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ruedespuces - Page 222

  • Editorial

    Encore une fois, nous avons survécu à la grisaille et à la neige du mois de novembre. Il ne reste plus que l'épreuve des fêtes de fin d'année pour glisser vers 2020. Nous vivons ici, vraiment dans un endroit privilégié, aujourd'hui dimanche, le soleil presque printanier donne envie d'en profiter pour ranger les feuilles tombées ou les branches arrachées du jardin. Les mésanges et les merles ont l'air d'être dans le même état d'esprit que les humains. Les faisans venus dans des caisses de quelque pays d'Europe de l'Est et relâchés pour servir de cible facile à quelque fana du fusil se sont réfugiés près des habitations et écoutent de loin les aboiements des chiens de chasse sur la montagne en face. Pas entendu de coups de fusil, le chevreuil ou le sanglier ne finira pas aujourd'hui dans quelque congélateur déjà bien rempli.

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    Il est toujours plus tentant de parler des trains qui arrivent en retard, « ruedespuces » n'échappe pas à cette facilité, voulant équilibrer un peu, j'ai cherché un sujet positif, autrement dit, des trains qui arrivent à l'heure. En voici un : Nous avons une grande chance à St-Martin, malgré un niveau de chômage élevé, d'avoir des artisans qui ne souffrent pas de ce fléau. Ils sont débordés de travail. Essayez donc d'en faire venir un... Non, je ne donnerai pas de nom !

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    Recevez ce nouveau numéro de « ruedespuces » comme un cadeau arrivant 10 jours avant l'heure. A nouveau, nos contributeurs sont au rendez-vous. Entre autres friandises, une ancienne carte postale nous ramène à la grande guerre, un pont fait le buzz, le Coulassou nous fait coucou, une interview met deux animatrices dans la lumière, un billet apporte une réponse à un article du numéro de novembre et, en vue des prochaines élections municipales, le rôle du maire est expliqué.

    Bonne lecture et joyeuses fêtes.

    François

  • Une carte postale

    Dimanche nous sommes allés au salon des cartes postales à Blagnac. J'ai regardé les cartes postales de l'Ardèche.  Il y en avait une de saint Martin qui a retenu mon attention.

    Beaucoup de maisons actuelles n'étaient pas encore construites.



    Avec de la curiosité mais aussi de la gêne de découvrir un texte qui ne m'était pas adressé j'ai retourné la carte et j'ai lu :



    Vienne 23 juillet 1917 

    Chère amie Bastistine,

    je désire que ma lettre (te)vous trouve en bonne santé ainsi que (tes)vos parents.

    Pour moi la santé va bien. Je suis complètement rétabli. Je ne sens absolument plus rien. Je viens de passer mon mois de convalescence. J'ai aidé à rentrer les foins. Les premiers foins coupés ne sont pas bien affrétés à cause de la pluie. Dans 5 ou 6 jours la moisson va commencer.

    Je crois pas resté longtemps au dépôt. Je pense repartir au premier convoi pour le front mais je ne m'en fais pas pour ça mais j'aimerai mieux être au près de vous à labourer les champs de maïs, auprès de votre bon coeur chéri si tendre et si bon.

    Je vous envoie une vue de mon canton.

    Un ami qui pense à vous et qui vous aime du fond du cœur.

    Talllaron aimé au 99 regiment d'infanterie  30 éme compagnie Vienne.



    J'ai recherche dans les archives départementales et j'ai trouvé la fiche  de 

    Tallaron aimé Félix Joseph Matricule n°1338.

    Il est né le 18 avril 1894 à La Rochette et avait donc 20 ans....

    Il avait été ajourné aux conseils de révision de 1914 et 1915 et 1916 pour 'faiblesse' mais en 1917 il était 'bon pour le service armé'.

    Aimé Tallaron a séjourné à l’hôpital d’Auch et à l’hôpital de Mirande sa correspondante devait habiter le sud Ouest.
    Il était affecté dans les PTT comme agent  des lignes. Intoxiqué au gaz au mont Kemmel le 18-4-1918.
    Il est décédé à Bourgoin Jalieu le 17-12-1973



    C'était un clin d'oeil d'un poilu en ce mois de Novembre 2019 ….

    Chantal

  • Le pont

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    Depuis ma naissance

    il a dû en passer de l'eau sous les ponts.

    j'ai résisté aux orages, aux tempêtes et au temps

    j'étais beau

    J'étais fier de mon apparence

    de mes piliers, de mes voûtes

    fier du travail qu'avaient effectué les maçons

    fier d'avoir résisté à la crue de 1963

    même la rivière était fière de passer dessous

    les poissons se vantaient de me connaître

    les touristes me photographiaient

    non, je n'étais pas le pont du Gard

    ni le viaduc de Millau

    même pas le pont du diable

    je servais seulement, modestement à passer d'une rive à l'autre

    les randonneurs m'empruntaient

    quelques véhicules passaient

    et puis, brusquement on a cassé les pierres du parapet

    on l'a remplacé par de la ferraille

    un peu plus tard, même opération de l'autre côté

    élargi de quelques centimètres

    parait que c'est la faute aux pompiers

    ils ont bon dos les pompiers

    ça a dû coûter bonbon

    un pognon de dingue, comme dit l'autre

    Nombreux sont mes ponts frères qui ont subi le même sort

    j'étais un des seuls survivants

    le progrès

    on a voulu me faire ressembler au viaduc de Garabit

    mi-pierre, mi-fer

    plus de quoi être fier.

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    R. Gardes