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ruedespuces - Page 27

  • Arcens : Une liste pour tous et tous pour une liste !

           Pardonner moi pour ce titre un peu trivial en référence aux 3 mousquetaires qui étaient 4, mais il s’applique aux 4 candidates et candidats à la fonction de maire d’Arcens, bien que la presse n’en ait évoqués que 3. Une candidate ayant abandonné rapidement la constitution de sa liste, a observé un manque de temps, de motivation ou de disponibilité de la part des habitants qu’elle avait contactés. 

           C’est début novembre 2025 que Vincent Murillo a affiché son intention d’être « candidat aux élections municipales de 2026 » en précisant, pour les électeurs « vous êtes les seuls acteurs de ce choix ». Il n’affirmait pas vraiment sa volonté d’être tête de liste ni son envie d’être maire. Son projet était plus complexe ! 

    Murillot muicipales .jpg

           Il l’a expliqué, ou tenté de le faire, lors d’une « réunion libre, citoyenne et pré-électorale » le 31 janvier 2026. Son tract d’invitation et son introduction lors de la réunion abordaient aussi « les tensions et les malentendus qui affaiblissent le village » et « l’intégration des nouveaux arrivants » (1). Ces affirmations n’ont pas été très appréciées d’un public assez nombreux qui s’attendait à la présentation d’un programme. A la place, Vincent Murillo a développé l’idée originale de création d’une association participative complétée par une coopérative d’intérêt collectif pour animer et gérer la commune. De cet ensemble seraient issus le maire et les conseillers (2). A la question « mais qui sera le maire ? » d’un participant il a répondu laconiquement « vous par exemple ! ». Si la réunion a été par moment houleuse, elle a permis une discussion entre les habitants sur des 
    sujets inhabituels. Vincent Murillo n’a pas pu constituer de liste mais a annoncé par affichage celle d’un collectif citoyen. 


           La deuxième réunion d’information s’est déroulée le 12 février sur l’invitation d’Éric Campos qui a présenté son programme mais pas sa liste, ce qui a surpris le public. Son idée était de parler de ce programme sans référence à des personnes. Sauf par rapport à lui puisqu’il était là ?

    Eric Campos .jpg

           Son « maître mot » était « le partage » et il souhaitait rapprocher « l’agriculture et la culture, les entreprises et les artisans, les administrations et les villageois… ». C’est le seul candidat qui a évoqué des réunions et journées citoyennes. Mais… 
           Apparemment il n’est pas apprécié par une partie des habitants (suivant la rumeur) et une espèce de cabale orchestrée par un « corbeau » (toujours suivant la même rumeur) a aboutie à la démission de deux membres de sa liste qui ne voulaient pas continuer dans cette atmosphère. La même rumeur l’accusait, sans preuves, d’avoir fait des affaires louches en tant qu’agent immobilier (3). 
           Peut-on rapprocher cette situation à celle que décrit Christine Guionnet dans son article sur Les élections municipales sous la Monarchie de Juillet (Revue française de science politique, 1996) : « … on a surtout vu dans les communes rurales les haines, les rivalités de famille, les calculs de l'amour propre, l'esprit de coterie, toutes les petites passions mises en jeu… » ? 

           Il ne reste donc en lice que la liste de Joëlle Courtault (Bien vivre ensemble à Arcens) (4) présentée le lendemain 13 février. Composée de 7 femmes et 6 hommes (avec les suppléants) qui « s’engagent pour la mise en œuvre d’un programme d’actions réalistes qui s’adaptera à des dépenses maîtrisées dans la continuité de l’équipe précédente ». Le mandat de Joëlle Courtault, 1ère adjointe sortante, sera donc semblable à celui du maire sortant Thierry Girot ; pas de grands changements en vue. 

