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ruedespuces - Page 34

  • Joli mois de mai

    zone jamais tondue.jpgLe mois de mai, les fleurs en folie, les journées qui rallongent, les oiseaux  et tous les animaux  qui font leurs petits, les arbres bruissent dans le vent qui se fait plus doux, on entend le pépiement des oisillons, on s’émerveille devant le retour des papillons et des abeilles,  coquelicots, boutons d’or, marguerites, myosotis, trèfles et pissenlits, il y a quelque chose de magique dans toutes ces fleurs sauvages qui colorent nos talus, nos bords de routes et de chemins, elles poussent librement, un festival de couleurs et de parfums offert par Dame Nature. 

    Le mois de mai est une promesse de renouveau, les beaux jours sont là pour durer (on espère), la nature exulte et tente désespérément de cohabiter avec l’humain qui, dès le retour des beaux jours, sort sa tondeuse pour tout raser !!! pourtant, tondre fréquemment empêche les fleurs sauvages de pousser. Regardez un talus tondu régulièrement et un autre jamais tondu, et voyez la différence. Le premier est stérile, l’autre plein de fleurs. 

    tonte trop rasée.jpg

    Outre le fait que parfois la tonte est tellement courte qu’on dirait un labour, elle laisse le sol à nu, moche, un désert écologique. Plus de cachette pour les insectes, donc moins d’insectes pour les oiseaux insectivores, plus de fleurs à butiner pour les abeilles et les papillons. 

    Plus d’insectes pollinisateurs (ils sont gravement en déclin) signifie donc moins de pollinisation, à long terme plus de tomates, plus de courgettes, plus de pommes, plus de fleurs, toute la chaine écologique s’appauvrit dramatiquement. 

    ecrain de vie.pngC’est pourquoi chaque mètre carré non tondu peut devenir un refuge précieux. Avons-nous vraiment besoin de raser tous les talus du village et tous les terrains autour des maisons,  au lieu de ça ne devrions-nous pas plutôt penser à semer des graines et laisser pousser. On m’a objecté l’invasion des serpents. La règle quasiment universelle est que lorsqu’un serpent voit ou entend arriver un humain, il s’enfuit. Donc aucun risque qu’un serpent entre dans une école (par exemple) pour attaquer les enfants… Les personnes qui se font mordre sont souvent des promeneurs qui mettent les mains sur un rocher pour s’agripper. 

    Le mois de mai, le seul mois ou personne ne devrait tondre. Pourtant c’est en mai que

    Terminator a rasé le Pré Rond, avalant dans son affreuse machine les feuillus, les oisillons dansle désert.jpg les nids, les petites bestioles à peine nées dans les taillis, et peut être mêmes les deux familles de canards qui nichaient sur les bords de la rivière et tous les matins venaient faire un petit tour en dessous de mes fenêtres. En quelques heures tout a été avalé, rasé, broyé, laissant un sol désertique et stérile. Pour faire quoi ? Déjà l’herbe repousse, mais aucun projet ne semble émerger. 

    En mai, laissons la tondeuse au garage. Voici quelques exemples d’actions initiées dans plusieurs pays : 

    En Grande Bretagne :  avec le mouvement 

    « NO MOW MAY », des milliers de foyers laissent leur pelouse pousser en mai, plus de fleurs, plus d’abeilles, plus de vie. 

    En Suisse : des communes réservent des espaces où la nature reprend ses droits. Résultat :  un retour des espèces locales et un cadre plus attrayant. 

    zone non tondue suisse.jpg

    En Allemagne : plusieurs villes comme Berlin ou Munich développent des zones de tonte réduite, notamment dans les parcs, encourageant le retour des plantes indigènes, refuges pour les insectes, et prodiguant des programmes d’éducation à la nature pour les citoyens.

    En Belgique : notamment en Wallonie, les initiatives de « zones sans tonte » sont très nombreuses, certaines villes laissent pousser des bandes herbeuses au bord des routes et dans les parcs. 

    En France : le mouvement est lent, mais gagne du terrain. Quelques villes comme Strasbourg, Lyon, Rennes laissent volontairement pousser certaines zones. Le label « villes et villages fleuris » encourage désormais la biodiversité et non pas seulement les fleurs décoratives. De plus en plus de campagnes locales incitent les habitants à tondre le moins possible. 

