrète et fulgurante avec 3 chemins de replis différents. La section 1 évacuera par le fleuve et emmènera sur des barges semi immergées les caisses de munitions pour armes légères. Il nous en reste suffisamment et ils s’échoueront sur les îles à hauteur de Charmes sur Rhône, Là des sympathisants drômois les monterons et les planquerons dans des caches pré-aménagées au col de Rotisson.  La section 2 repartira comme elle est venue avec des transports routiers et tout l’armement plus conséquent dont nous avons besoin pour soutenir un siège. La section 3 elle sera là pour servir de couverture et si on se fait accrocher pour retarder ces putains de papistes. La section 4 sera positionnée sur des contreforts rocheux à hauteur de Saint Julien Le Roux pour servir de point d’appui a à la section 2, puis à la section 3 si elle doit mener des attaques de diversions en bas. Si l’attaque est un succès de discrétion, alors la section 3 se repliera par la vallée de l’Eyrieux et en profitera pour créer un point chaud à la mosquée des Ollières. La section 2 remontera par Vernoux et St Julien Labrousse. Vous en dites quoi ? Le colonel se gratta la tête, décidément il n’aimait pas cette perspective, mais il devait reconnaître que le plan était plutôt bien monté et suffisamment vicieux pour réussir, mais il voyait deux ou trois améliorations possibles. Au demeurant il était assez fier de son poulain, mais pas question de le lui montrer. Après s’être gratté la gorge il lui asséna : Il restera plein de détails à régler et de scénarios à échafauder car plein de choses peuvent mal se passer, mais cela a l’air jouable si vous n’avez pas peur de tout risquer sur ce coup. Leylla qui avait suivi son chef regarda le colonel et haussa les épaules, elle fit demi-tour et murmura dans sa barbe, c’est une vie de merde et de toute façon on n’en sortira pas vivant, alors autant s’amuser un peu. Ce cynisme glaça le sang du Colonel, il savait bien que 80% de ses jeunes gens ne verraient pas le nouvel an 2038, l’Esperance de vie dans les corps francs BLPR était en moyenne de 18 mois, ce qui le sidérait encore c’était la régularité avec laquelle d’autres venaient remplacer ceux qui tombaient au combat. Il fit un tour de vue du Local et remarqua Jean Antoine Traboulet, petit sec comme un coup de fusil, compagnon de la première heure, on ne sait pas vraiment quelles sont ses motivations, il se mêle rarement aux discussions politiques sans fin qui égaillent nos soirées, mais c’est un guerrier froid calculateur avec une seule devise, le seul bon combattant est un combattant vivant. Leurs regards s’accrochent et Jean Antoine acquiesce de la tête. En tournant son regard il aperçoit Alexandre Vials, alors lui c’est autre chose, fervent catholique il a toujours défendu que le seul vivre ensemble possible, dans le respect mutuel, est celui de la laïcité. Il est plus âgé que la moyenne car il a une cinquantaine, c’est le comptable de l’équipe et le fourrier en somme. Quand son regard accroche celui du colonel, il sourit, ce qui vaut un accord pour lui car il ne sourit que quand on lui annonce un arrivage quelconque de marchandises. Les meneurs ont commencé à se rapprocher et à former un cercle autour de Jo et du Colonel. Leylla elle, sûre qu’il y aura de l’action et qu’elle pourra assouvir un peu plus de son besoin de vengeance, est partie se coucher sans faire de bruit et à simplement touché l’épaule de JO en partant comme pour lui transmettre sa confiance et ses attentes. 

