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ruedespuces - Page 70

  • Les cours d'eau des Boutières : Un régime contrasté (1)

           Les Boutières comportent 10 cours d'eau principaux. Ils ont des régimes (1) assez semblables car tous sont situés dans la même zone climatique et à des altitudes assez voisines. On peut donc distinguer 4 périodes au cours de l'année, à savoir:

     

    • Une période de hautes eaux au printemps (avril, mai, juin) due à la fonte des neiges sur les hauteurs (au-dessus de 1000m), même si la neige tend à se faire de plus en plus rare en hiver depuis quelques décennies.
    • Une période de basses eaux d'été (juillet, août, septembre), en raison de l'absence de précipitations et à l'évaporation intense au cours de cette période, où est atteint l'étiage (2),  , période de plus en plus marquée depuis quelques années ,semble-t-il.
    • Une période de hautes eaux d'automne (octobre, novembre, décembre), due aux pluies venant de la Méditerranée (épisodes cévenols) qui peuvent gonfler considérablement le débit des cours d'eau (l'Eyrieux peut alors rouler plusieurs centaines de m3 à son confluent avec le Rhône, à Beauchastel)

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    • Une période de basses eaux d'hiver (janvier, février, mars), due non pas à l'absence de précipitations, mais au fait que celles-ci tombent sous forme de neige, et ne s'écoulant donc pas.

      Ces périodes peuvent être plus ou moins accentuées selon les années, ou encore parfois décalées au cours de l'année, en fonction des aléas météorologiques.

     

      Mais s'il y a bien une unité certaine des régimes des cours d'eau boutiérots, elle peut être plus ou moins caractéristique selon le cours d'eau considéré. Grosso modo, on peut distinguer 3 groupes de cours d'eau, selon leur régime:

     

    • Un groupe dont les bassins versants sont compris entre 400/500 m et 1300m d'altitude: tels sont le haut-Eyrieux (de sa source à Saint martin de Valamas; la Rimande; la Saliouse; l'Eysse; la Dorne, tous ces quatre derniers prenant leur source: à l'extrême ouest des Boutières, à proximité du massif Mézenc/Gerbier. Ils sont marqués par les basses eaux d'hiver et les hautes eaux de printemps, malgré la raréfaction de la neige ces dernières décennies.
    • Un groupe dont le bassin versant est compris entre 200m et 1000m d'altitude, à savoir le Talaron, la Glueyre et l'Auzène. Ces rivières sont moins sensibles aux précipitations neigeuses et sont surtout marquées par les hautes eaux d'automne.
    • Un groupe dont le bassin versant est compris entre 100m et 800 m: ce sont le Boyon et la Dunière qui ne subissent pas l'influence hivernale, mais sont très sensibles aux basses eaux d'été (débit quasi nul à cette époque)
    • Enfin ,l'Eyrieux, considéré dans son ensemble, est caractérisé par un débit très faible en été (ne dépassant guère quelques centaines de litres en été à Beauchastel, mais par de très hautes eaux d'automne (lors de grandes crues, débit de plusieurs centaines de m3 à Beauchastel).



    1. Le régime d'un cours d'eau est le caractère de l'écoulement des eaux au cours de l'année.
    2. L'étiage est le niveau le plus bas d'un cours d'eau (son débit le plus faible). A leur étiage, les affluents de l'Eyrieux seulement quelques dizaines de litres  par seconde à leur confluent avec celui-ci.



                                                                 Gilbert  Verdier

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    Dans le dernier numéro, nous avons reçu dans les commentaires, ce poème d'un ancien habitant de Saint-Martin. Comme tout le monde ne regarde pas les commentaires, nous le republions sur les pages du blog.

     

    I

    Vita brevis... – J'agrée. Dans le petit village
    Où je jouais gamin dans les rues escarpées,
    Je vais, errant au gré des rues aux cent virages,
    Des voies et des chemins à la pente agrippés.

    II

    C'est la même qu'antan, la peinture qui craque
    Sur la porte écaillée au bois agonisant.
    Puisqu'il passe, le temps, rien ne sert qu'on se braque :
    La peinture brillait lorsque j'avais six ans.

    La grosse clé rouillée dans un coin de la porte,
    Quelle main l'a soumise, à rester sans bouger ?
    S'ennuie-t-elle, à prier qu'une autre main la sorte
    De la serrure grise où le temps l'a figée ?

    III

    Souvenir des tranchées au petit cimetière,
    Tranchées, dessous, dessus : partout on s'étrilla,
    La tête un peu penchée, brave poilu de pierre,
    Sur ton socle moussu j'ai lu : Pro patria.

    Elle a crû sur la tombe où la mort nous condamne,
    Une graine... Qui l'a déposée ? C'est le vent.
    Une graine qui tombe et un jeune platane
    Surgit de l'au-delà face au soleil levant.

    IV

    Sous le vieux pont, décor aux arches solennelles,
    Descendu sans férir des sommets conquérants
    L'Eyrieux coule encor... Tâche perpétuelle,
    Des galets à polir, que roule le courant.

    Beaucoup d'aygue a passé depuis cinquante ans, certes ;
    Je vise, un peu penché, l'autre rive... Ballot !
    Que de galets lancés – toujours en pure perte –
    Après trois ricochets churent au fond de l'eau !

