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ruedespuces - Page 152

  • Editorial 31

    On aurait pu parler de l'ouverture des terrasses, on aurait pu parler de la vaccination, on aurait pu parler du cambriolage à l'Atelier du bijoux, on aurait pu parler de la réouverture de l'Office de Tourisme, on aurait pu parler des nombreux et nombreuses centenaires à St-Martin, on aurait pu annoncer l'Assemblée générale de L'USSM le vendredi 18 juin à 18h30, on aurait pu dire qu'il y aura bien un feu d'artifice le 14 Juillet, on aurait pu parler des élections, on aurait pu aussi parler d'une bagarre au centre du village, mais on ne voulait pas faire de l'ombre ni au Dauphiné Libéré, ni à l'Hebdo de l'Ardèche, ni à France Bleue.

    Il ne nous reste donc plus qu'à signaler que sur la place de Saint Martin, des bancs ont été installés entre les arbres récemment plantés et que l'eau potable y est enfin arrivée (il y avait déjà un robinet, mais il était mal indiqué. Grâce à un citoyen persuasif, la commune a fait placer ce beau panneau bleu .).eau potable 1.jpg 

    Quoi qu'il en soit, ruedespuces n'a pas vocation à être un vrai organe d'information. Nous sommes seulement une petite équipe d'apprentis « écrivains » ayant envie de faire partager leurs petites histoires, leurs impressions ou leurs réflexions ayant trait à l'actualité ou à l'histoire locale mais aussi à des sujets d'ordre général.

     

    Afin d'élargir notre cercle de lecteurs (à l'heure actuelle on envoie un mail à chaque parution à un peu plus de 200 personnes) peut-être que nos lecteurs pourraient nous communiquer des adresses de personnes susceptibles d'être intéressées par ce blog. D'autre part, il serait aussi intéressant d'avoir des contributeurs au Cheylard (déjà le billet d'un Cheylarois dans ce numéro)) et dans les villages environnants. Pour cela, vous pouvez envoyer vos contributions à :  ruedespuces@gmail.com

     

    Après 30 parutions de « ruedespuces », un lecteur fidèle et attentif nous a fait remarquer qu'en tête de chaque article, en haut à gauche on peut cliquer sur un petit carré bleu pour dire : « J'aime ». Chers lecteurs, profitez de cette fonction pour, lorsque que vous avez apprécié un article, nous le signaler. Cela peut nous encourager mais aussi nous aider à identifier ce qui vous intéresse.

     

    Dans ce numéro 31 : la suite de notre série sur les débuts du tourisme dans notre région, la suite aussi de notre feuilleton « Et si le monde de demain n'était pas du tout à la hauteur de nos espérances », un article sur les modifications du paysage à St-Martin entre 1950 et 2020, un sur une Saint-Martinoise à l'origine des EHPAD, un billet s'interrogeant sur les suites de la pandémie et un faisant suite à un article du numéro précédant à propos des coupes rases. On trouvera également dans ce numéro, un texte de Franck Pavloff publié aux éditions du Cheyne en 1998.

    Nous vous souhaitons une bonne lecture

    François Champelovier

  • Saint-martin-de-Valamas : Les modifications du paysage, 1950-2020

    Les transformations du paysage sont souvent insensibles d'une année sur l'autre. Mais sur une longue période, elles sont souvent flagrantes. On peut classer ces transformations selon qu'elles concernent la nature (essentiellement  la végétation) ou les réalisations humaines (constructions, disparitions...), même si la distinction n'est parfois pas aussi nette qu'il y paraît. Et en septante ans, la commune de Saint Martin a bien changé.

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      A. LES MODIFICATIONS DU PAYSAGE NATUREL: Lorsqu'on regarde une carte postale de la commune en 1950 et qu'on la compare avec le paysage d'aujourd'hui, il apparaît nettement un fait: la forêt a gagné du terrain , notamment sur les hauteurs. Cette avancée de la forêt est due pour une bonne part aux plantations de pins « Douglas » effectuées dans les années 1960 et aujourd'hui arrivées à leur plein développement. On observe aussi une généralisation des landes (genêts, ronces, arbustes divers, plantes herbacées..., au détriment parfois des feuillus. 

     Le pendant de cette avancée de la végétation forestière et sauvage est évidemment une régression des terres agricoles, et particulièrement des terrasses (« chambas ») les plus éloignées des habitations , les plus difficiles d'accès ou les plus arides. Subsistent des terres dédiées à l'élevage caprin ou ovin (les bovins ayant pour ainsi dire disparu de la commune). Les seules terres agricoles restant sont certains fonds de vallée plats et quelques terrasses où l'arrosage est possible, mais les vergers ont eux aussi quasiment disparu , à l'exception de la châtaignerie ( mais aussi en voie d'abandon.