    Joelle Courtault.jpg

           Après que chaque candidat se soit présenté, Joëlle Courtault a de suite proposé de répondre aux questions sans présenter son programme. Un grand silence à suivi. Au bout de quelques questions sans grand intérêt général, un participant ait demandé une présentation « des points majeurs du programme pour en débattre et savoir ce que la liste propose pour développer le village », mais la réunion a continué sur des questions particulières dont beaucoup auraient pu se poser dans une réunion avec un maire en exercice. 


    Une élection sans surprise 


    Comme dans beaucoup d’autres petits villages, le maire (5) est connu avant le scrutin et la première réunion du conseil municipal qui procède à son élection. Ce qui ne motivera pas les électeurs. L’étude de la participation et du nombre de bulletins nuls et blancs serait à envisager si une base de référence des élections précédentes pouvait être fiable. Mais en 2020, il y avait le covid-19, en 2014 il y a eu une vague non encore explicitée de « votes liste entière » et en 2008 deux candidatures isolées ont servi pour un vote d’opposition à l’unique liste présentée. Et 2001 ? C’est un peu loin et cette élection a aussi été particulière… 

           La liste de Joëlle Courtault aura probablement beaucoup de voix ; de nombreux habitants disent que cette candidate est « serviable, dévouée, toujours présente et connue de beaucoup », un peu à l’inverse du maire sortant. D’autres restent critiques par rapport à son projet de réhabilitation du bâtiment industriel GemtecCypack en « salle de sport pour les scolaires, atelier municipal et club des jeunes » et à celui d’agrandir la cuisine (en fait un office) de la salle des fêtes… Certains se demandent si elle restera, étant maire, présidente du Club des anciens et vice-présidente du Comité des fêtes. 


    JCR

     

    1 - On peut signaler que le livret d’accueil de la commune lancé en septembre 2022 en complément celui de Val’Eyrieux, n’a pas été terminé depuis. 
    2 - C’est du moins ce que je pense avoir compris. 
    3 - Je ne sais pas si la rumeur avait raison mais elle a eu raison de la liste. 
    4 - Le nom des listes pourrait être un sujet d’étude : à Arcens on trouve, par exemple, une liste « Agir ensemble pour Arcens » en 1983, 1989, 1995, 2014 et 2020. 
    5 - Suivant le site web du Sénat, 79,1% des communes de moins de 1000 habitants n’ont qu’une seule liste (68% pour l’ensemble des communes). 

     

     

  • Saint-Clément : Un pour tous... Mais tous pour personne !

    Toutes les communes du département de l'Ardèche sont pourvue d'une ou plusieurs listes en vue des prochaines élections, toutes ???? 

    NOOOON !!!

    Un village d'irréductibles Ardéchois résiste encore et toujours à l'appel de la mandature ...

    Saint-Clément .jpg

    Alors dit comme ça, avec humour, car il en faut en avoir un peu, c'est drôle, mais la situation réelle l'est bien moins car les conséquences d'une telle situation sont pour le moins radicales ! 

    En effet, pas de second tour possible le 22 mars, donc impossible de se " rattraper " ou de tenter de sauver la situation in-extrémis !

    On en est même au point ou Hervé Saulignac, député de la circonscription, se porte volontaire pour paraître dans la liste et être conseiller municipal afin que le village ne soit pas simplement rayé de la carte ( c'est une façon imagée de voir les choses ) en fusionnant avec un voisin sur arrêté préfectoral. 

    " Coup de communication de la part d'un politique " ?  " réel intérêt pour le village " ? " Saulignac maire du village " ? ... Les commentaires vont bon train ! 

    Remettons l'église ( qui est très belle d'ailleurs ) au milieu de ce petit village qui est en quelque sorte le mien puisque j'y ai toutes mes racines !