    En conclusion, de nombreux pays réduisent la tonte pour favoriser la biodiversité, dans le but de laisser la nature respirer, revenir, et continuer à nous rendre ses services. 

    Et à Saint-Martin ? Si cette année la tondeuse sortait moins souvent ? une pelouse de golf c’est quand même moins joli que des parcelles de fleurs sauvages, une herbe plus haute garde mieux l’humidité et la fraicheur, un jardin sauvage c’est beau et vivant ! 

    une vraie prairie.jpg

    Laissons un coin du jardin sans tonte, semons des fleurs locales , coquelicots, bleuets, trèfles, marguerites, même quelques mètres carrés ca compte, ca peut faire la différence si chacun  s’y met . Ce n’est pas un retour en arrière, c’est un geste pour l’avenir. Chaque jardin compte, chaque geste compte, 

    ET SI ON S’Y METTAIT TOUS ? 

    Hélène Duchamp

  • Ardéchoises, Ardéchois, l'heure est grave.

    La nocivité de la retraite vient une nouvelle fois d'être démontrée. L'ennui que procure le temps libre sur certains seniors peut les amener à trouver des occupations aux conséquences inattendues, comme si les mots croisés ne suffisaient pas.

    Ainsi, un ancien expert-géographe Michel Lacroix, altiligérien, s'est mis en tête de prouver que le sommet du Mézenc se trouverait en Haute Loire alors que les documents officiels indiquent depuis très longtemps qu'il est situé en Ardèche.

    Un article du journal « l'Eveil » du 6 juin explique qu'à l'initiative de ce géomètre à la retraite, début juin, des spécialistes ont scanné le Mézenc à l'aide d'un drone pour en savoir plus.

    Les recherches de Michel Lacroix « montrent que pas moins de 150 hectares de terrain en direction des Estables, dont le point culminant du Mézenc, ont été tout bonnement avalés par les voisins ardéchois, suite à une 'erreur' cadastrale qui perdure ... »

    Le Mézenc a deux sommets, celui où se trouve une croix culmine à 1744 m (il est situé en Haute-Loire) alors que l'autre à 1753 m d'altitude est en Ardèche (vu de l'Ardèche il est à gauche, autrement dit, lorsque Laurent Wauquiez fait son ascension en partant de la Haute-Loire, il monte à droite, de plus en plus à droite). Chaque département a donc son sommet. Tout le monde devrait donc être satisfait, mais non, il faut qu'un retraité désoeuvré se prenant pour Donald Trump vienne semer la zizanie entre deux départements voisins au même moment où ceux ci sont en train de postuler ensemble afin d'obtenir pour la région du Mézenc le label « Grand site ».

    Amis Ardéchois, ne nous laissons pas faire. Signons des pétitions, manifestons. Manifestons pour que le sommet du Mézenc reste ardéchois. Manifestons pour la suppression de la retraite !

    François

    Petite mise au point : L'article du "Réveil" est bien réel : https://www.leveil.fr/estables-43150/loisirs/le-point-culminant-du-mezenc-devrait-etre-chez-nous-comment-la-haute-loire-a-perdu-son-sommet_14699816/ mais pour ceux qui en douteraient ce billet est du deuxième degré.

  • La Place

    De nos jours, lorsqu'on traverse la place de l'Hôtel de Ville, autrefois simplement dénommée « La place », on se sent bien seul : Pas de piétons, pas de riverains, un silence un peu oppressant. Est-on bien au centre du village ? On peut se poser la question.

    Pourtant, « la place » n'a pas toujours été ce lieu déserté par les habitants. Il y a quelques décennies ( entre 1930 et 1970) elle était un lieu très fréquenté, d'abord parce que tous les immeubles la bordant étaient occupés souvent par plusieurs familles ; Cela faisait du monde (100 à 150 habitants) en tout cas beaucoup plus qu'aujourd'hui où les maisons vides sont légion. Ensuite parce que tout un ensemble de commerces et de services y étaient implantés : Boulangerie, pâtisserie, cafés (7 ou 8!) magasin de vêtements, pharmacie (oui!) notaire, bibliothèque. On comptait le local des pompiers (au dessous de la mairie) et la gendarmerie qui partageait ses locaux avec la mairie, les familles des gendarmes étaient logées dans les étages ! N'oublions pas l'église, beaucoup plus fréquentée qu'aujourd'hui par les fidèles. Tout cela contribuait à créer une animation permanente, surtout si on ajoute la proximité des écoles (cîme du lieu, rue de la poste) aux heures de sortie et d'entrée, les enfants venant et repartant à pied (peu de véhicules alors). Oui, la place était bien alors le cœur battant du village et, pour couronner le tout, les pompiers partant en intervention attiraient les curieux, alertés par la sirène et ça, même la nuit !