       B. LES MODIFICATIONS DU PAYSAGE URBAIN : malgré une baisse importante de la population communale entre 1950 et 2020 (-35%), on observe un espace urbanisé en extension, avec l'apparition de constructions dans des secteurs autrefois vides d'habitations:tels sont les quartiers de la Croix-la-pierre, de la gare, des Horts...tandis que certains hameaux se voient renforcés: Valamas, Crezenoux, la Teyre, Nant, le Bourget... Cette extension se fait sur des espaces situés à proximité des voies de communication (voiture oblige). Parallèlement, on observe une désaffection pour les hameaux ou écarts les plus éloignés ou les plus mal desservis:la Romane, Trenc, Dornebessac...

     On note également depuis les années 60 une certaine désertion du centre du bourg ( au profit des hameaux évoqués plus haut, mais ce n'est peut-être pas inéluctable. Enfin, il faut surtout remarquer la régression des espaces industriels: même si les bâtiments sont toujours là, ils sont affectés à d'autres fonctions.



      CONCLUSION Au cours des 70 dernières années, le grand perdant sur la commune est l'espace agricole (abandon des terres) au profit de la forêt et des landes d'une part , et d'autre part  de l'espace urbanisé (habitations) . Inévitable, ou peut-on renverser la vapeur ?



                                                         Gilbert Verdier



       ANNEXE: Les grandes modifications de  l'espace urbain (1950-2020) sur la commune de Saint Martin de Valamas:



      -Disparition de la gare et de ses dépendances (bâtiments, voie ferrée)

      -Plan d'eau et stade de Champchiroux

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      -Camping de la Teyre

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      -Elargissement du carrefour du Cadet

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      -Lotissements de la gare et des Horts

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      -EHPAD « La Cerreno »

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     -Extensions du cimetière

     -Parkings du cimetière et route des Horts

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     -Usine « Altesse » de Valamas

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     -Maison de santé

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     -HLM de Champchiroux

    -La Maison Murat devenue Atelier du Bijoux et aménagement du carrefour

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      -Caserne des sapeurs-pompiers du Gua

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    Gilbert Verdier

  • Philomène Magnin :

     

     

    Philomène Magnin, personnage connue pour être à l'origine des EHPAD, née à Lyon. Elle est enterrée au cimetière de Saint-Martin de Valamas.

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    Elle est la fille de Claude et Emilie Philomène Hilaire.

    Certains saint-Martinois et Saint-Martinoises se souviennent encore avoir entendu parler de Philomène par leurs parents.

     

    Nous reproduisons ici un article du Dauphiné Libéré rédigé par Jean Dussaud :

     

    C’est un livre écrit par Michel Loude, aux éditions Jacques André. Il retrace l’action de Philomène Magnin à Lyon auprès des plus grands, en faveur des plus nécessiteux.

    Issue d’une famille des environs de Saint-Martin-de-Valamas par sa mère, elle-même petite bergère à 5 ans, taillable et corvéable à merci, ne sachant ni lire ni écrire qui a réussi à «s’expatrier» à Lyon en quête d’un sort meilleur. Philomène a dès son enfance en 1905 connu la précarité. Orpheline de père en 1911, commence pour elle le dur apprentissage de la vie. Dès son entrée à l’école des religieuses, elle a eu à subir les vexations et les insolences des enfants de famille plus huppées. Elle en gardera un sentiment indélébile d’injustice et de révolte. Sa mère, solide paysanne, travaillait dur pour la maintenir à l’école tout en lui communiquant une foi irradiante qu’elle a gardé sa vie durant. Appartenir à la communauté chrétienne était vital pour Philomène. Elle y puisait une force, un rempart, même si son charisme n’était pas celui des bigots. Son christianisme était de fraternité, de social, de lutte contre l’injustice, d’actions pratiques en faveur des pauvres gens, tout en aimant la fête au «patro» où elle apprenait le chant et la comédie.