    La discussion sur les détails dura toute la nuit, ils essayèrent d’envisager tous les cas de figure, comme disait le Colonel, tous les ratages possibles. Quand ils arrêtèrent, faute d'idées à développer, le jour pointait son nez.

    vue de Brion.JPG

    Jo sorti pour pisser. Il adorait le paysage, cette vallée de l’Eyrieux et le soleil qui se lève derrière le bourg du Cheylard. Ce pays des Boutières qu’il a toujours habité, il ne s’en lasse jamais. Mélange de rochers et de forêts de montagnes bien rondes et d’à pics déchirés comme par des griffes géantes, le tout trempé de mille sources et rivières volcaniques. Un pays dur et doux à la fois, un peu comme les gens qui l’habitent depuis la préhistoire…(suite au prochain numéro)

     

    Louis Lévêque

  • Saint-Martin-de-Valamas : Forets naturelles, forets artificielles

           

    On dénombre de très nombreuses essences d'arbres sur le territoire de la commune, certaines très répandues (châtaignier) , d'autres beaucoup plus rares (érable), voire tout à fait exotiques (séquoia !). 

     Toutes ne forment pas des forêts: il faut pour cela une certaine étendue. De plus certaines de ces essences ont été introduites au cours du temps dans un but de culture raisonnée: ce sont les forêts «  artificielles ». Mais alors, de quoi est véritablement formée la forêt communale qui occupe une grande partie du territoire ( plus de 50 % des 2000 hectares) sur les ubacs notamment. En observant les bois et forêts , leur situation, leur configuration, et en s'appuyant sur la toponymie, on peut essayer de répondre à cette question. On peut donc scinder la forêt communale en deux catégories : les forêts naturelles et les forêts artificielles.

    LES FORETS NATURELLES : celles-ci sont des bois ou des forêts qui ont poussé ou se sont développées sans l'intervention de l'homme. Ce n'est pas si facile à déterminer, car qui peut dire qu'une forêt apparemment sauvage et ancienne n'a pas été voulue et plantée par de très lointains ancêtres? Néanmoins, et compte tenu de ces réserves, on peut estimer que certaines forêts ( de toute façon tellement anciennes qu'elles sont bien devenues sauvages ) sont composées d'essences indigènes et ayant poussé sans aucun contrôle. Voyons donc quelles sont ces essences les plus courantes.

     a) Les chênes:chêne.jpg il existe des bois de chênes, disséminés sur la commune. On peut penser que ces chênaies sont anciennes, car on en retrouve partout en France et cela se remarque dans la toponymie: si « roure »(nom du chêne très usité dans la région) est absent de Saint Martin, on trouve le terme « blache » ( ou blachette) qui désignait un taillis de chênes; d'autre part, ces bois sont dans des endroits peu accessibles, éloignés des habitations. On peut en conclure que les bois de  chênes sont les vestiges d'une chênaie primitive plus étendue.

    hêtre.jpg b) Les hêtres (ou fayards): il sont rares sur la commune, mais on en trouve alentour. Par contre, il n'existe pas de toponymes marquant leur présence  (fay, fag, faug...)

    Les frênes: le toponyme « fraysse » et ses variantes et dérivés sont absents de la commune, et on ne décèle pas vraiment de bois de frênes, seulement quelques arbres ou bouquets d'arbres isolés;

    1. vernes aulnes.jpgLes vernes (ou aulnes) : affectionnant les lieux humides, il n'existe pas vraiment  de bois de vernes (seulement des bosquets ou alignements le long des cours d'eau) mais le toponyme attestant sa présence existe (Le Vernet ).

     e) Les bouleaux (autrefois dénommés « bès », bouleaux.jpgrares aussi sur la commune, leur présence ancienne est signifiée par les termes « bessa » ou « bessac »

     f) Les pins sylvestres: forment encore quelques bois ou bosquets. Cette essence est  par ailleurs souvent mélangée à d'autres. 

    pin sylvestre.jpg

         Comme on le voit, cette liste d'essences forestières ( non exhaustive) montre que les forêts naturelles sur le territoire communal saint martinois sont plutôt restreintes. Alors d'où vient le fait que la commune soit si boisée?  C'est là un effet de l'intervention humaine, qui a été massive.