    1.  Il y a une liste à Saint-Clément, mais personne ne veut en prendre la tête ( la charge demandée au maire ne cesse d'augmenter et les personnes de la liste ne se voient pas endosser cette grosse responsabilités pour diverses raisons, famille, travail... ) ;
    2. Un député peut se présenter sur les listes électorales dans n'importe quel village de son département !
    3. Un député ne peut être maire dans ce dit village ;
    4. M. Saulignac a rencontré les actuels conseillers municipaux le vendredi 6 mars en soirée en espérant que son intervention aie fait avancer la situation, nous en sauront plus dans les jours à venir. 
    5. Pour ce qu'il en est du pseudo coup de com', ceux qui ont pu échanger avec M. Saulignac au sujet de Saint-Clément durant ces dernières années savent et connaissent les raisons de son attachement pour le village, donc pour moi, cette action est sincère et dénuée d'arrières pensées. 

    Qu'adviendrait-il si par malheur personne ne prend la responsabilité de représenter le village d'ici 3 mois, délais préfectoral permettant une nouvelle élection ?

    Et bien ça serait un sort " funeste " pour les ressortissants du village : une fusion presque inévitable avec un des village voisin sur décision préfectorale ! Mais avec qui parmi ses voisins :

    La Rochette ? LaChapelle ? Fay ? Les Vastres ? Saint-Julien-d-Intres ? Chaudeyrolles ? 

     

    Saint-Clément dépend de la Communauté de Communes Val'Eyrieux et héberge l’École du Vent faisant partie du CCSTI de Val'Eyrieux, donc en toutes logiques avec une commune de Val'Eyrieux ce qui exclu d'emblée : La Rochette, Fay, Chaudeyrolles et les Vastres.

    LaChapelle-Sous-Chanéac semble en toute logique être la candidate idéale aux vues de sa plus longue " frontière " avec Saint-Clément, oui, mais ... Une partie des services de Saint-Clément dépendent ( par sa topographie ) de la Haute-Loire ( Enlèvement des ordures ménagères par le SICTOM de Tence et les Secours via les pompiers de Fay-sur-Lignon entres autres ), le reste des services pour les hameaux de la " vallée " dépendent du SICTOM SED et des pompiers de Saint-Martin-de-Valamas.

    En étant positif nous nous disons qu'une solution sera trouvée, sinon, nous serons obligés de devoir nous habituer à un nouveau nom pour le village .... 

    Saint-Clément-sur-Lachapelle  et Lachapelle-sous-Saint-Clément ? 

    Je préfère ne pas y penser ! 

    Saint-Clément neige.jpg

    Marie-Noëlle 

  • Les femmes, le conseil municipal et la politique en quelques dates

    Le droit de vote des femmes suit une longue histoire qui a trouvé sa finalité le 21 avril 1944 : 
    ( https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/21-avril-1944-les-francaises-obtiennent-le-droit-de-vote

    Femme et vote .jpg

    - 1884, Le Journal d’Annonay du 3 mai s’interrogeait sur la présence des femmes aux séances du conseil municipal : 

    « L’article 54 de la nouvelle loi municipale (1), relative à la publicité des séances, soulève une question assez délicate, celle de savoir si les femmes peuvent pénétrer dans la partie de la salle réservée au public. Aucune restriction n’a été faite pour le sexe faible, et les commentateurs de la loi les plus compétents, M. de Ramel entre autres, avocat au conseil d’État et à la cour de cassation, estime que les femmes doivent être admises. 
    En vertu de son pouvoir de police, le maire ou celui qui préside la séance peut exclure les perturbateurs ou ceux qui, manifestement, peuvent troubler les délibérations, tels que les enfants en bas âge. Mais il n’est pas nécessaire d’être électeur pour avoir accès dans le lieu réservé au public, et les femmes peuvent y entrer. 
    Que le beau sexe se le tienne pour dit et que les conseillers préparent leur plus gracieux sourire. » 

    - La même année, Hubertine Auclert (2), publiait l’article « Des femmes ! » dont voici un extrait : 

