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ruedespuces - Page 175

  • Arcens : Une démographie qui semble se stabiliser

    Il est difficile de connaître le nombre d’habitants dans une commune avant 1790 puisque  l’on ne dénombrait alors que les « feux » (foyers ou cheminées ou familles). Le nombre de personnes constituant un foyer est trop variable pour penser trouver un coefficient valable pour établir une correspondance. Une seule donnée fait correspondre les nombres d’habitants et feux en 1721 : 173 feux et 886 habitants. On peut citer comme élément de comparaison : en 1780 le nombre de feux était de 216 et en 1790 le nombre d’habitants de 1263 (Paroisses et communes de France - Ardèche, éditions du CNRS, 1976).

    Variation de la population de 1790 à 2020

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    Zone 1 : La baisse est attribuée aux « levées en masses » pour les différents conflits armés de cette époque.

    Zone 2 : A partir du milieu du XIX° siècle, l’exode rural dont certains situent le début vers 1861 commence à vider les hameaux puis le chef-lieu. L’industrialisation du village (un moulinage construit en 1908) ne retient pas la population.

    Zone 3 : L’effet des deux guerres est dévastateur et amplifie le deuxième exode rural qui semble avoir commencé bien avant le début de la seconde guerre mondiale. 

    Zone 4 : La commune s’industrialise, le moulinage repris par FIMOLA se modernise et augmente sa capacité (nouveau barrage, nouvelles turbines), l’usine d’embouteillage de l’eau minérale, La Préservatrice, est relancée à la Libération, une scierie construite en 1930 emploie une dizaine d’ouvriers et le réseau électrique couvre presque la totalité de la commune. 

    Zone 5 : Cette nouvelle baisse démographique est due aux conditions liées à l’emploi. Le moulinage ferme et il est remplacé par une usine de moteurs électriques qui emploie deux fois moins de personnes ; les chaînes d’embouteillage de l’usine d’eau minérale, rationnalisées, demandent moins de main d’œuvre ; la scierie a cessé son activité.

    Depuis 2004 : La fermeture de l’usine de moteurs et celle d’un atelier de bijouterie n’ont pas eu beaucoup d’influence sur la démographie qui se maintien pour l’instant autour de 380 habitants. Une entreprise de conception de machines automatisées est implantée sur la commune depuis 10 ans mais pourrait déménager, les hôtels et restaurants sont en vente, un bar pourrait rouvrir au printemps, il ne reste qu’un commerce (épicerie multiservices)… l’avenir semble incertain.

    Jean-Claude Ribeyre

     

  • Evolution de la démographie à Saint-Martin-de-Valamas et au Cheylard.

     

    Saint-Martin-de-Valamas : Une démographie en pente douce (1800-2020)

     

    La démographie de Saint-Martin-de-Valamas n'est pas vraiment représentative du secteur des Boutières. Elle partage malgré tout avec l'ensemble de cette région certains traits communs, mais atténués. On peut distinguer essentiellement trois périodes.

     

    1800-1876 : La population ne varie guère, elle se maintient autour de 2000 habitants. En cela, elle ne suit pas l'évolution générale des Boutières, en nette augmentation à ce moment là, notamment entre 1800 et 1850.

     

    1876-1914 : La population est en hausse continue. La commune gagne 500 habitants sur cette période (+24%). Le maximum est atteint avant la guerre (2670 habitants). Cette séquence correspond à une certaine industrialisation de la commune (textile, bijouterie) et peut-être à l'arrivée du CFD. Durant ce temps, la population des Boutières (et celle des villages alentour) commence à régresser.

     

    1929-2020 : Sur un siècle, la baisse de la population est continue et régulière, sans grands à-coups (-37% sur la période, soit 1500 habitants). Elle accompagne la baisse générale sur la région, mais de façon moins accentuée. La présence d'industrie sur le territoire a freiné la dépopulation, sans toutefois l'empêcher. Mais cette baisse n'est peut-être pas terminée.

     

    Conclusion : Commune à la fois industrielle et en partie rurale/agricole, Saint-Martin-de-Valamas a eu une évolution de sa population sans heurts (hausse de population modérée, baisse lente) mais sans parvenir toutefois à juguler le déclin démographique. Il semblerait qu'aujourd'hui Saint-Martin soit englué dans un « marais démographique » dû à l'absence de caractérisation claire de ses activités. Etre une commune seulement résidentielle ne saurait être satisfaisant.

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    Le Cheylard : Une démographie atypique . (1800-2020)

     

    L'évolution démographique du Cheylard n'est pas exactement parallèle à celle des communes environnantes et à celle des Hautes Boutières (Bassin de l(Eyrieux, de la Dorne, de l'Eysse, de la Saliouse, du Talaron) en général. Elle apparaît plus heurtée, moins linéaire. Grosso modo, on peut repérer 5 phases, de durée fort variable dans cette histoire démographique.

     

    De 1800 à 1850 : C'est une période d'augmentation de la population, à un rythme modéré, mais continu, puisqu'elle passe de 1800 habitants à 2500, soit 700 habitants de plus (+39¨%) en 50ans. La commune suit l'évolution générale de la population boutiérote (+20%) mais en l'accentuant.

     

    De 1851 à 1861 : En dix ans la population passe brutalement de 2500 à 3700 habitants (+48%), ce qui est considérable, alors que cette augmentation n'apparaît pas ailleurs, ou alors de façon beaucoup plus modérée, ou de façon plus tardive (St-Martin-de-Valamas). C'est un effet de l'industrialisation, ou alors du statut de chef-lieu de canton.