    Adolescente militante et responsable

    A 14 ans, elle débute dans la vie professionnelle. Elle assiste à des conférences concernant la vie syndicale sur le thème : « les femmes exploitées dans le monde du travail ». Enthousiasmée, elle adhère à 15 ans à la CFTC. Son crédo est la lutte pour se former et se battre, mais encore s’instruire, comprendre,  progresser. De 1919 à 1944 elle engrange les connaissances, défend les intérêts des «dévideuses en soierie», réclame de meilleures rémunérations, essaie d’obtenir une convention collective. Philomène se jette dans les textes de lois, épluche les codes, ses interventions syndicales sont appréciées et le patronat apprend à la connaître. Elle devient peu à peu une femme publique par son dévouement, sa droiture politique et sa disponibilité.

    Après la Libération, elle est élue au conseil municipal de Lyon puis au conseil général du Rhône. Son infatigable action s’oriente surtout vers les chômeurs, les orphelins et les vieillards dont la situation est très souvent catastrophique. Elle devient adjointe au maire et administrateur des hospices civils de Lyon. Soutenue par le président Edouard Herriot, elle conçoit l’idée de maisons de retraite pour ces personnes âgées qu’elle voit humiliées et esseulées. Elle crée la toute première : «Ma demeure» pour recueillir, soigner et nourrir tous ces concitoyens qu’elle dit : «avoir le droit de vieillir dignement». «Ma demeure» sera désormais une référence dans le domaine de l’accueil des personnes âgées. Ce sera l’aboutissement de la grande œuvre de toute sa vie.

    Son action publique fut un sacerdoce au service des autres. Elle mourut en 1995 et repose au cimetière de Saint Martin de Valamas.

     

    En complément de cet article, nous publions un document de Michel Loude de 2004 « L'aube des citoyennes »  (Michel Loude est écrivain et biographe de Philomène Magnin)

     

    En 1919 elle adhère à la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC), qui vient d’être fondée.

     Elle suit les cours de formation donnés par La Chronique Sociale et par l’Ecole Normale Ouvrière de la CFTC.

     En 1924 elle secrétaire de la section « employés de commerces » du syndicat.

     En 1936 elle est déléguée syndicale et devient membre de l’Union Départementale du Rhône de la CFTC.

     Atteinte de la tuberculose, elle est contrainte de se reposer quelques mois.

     En 1935 elle trouve un emploi au journal de la basilique, L’Echo de Fourvière (1953-1943), puis au magasin de l’Œuvre de Fourvière.

     Pendant la guerre elle fait partie du Comité de Coordination d’Action Chrétienne (CCAC), membre de la Résistance.

     En 1944, elle est désignée par la CFTC comme membre du Conseil municipal provisoire de Lyon présidé par Justin GODARD.

     En 1945 elle est élue conseillère municipale de Lyon et le reste jusqu’en 1977, en charge des affaires sociales.

     Elle est administratrice des Hospices Civils de Lyon de 1944 à 1959.

     Elle est conseillère générale du Rhône de 1945 à 1949. Aux élections de 1949 elle refuse certaines voix de la Droite locale et est battue. Elle redevient conseillère générale de 1961 à 1985.

     Elle devient aussi conseillère à la Communauté Urbaine de Lyon de 1969 à 1977 et conseillère à la Région Rhône-Alpes de 1973 à 1976.

     Chargée des questions sociales, elle innove avec Ma Demeure, une maison de retraite constituée d’appartements pour personnes seules ou en couple et de services communs, pour les soins, la restauration, les loisirs, maison qui servira de modèle pour l’hébergement des personnes âgées. Cette réalisation fut la première maison de retraite médicalisée en Europe.

     Elle participe durant sa carrière publique à la mise en œuvre des politiques d'aide sociale à l'enfance, de réinsertion sociale des jeunes ou des adultes, etc.

     Son expérience des combats des femmes l’amène à prendre des positions audacieuses contre l’opinion parfois de son électorat et du monde catholique. « Il fallait une dose impressionnante de courage pour cautionner, dans les années 70, les projets du planning familial, les lois Neuwirth sur la contraception, les lois Weil sur l’avortement » (LOUDE, p.116).

     Elle se retire en 1983 à Ma Demeure où elle meurt en 1996.

     Par son itinéraire et son action, elle représente cette part des « chrétiens sociaux » du diocèse, qui ne sont pas issus de la bourgeoisie lyonnaise et qui partagent avec d’autres, « qui ne croient pas au ciel », la volonté de réduire les inégalités sociales et de bâtir une humanité plus fraternelle.

     

    Une rue de Lyon ainsi qu'un lycée portent son nom. A quand une rue Philomène Magnin à Saint-Martin-de-Valamas ?

     

    Merci à Georges Verat pour nous avoir signalé ce fait et pour son aimable collaboration et à Jean Dussaud qui nous a permis de reproduire son article.