    V

    Tout au bout de l'allée aux platanes, la piste
    Par où vient – le voici ! – un marcheur affairé
    Qui va d'un pas zélé ; le savais-tu, touriste ?
    Le train roulait ici, c'était la voie ferrée.

    Quand j'étais garnement, j'aimais avec mon père
    Voir le train arriver – garnement mais gentil.
    Les bambins du moment aimeraient tant, espère,
    Un beau train pour rêver. Mais le train est parti...

    VI

    Le train s'en est allé pour son dernier voyage ;
    « S'il faut vivre au pays nous resterons pourtant. »
    L'âme bringuebalée, le cœur bien davantage,
    Hélas, moi j'ai failli voilà déjà longtemps !

    La grosse clé rouillée dans un coin de la porte,
    L'arbuste plein d'entrain transporté par le vent,
    Les galets ronds roulés que la rivière emporte,
    Le fantôme du train, plus rien n'est comme avant.

    VII

    Vita brevis... – J'entends. Dans le petit village
    Où je jouais jadis dans les rues biscornues,
    Je vais l'air important, privilège de l'âge
    Puis je pleure tandis que la vie continue.

    Saint-Martin-de-Valamas, dimanche 8 avril 2021

    Lionel R.

  • Les ponts de St-Martin avant le XXe siècle

    (Pour donner une suite à l’article « Saint-Martin-de-Valamas au moment de la Révolution » du mois dernier.)

     

    Il n’est pas facile d’imaginer le réseau routier du Moyen-âge et de connaître avec précision la nature des passages de rivières. Pour avoir une idée des problèmes de franchissement des cours d’eaux, on peut se référer, par exemple, à l’ouvrage de Paul Camut, Saint-Martial en Boutières et  la seigneurie de Fourchades, notamment au niveau de l’Eysse à Massas (hameau qui était rattaché alors à St-Martial) ou de l’Escoutay à Deux-Eaux.

     

    La thèse de Franck Bréchon, Réseau routier et organisation de l'espace en Vivarais et sur ses marges (1250-1450), (consultable sur https://www.academia.edu) apporte quelques précisions sur la circulation autour de St-Martin. Le pont sur l’Eysse n’est, d’après lui, pas attesté au Moyen-âge et il existait un itinéraire partant du Cheylard, passant par Brion et Trenc, et arrivant au lieu-dit Au Plancher où il y avait un « planchier ».

    Pour remonter la vallée de l’Eyrieux il y avait deux solutions suivant l’état de la Saillouse : passer à gué ou faire le détour par Limis où un pont y était attesté.

     

    La vallée de l’Eysse n’était pas un axe important de circulation ou de pénétration pourtant il y avait un pont sur l’Eysse à Arcens. Existant en 1542, il est daté du XIVe siècle par certains auteurs. Il était aussi sur un axe de circulation entre Gluiras et la Haute-Loire par Borée, pendant la guerre des Cévennes (Chemins tracés sur une carte de Pierre Mortier de 1711).

     

    Une très courte description des ponts de St-Martin est donnée par un dessin assez sommaire de 1767 : plan terrier produit à l'occasion de l'ouverture d'une route de Saint-Martin-de-Valamas au Cheylard. (AD07- collection routes et ponts d’Ancien Régime - consultable en ligne).

    pont 2.jpg

    ponts 1.jpg

     

    A l’entrée du village, il y a deux « ponts de pierres » : un l’Eysse pour arriver au village en venant du Cheylard et un sur l’Eyrieux en direction de Lavis et de St-Agrève. Le pont d’Arcens est indiqué sur le tracé d’un « chemin à faire » de St-Martin à Mézilhac. Ce chemin caladé et bordé de murets a été en partie réalisé et il vaut la peine d’être emprunté.

     

    D’une manière générale, les ponts ne sont que très peu représentés sur les cartes.

    On trouve cependant :

    - les ponts sur l’Eysse et l’Eyrieux à St-Martin, le pont à Arcens et le Pont des Lièvres sur la carte de Cassini - 1777 ;

    - les ponts sur l’Eysse, l’Eyrieux, au Plancher et sur la Saillouse, dessinés sur le plan cadastral de 1840 de St-Martin.

     

    En 1865, le pont sur l’Eysse était en mauvais état et l’agent voyer en chef déclarait, dans son rapport du 24 juillet : « Quant à la dernière partie [de la route n° 21], entre cette rivière et le village de St-Martin, partie qui comporte la reconstruction du vieux pont existant, évaluée à 30,000 fr., nous serons malheureusement obligés d'en ajourner l'exécution à quelques années, faute de ressources suffisantes ». La construction du pont de trois arches de 12 m chacune et la rectification de la route aux abords a été adjugée « au sieur Bernard le 19 mai 1869 : 30 000 fr ».

    Il a été terminé avant le 1er octobre 1871 et il restait alors 10 000 fr. à régler. (Comptes rendus des séances du Conseil général).

     

    La route n°21, du Cheylard à St-Martin en passant par Jaunac, était presque achevée, mais l’actuelle route départementale, le long de l’Eyrieux, prévue depuis longtemps, n’était pas encore commencée…

     

    Dupont et Pondut