    « Il y a, à l'heure qu'il est, devant les affiches multicolores qui s'étalent sur les murs des trente-six mille communes de France, beaucoup de braves gens indécis, perplexes. 
    Pour qui faut-il voter ? Pour des femmes ! Je vois l'électeur prendre un air dédaigneux. Les femmes vertueuses et intelligentes valent-elles donc moins que les idiots, les imbéciles, les voleurs, les souteneurs, les assassins marrons qui vont pouvoir élire dimanche les conseillers municipaux et briguer même la fonction de conseiller ? » 

    - 1904 - La manifestation de Saint-Martin-de-Valamas : un article paru dans Le Républicain des Cévennes du 10 septembre. On est encore très loin d’une inscription sur une liste électorale mais des « dames » y étaient « remarquées » ainsi que leur ralliement à la République… dans une période tendue. 

    "De bonnes nouvelles nous arrivent de la Vendée ardéchoise, du fief de Gaillard-Bancel, le députésacristain. Dimanche, 4 septembre, à l’occasion de l’anniversaire de la proclamation de la troisième République, un banquet populaire réunissait 500 démocrates de Saint-Martin-de-Valamas et des environs sous la présidence de M. Augagneur, l’éminent maire de Lyon. 

    A son arrivée, trois fillettes lui ont souhaité la bienvenue en lui offrant des fleurs, ainsi qu’à M. Boissyd’Anglas, notre vaillant sénateur, tandis que les fanfares de Saint-Martin et du Cheylard jouaient la Marseillaise. Sous une tente dressée dans un terrain attenant à la gare des C. F. D. prenaient bientôt place les nombreux convives parmi lesquels on remarquait quelques dames. 
    …..

    …. et le banquet a pris fin aux cris de Vive Augagneur ! Vive Combes ! Vive la République ! A bas la calotte ! Beaucoup de dames applaudissaient vigoureusement prouvant bien qu’elles ne prenaient pas leur  mot d’ordre au confessionnal. "

    - 1925 : Au lendemain des municipales des 3 et le 10 mai 1925, une dizaine de femmes, toutes communistes, sont élues à Bobigny, Douarnenez ou Saint-Denis. Extrait de Wikipédia : 

    « Lors des élections municipales de 1925, le Parti communiste français, après une directive de Moscou, présente plusieurs candidates, alors que les femmes ne sont en droit ni électrices ni éligibles. Mais faute de précision dans la loi électorale, des femmes peuvent être inscrites sur les listes électorales, dont la validité n'est vérifiée qu'après l'élection. » 

           Il y a par exemple Joséphine Pencalet (3), ouvrière dans une usine de sardines, qui a été élue conseillère municipale au premier tour des élections municipales de Douarnenez. Elle a siégé six mois avant que son élection ne soit invalidée par le Conseil d’état. 

           Le journal L'Express d'Angers et de l'Ouest publiait le 20 mai 1925 un article sur l’annulation de l’élection de Marthe Tesson en « banlieue parisienne » : la loi de 1884 n’était pas applicable. 

    Femme vote 2 .jpg

    - 2020 – La part des femmes dans les conseils municipaux après les élections en 2020 (extrait du Bulletin d’information statistique de la Direction générale des collectivités locales n°145) : 

    « La proportion de femmes dans les conseils municipaux (maires, adjoints, autres conseillers) est de 42,4 % au lendemain des élections municipales de 2020 (contre 39,9 % à la fin du mandat précédent). 1000 communes de plus sont dirigées par une femme depuis les élections, ce qui porte la proportion de femmes parmi les maires à 19,8 % (16,9 % avant les élections). » 

    JCR 

    1 - La loi du 5 avril 1884 fonde le régime communal républicain et définit son organisation. À l'issue des élections municipales des 4 et 11 mai 1884, les maires sont pour la première fois depuis la Restauration élus par les conseillers municipaux et non plus nommés par les préfets.

    2 - Une suffragette française ( https://www.centre-hubertine-auclert.fr/qui-est-hubertine-auclert ). 

    3 - Son histoire sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9phine_Pencalet