    Mais autre chose contribuait à l'animation de la place : C'étaient les événements commerciaux ou festifs qui s'y déroulaient. Outre les offices religieux (bien plus fréquentés qu'aujourd'hui et très suivis) qui amenaient la foule les dimanches matin et remplissaient à leur sortie les cafés voisins (les grandes fêtes religieuses accentuaient cette fréquentation). Les foires mensuelles voyaient un afflue d'acheteurs autour des étales des forains beaucoup plus nombreux qu'aujourd'hui et offrant une gamme variée de produits (vêtements, chaussures,, équipement de la maison, outillage agricole), sans parler bien sûr des producteurs alimentaire locaux et parfois des bonimenteurs attirant les badauds par leur bagout intarissable pour vanter leur camelote. La place était alors entièrement garnie par ces étales. Une place particulière doit être réservée aux grandes foires de printemps et d'automne (foire de la Saint-Martin) l'afflue de forains et de visiteurs venus de l'ex canton de SMV était encore plus considérable, avec des paysans venus vendre leur cheptel (bovins, ovins, caprins) transactions interminables qui se terminaient avec la fameuse « patche ». La foire débordait alors la place pour s'étaler le long des rues avoisinantes (rue du Garail, rue Royale, cîme du lieu). La foire se prolongeait une partie de l'après-midi, pour le plus grand profit des cafetiers et restaurateurs, la consommation de « canons » atteignant ces jours là son maximum. D'autres manifestations festives se déroulaient sur la place en été. D'abord le feu de la Saint-Jean, en juin, qui réunissait la jeunesse autour du feu de bois. Le 14 juillet et le 15 août, au soir, un feu d'artifice réunissait la grande foule des résidents et des estivants (y compris ceux d'alentour) ravis de ce spectacle gratuit.

    Au cours de l'été se déroulaient souvent des concours de boules (à la lyonnaise alors très en vogue). Les parties finales avaient lieu sur la place, en nocturne, et se prolongeaient parfois fort tard.

    Au printemps, à Pâques, les « auto-tamponneuses » et établissements sous chapiteau pendant deux semaines rassemblaient autour de la piste les adolescents de tout le secteur, accompagnés parfois d'un manège pour les plus jeunes enfants.

    Mais l'événement le plus prisé alors, c'était l'arrivée d'un cirque (alors plus nombreux que de nos jours et qui n'hésitaient pas à parcourir la campagne) et c'était parfois des cirques assez importants (parfois 2 ou 3 par an). Le spectacle commençait dès le matin, dès l'arrivée des convois colorés et bruyants qui alignaient les roulottes et remorques sur la place. Cela  continuait avec un morceau de choix : Le montage du chapiteau, toujours spectaculaire. La place entière était ainsi occupée. Il était possible de visiter la ménagerie, toujours très prisée, on pouvait voir des chameaux, des lamas, des lions et des panthères dans des cages de quelques mètres carrés (dans des conditions qui aujourd'hui provoqueraient une émeute et l'incendie du chapiteau !) et même un hippopotame ! La musique tonitruante accentuait l'aspect festif de la journée ;

    Il ne faudrait pas négliger l'animation créée par les soirées électorales, très suivies alors (notamment pour les élections municipales qui se faisaient par individu et non par liste) Les soirées se prolongeaient parfois fort tard et étaient surtout l'occasion de discussions dans les cafés alentour..

    Comme on peut le voir, la « Place » était alors le théâtre de bien des rencontres, des échanges. Ce n'est qu'à la fin des années soixante que le basculement eu lieu. Disparition progressive des boutiques, des commerces, des cafés, fuite des résidents vers la périphérie de Saint-Martin, affaissement des foires et abandon de certaines traditions ou animations. On peut le regretter ou s'en réjouir mais il faut néanmoins être conscient qu'un village sans centre, sans lieu de rencontre risque fort de manquer d'âme et d'unité.

    Gilbert Verdier