      LES FORETS ARTIFICIELLES: elles constituent la majeure partie de la surface boisée de la commune. Mais ces forêts artificielles ne sont pas forcément récentes. En fait, elles ont été implantées en deux temps et pour des buts bien différents. Elles concernent deux essences, quasi exclusivement; le châtaignier et le sapin « douglas ».

      a) Les châtaigniers: châtaigner.jpgdésormais essence emblématique de l'Ardèche, le châtaignier n'est pas indigène. Il est difficile de dire à quelle époque exacte il a commencé à être cultivé, mais en tout cas , il n'y en a pas trace dans les toponymes des Boutières, ce qui prouve bien son implantation (relativement ) récente. On peut considérer qu'il a été introduit dans la région vers les XVII°/XVIII°  siècles et que sa culture a été intensifiée au cours du XIX° siècle, permettant ainsi de subvenir aux besoins de la population, alors en forte augmentation, et qu'elle s'est poursuivie jusqu'à la guerre de 39/45. Après celle-ci , la châtaigneraie communale a été progressivement délaissée, jusqu'à être parfois totalement abandonnée dans les secteurs les plus difficiles d'accès. Mais le fait est là : la forêt communale est pour une bonne part constituée par la châtaigneraie (on peut d'ailleurs être sûr qu'elle est d'origine humaine, car de nombreux murets de soutènements sont encore là !). Cette châtaigneraie continue à produire encore pour de petits exploitants et aussi pour les promeneurs en automne. Elle fait aussi la joie des cueilleurs de champignons (cèpes, girolles). Les pins sylvestres  se mêlent parfois à elle.

      douglas.jpg b)Les sapins « Douglas »: d'origine américaine, ces résineux ont été plantés en masse vers 1960. Mais alors que les châtaigniers étaient une culture vivrière, ces sapins n'étaient destinés qu'à obtenir un rapport futur de leur bois, et plus particulièrement pour la fabrication des étais de mines ( c'est pour cela qu'ils sont plantés si rapprochés: leur diamètre ne devait pas dépasser une vingtaine de centimètres, et en conséquence, ils devaient être coupés jeunes). Les mines ayant fermé, les arbres sont restés sur pied, jusqu'à atteindre les dimensions assez impressionnantes que l'on connaît aujourd'hui. Ce n'est qu'autour de 2000 que l'on a commencé à les abattre pour du bois de charpente et de menuiserie.

     Cette prolifération de « Douglas » ( qui se  sont remarquablement adaptés au climat et aux terrains locaux) a eu des conséquences sur la flore et la faune locales:

      -Stérilisation des sols dans les sous-bois : rien ne pousse sous leur couvert: ni herbes, ni mousses, ni champignons.

    • Disparition de la faune (mammifères, oiseaux, voire insectes) qui ne trouvent pas là de quoi se nourrir.

    • En hiver, leur ombre maintient le sol froid: les routes restent enneigées et verglacées à leurs abords.

    • Lors des coupes, les branches restent sur place, encombrant le sol, sans que nul ne s'en soucie.

    • Les forêts de Douglas sont très sensibles aux tempêtes, les racines étant superficielles.

    Toutefois, l'avantage de ces forêts est qu'elles ont empêché les terrains d'être envahies par la broussaille. Les forêts de Douglas sont actuellement l'objet de coupes rases, mais nul ne semble se préoccuper d'un possible reboisement en feuillus. Comme on le voit , l'implantation de forêts artificielles pose parfois des problèmes écologiques sérieux.

      CONCLUSION: si les forêts qui couvrent le territoire communal sont essentiellement d'origine artificielle, ce n'est donc que récemment. La disparition progressive mais lente des plantations de « Douglas » doit amener à repenser le boisement: retour aux feuillus (notamment chênes et hêtres), que ce soit par plantation ou par semis naturel, et ce afin que les plaisirs et les bienfaits de la forêt nous soient (ainsi qu'à nos descendants) à nouveau pleinement accessibles.



                                                      Gilbert  Verdier