     

    De 1861 à 1955 : C'est une longue période de stagnation démographique, où la population se stabilise autour de 3000 habitants, avec des hauts (1900-1914, arrivée du CFA!) et des bas (1880-1900 puis 1920-1930). On peut penser que ces bas sont dus aux guerres (1870 et 1914-1918). Durant cette période il y a stagnation alors que les villages alentour voient l'exode rural vider les campagnes, à partir de 1900 et plus fortement après 1920.

     

    De 1955 à 1975 : On assiste à une hausse continue de la population, qui passe de 3500 à 4300 habitants (+22% en 20 ans). L'industrie (textile, bijouterie) attire les populations : C'est le boom économique d'après guerre, qui profite à la commune, alors que l'exode rural se poursuit tout autour, de façon plus modéré qu'avant, mais tout aussi inexorable.

     

    De 1975 à 2020 : C'est une phase de déclin continu et marqué (-30% en 45 ans) qui efface les gains des 50 années précédentes, et qui ne semble pas terminée, et ce alors que l'exode rural qui touchait les campagnes paraît prendre fin. L'industrie, même encore vigoureuse, n'est plus suffisante pour maintenir la population sur place.

     

    Conclusion : Comme on le voit, l'évolution de la commune du Cheylard a un caractère erratique au cours des deux derniers siècles : Des hausses brutales, suivies de baisses plus ou moins fortes, ou de périodes de stagnation. Cette évolution est complètement différentes de celle des campagnes environnantes, qui est plus régulière / Hausses modérées et baisse continue sur plus d'un siècle. C'est que Le Cheylard à l'opposé des bourgs ruraux, est une cité industrielle, où l'agriculture n'a guère de place. Elle est plus sensible à la conjoncture économique (récession, boom). Son évolution démographique reflète cette identité industrielle, qui aujourd'hui d'ailleurs ne semble pas à même d'assurer une démographie dynamique.

    En 2020, la population du Cheylard a retrouvé son niveau de 1886 ! (autour de 3000 habitants) 

     

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  • Variation de la population entre 1644 et 2021 dans les Hautes Boutières

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    Le dénombrement des communautés de 1644 (1)

    C'est en vertu des délibérations des États de la province et de ceux du Vivarais tenus à Bourg-Saint-Andéol en novembre 1644 que fut entrepris, en vue de la levée des droits d'amortissement dus par les communautés, un dénombrement, ou plutôt une évaluation de la population du Vivarais (A.D.A.,C695, p. 80). Ce dénombrement était nécessité par le mode des calculs des droits : 20 sols par feu pour prendre du bois aux forêts seigneuriales, 10 sols pour avoir « la faculté de faire des fours » pour cuire le pain. Les déclarations furent faites par les consuls dont l'intérêt était de diminuer le nombre de feux pour avoir des droits moins élevés à payer. Ces déclarations furent vérifiées par des commissaires provinciaux communauté par communauté. Quelques « redressements » eurent lieu pour fraude : le consul de Macheville ayant déclaré 80 feux, les commissaires rectifièrent à 100. On n'est pas sûr cependant que les vérifications aient été faites avec une grande minutie. De toute façon, pratiquement toutes les données sont arrondies à 0 ou à 5 ce qui permet d'affirmer qu'il s'agit d'une estimation à la dizaine et à la demi-dizaine de feux près. Une particularité : on a noté les feux, ou dans un sens synonyme, les habitants. Les deux termes dans le cas précis de ce dénombrement doivent être confondus. Son intérêt est aussi de donner à peu près le nombre de feux de toutes les communautés, sauf quelques exceptions (Villeneuve-de-Berg, Saint-Agrève, Vallon ...) ce qui permet d'avoir une idée sur les ravages provoqués par la descente de Louis XIII au Vivarais en 1629-1630.

    Le dénombrement de 1790 (1)

    C'est en juillet 1790 que le Comité de Division (2) demanda au département de l’Ardèche de dénombrer sa population en la détaillant par districts, cantons et municipalités. Le dénombrement se déroula entre 1790 et 1791 : les districts du Mézenc et Le Tanargue n'envoyèrent leurs états qu'en 1791. Des municipalités ne paraissent pas avoir établi leur dénombrement et la plupart d'entre elles le bâclèrent. La sous-estimation notoire est la règle générale.

    Recensement de 2020

    Jusqu'en 1999, les populations légales étaient déterminées à l'occasion de chaque recensement général de la population. Entre deux recensements elles pouvaient être modifiées par un recensement complémentaire. A partir de 2008, la nouvelle méthode de recensement basée sur des enquêtes de recensement annuelles permet de calculer chaque année des populations légales actualisées. Fin 2020 l’INSEE a publié les populations légales des communes en vigueur à compter du 1er janvier 2021 en référence aux statistiques du 1er janvier 2018. Les communes de moins de 10 000 habitants réalisent une enquête de recensement portant sur toute leur population une fois tous les cinq ans. Le prochain recensement pour St-Martin devait avoir lieu en 2023 mais sera repoussé d’une année puisque l’INSEE a décidé de reporter à 2022 la prochaine enquête annuelle de recensement.

    1 - Extraits de Paroisses et communes de France - Dictionnaire d’histoire administrative et démographique - Ardèche. Éditions du CNRS. 1976.

    2 - Le Comité de Division était chargé d’étudier le découpage de la France en département.

    Jean-Claude Ribeyre