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Mon bistrot
Ma rue monte de plus en plus, combien de temps vais-je encore pouvoir la gravir ?J'arrive sur la place du village un peu essoufflé. Deux hommes discutent à côté d'un 4X4 :- Salut François, fait pas chaud.- Non mais ils prévoient du beau temps pour les prochains jours.- Ils se trompent des fois.Devant le café, trois dames finissent leurs clopes :- Bonjour François, ça va ?- Oui, c'est bon, encore une fois je me suis réveillé ce matin !- Oui, tu dis toujours la même chose.Sur la porte d'entée un écriteau : « Poussez fort » A l'intérieur, devant le comptoir quelques hommes, je les connais, ça veut dire, je les rencontre depuis plus de vingt ans que j'habite ici. Je leur serre la main.- La patronne n'est pas là ?- Si dans la cuisine.Sur une table, à côté d'un couple, traîne le Dauphiné :- Je peux le prendre ?- Oui, on l'a déjà lu, c'est toujours la même chose.Je prends place en poussant quelques sacs ou manteaux, le groupe de dames à côté s'est éparpillé. Yolande, la patronne qui est sortie de sa cuisine me demande :-T'attends quelqu'un ?- Oui Sylvie va arriver.- Je la vois, elle vient de se garer, je lui fais déjà sa noisette décaféinée.Il est agréable d'avoir ses habitudes. D'autres clients entrent. Avant de s'installer au bar quelques uns viennent nous saluer. Ça fait plaisir d'être reconnu, surtout quand on est "pasdicilien", on se sent accepté. Il y a trois bistrots dans le village, on y va aussi quelques fois mais chez Yolande, c'est chez nous, c'est notre bistrot à nous.Le jour du marché il y a affluence. Des fois viennent les anciens de l'Ehpad, accompagnés des deux animatrices dévouées et de ma gentille voisine bénévole mais pas moins dévouée. Voilà le défilé des déambulateurs, il y a la Marie qui pousse le sien, toute seule, il y a Fernand soutenu par Gigi, il y a Jojo qu'on doit aider à lever le pied pour franchir la porte, il y a Lulu qui connaît tout le monde, il paraît qu'elle a eu la cuisse hospitalière dans le temps, et puis il y a les autres ceux qui ne se souviennent plus.Nous, on se souvient encore, on les a bien connu, même que celui là était électricien, celle ci tenait un magasin, celui là il n'était pas commode dans le temps, il s'est bien calmé va. Je fais ma blague habituelle : expliquer que je vais me planquer au moment où ils vont partir de peur qu'ils m'embarquent. Ça ne fait plus rire personne.Aujourd'hui "nozainés" ne sont pas là. (On dit nos aînés car ils sont à nous, c'est normal ce sont les nôtres, ils sont de chez nous, mais pourquoi est-ce devenu un terme courant pour désigner les vieux ? Vieux n'est pas une insulte, c'est un fait .) *Heureusement qu'ils ne sont pas là car il y a foule. Yolande a fait de la tête de veau. Avec les copains, les copines on avait réservé. Nous ne sommes pas les seuls. Il va y avoir une grande table de 10 personnes, 10 hommes qui profitent que leurs femmes n'aiment pas la tête de veau pour faire un repas de « mecs entre eux ».Notre table réservée est occupée par des dames à qui l'apéro a donné faim mais qui ne vont pas rester pour la tête de veau. Elles ont commandé des frittes, ça risque de durer. Alors on dégage les jouets de la table normalement réservée aux deux garçons de Yolande. Il y a toujours moyen de s'arranger dans notre bistrot.Yolande cuisine, Yolande remplit les verres au comptoir, Yolande fait le service dans la salle, Yolande vient séparer ses deux gamins qui se disputent avant de partir à l'école, Yolande est à la caisse pour régler l'addition de ceux qui vont manger à la maison.- Yo on peut avoir encore du pain ?- Yo t'as de la moutarde ?Yolande s'occupe de tout, Yolande est partout. Elle prend même le temps de raconter que hier elle est restée coincée dans la neige sur le plateau, une vraie aventure. La tête de veau est excellente, la sauce gribiche parfaite. Le silence s'est fait. Tout le monde a la bouche pleine. L'école vient d'avertir qu'un des garçons a cassé ses lunettes. Yolande fouille dans un tiroir. Elle part en courant et en passant la porte elle crie à la compagnie : Je reviens tout de suite. Encore un problème résolu.Ce soir, un SMS : T'as vu les nouvelles ? Si on se payait des frittes ? Yo tu peux nous faire des frites ? D'accord, je branche la friteuse.Dans notre bistrot, pas de nappe blanche, pas de la nouvelle cuisine, pas de chichi, pas de service sous cloche ni de serveur qui te regarde de haut, ici on ne fait pas dans la dentelle, la patronne nomme un chat un chat, elle jure et dit merde quand ça lui sied mais a le cœur sur la main.Dans cette période troublée, où les politiciens pensent encore que c'est eux qui ont la main sur la marche du monde, il fait bon avoir un havre d'humanité pour se réunir entre copains et côtoyer des gens du village, discuter un moment avec eux, même s'ils ne votent pas comme nous.Heureux les villages qui ont encore des bistrots.François Champelovier -
Fake-News
Lors de travaux au château de Rochebonne, un système de défense a été mis à jour. Les guetteurs ne suffisant pas, la vidéo surveillance avait été nécessaire. On vient d'en retrouver les traces dans l'ancien village.
Plus de boulanger à Saint-Martin !
Il est une tradition très "rudepucienne" que de créer de toutes pièces des Fake-News, de fausses infos, humoristiques, politiques, poétiques... Bref des fausses infos !
Il semblerait que ce sport linguistique soit de plus en plus prisé, à tel point, que nos voisins Cheylarois se sont pris au jeux et en ont eux aussi inventé !
La plus récente serait que Saint-Martin-de-Valamas n'aurait plus de boulangerie d'ouverte !!!
Non vous ne rêvez pas, plus de pain à Saint-Martin : La Main Blanche a fermé ses portes !
Soyons d'accord pour dire que OUI, une des deux boulangeries restantes a fermé fin novembre, mais qu'il y a encore bel et bien une boulangerie d'active à Saint-Martin : LA MI DO RÉ ( et c'est bien son nom, outre le jeu de mots ) !
Avis donc aux amateurs, si vous voulez créer des fakes-News, rejoignez l'équipe des contributeurs de Rue des Puces !
M.N
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Règlement de comptes rue des Puces ?
Le Journal de Tournon du 27 février 1907 rendait compte d’une « lâche agression » survenue à St-Martin :
« M.Brousset, âgé de 38 ans, domicilié à Crézenoux, se rendait vers 11 heures du soir à son domicile, lorsqu’il fût accosté, à l’angle de la rue des Puces, par deux jeunes gens qui le frappèrent avec rage et lui cassèrent une jambe. Brousset est père de trois enfants en bas âge. On suppose qu’il s’agit d’une querelle d’atelier, les deux agresseurs et la victime travaillant ensemble ».
Ce n’est pas cette « querelle », expression un peu légère du journaliste ou correspondant de presse, qui a attiré mon attention, mais le lieu de la rue des Puces. D’une part pour dire que cette rue n’a pas toujours été tranquille et d’autre part pour mettre en évidence une différence d’appellation qui existait entre le quotidien des habitants et l’administration : les recensements de 1906 et 1911 ne désignaient pas la rue des Puces mais la rue du Bas Lieu.
Encore une petite énigme pour la rue des Puces.JCR