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ruedespuces - Page 235

  • Les guitares en carton

    Avant-hier pour commenter mon histoire de premier concert avec les O7 au cinéma Le Foyer de Saint-Martin de Valamas, j’ai eu le plaisir de recevoir un mot de Chantal Sabatier, la fille du sonorisateur incontournable du village dans les années 60. J’ai nommé Lili Sabatier.

    Sa fille, Chantal (elle ne s’appelle plus Sabatier depuis des temps immémoriaux, mais comme c’est une amie d’enfance, je ne m’habituerai jamais à l’appeler par son nom d’épouse, et donc pour l’éternité je l’appellerai Chantal Sabatier) m’a remerciée d’avoir évoqué son papa.

    Il le méritait. Par ailleurs il fait partie d'une vieille famille Saint-Martinoise. Des piliers de la vie sociale, communale, associative, sportive, culturelle. Ils sont incontournables dans notre paysage Ardéchois.

    (Quand je n'arrive pas à dormir, je compte les Rey, les Ribes et les Sabatier).

    Chantal est la maman du célèbre Charly, musicien, bassiste, guitariste, technicien, organisateur, adorable garçon, jeune et beau en plus…

    Y’en a qui ont trop de la chance.

    Mais beaucoup d’entre vous le connaissent déjà, et pour ceux qui ne le connaissent pas encore je vous recommande de réparer cette erreur au plus vite.

    Chantal est aussi la cousine germaine de mon ami, mon complice, mon frère de musique, Vincent Ribes. Leurs mamans sont soeurs.

    Et elle me racontait que Vincent, tout petit avait fabriqué des guitares avec une plaque de bois et que dans les réunions de famille, avec les autres petits ils organisaient des concerts privés pour les adultes en faisant cling cling avec la bouche et semblant de jouer.

    Et cela a fait remonter chez-moi un souvenir personnel : moi aussi j’avais dessiné et colorié une guitare pour m’entraîner. Mais elle était en carton. Je n’en avais jamais parlé à personne car j’avais un peu honte, c’est trop ridicule, j’avais oublié, mais si on doit à présent tout déballer allons-y carrément.

    Je m’adresse ici aux musiciens qui me lisent : je suis sûr que vous même avez eu des arrangements crapuleux de ce genre avec votre matos personnel dans votre carrière. Dans le style ampli que vous avez fabriqué vous même en écrivant "Vox" dessus et dépourvu de haut parleur. Ou un logo "Gibson" et "Fender" rajouté à la main sur une guitare gagnée au tir au pigeons à la fête foraine.

    Ou encore micro cassé et irréparable que vous installez quand même sur scène pour faire riche.

    Une petite escroquerie sans conséquence…

    Les Rolling stones l’ont bien pratiquée eux aussi, mais à une plus grande échelle : à un moment Brian Jones, le guitariste fondateur du groupe n’a plus été en état de jouer car les substances illicites qu’ils prenaient lui avaient bousillé le cerveau. Le groupe a continué à le faire monter sur scène avec eux pour les concerts, mais en prenant soin de ne pas brancher sa guitare pour ne pas qu’il foute le bordel. A côté nous sommes des petits joueurs.

    Merci de vous dénoncer pour vos pratiques musicales malhonnêtes, je sais que vous allez le faire, maintenant que j’ai commencé.

    J’en reviens à Vincent. Pour me flatter et entretenir l’histoire musicale locale Vincent m’avait raconté que c’est en me voyant (en nous voyant) jouer que sa carrière musicale avait été initiée. Ça lui avait donné des idées et envie de jouer de la guitare.

    Je ne suis pas sûr que ce soit tout à fait vrai, mais en tout cas ça m’avait fait plaisir et flatté qu’il me le raconte.

    Chantal a épaulé par la suite la carrière débutante de Vincent en lui donnant sa guitare espagnole.

    Je vais bientôt consacrer un chapitre ou deux aux guitares des années 60, mais déjà deux petites anecdotes pour vous situer l’attirance forcenée qu’on avait pour ces instruments magiques.

    Quand j’étais pensionnaire au Lycée technique de Valence, le dimanche on pouvait sortir en permission entre 15 heures et 19 heures. Dans cette ville, sur l’avenue de la gare, il y avait un magasin de musique. Et à un moment en vitrine, il ont exposé une guitare électrique « EXTRA PLATE ». Je ne connais pas la marque, et c’était la première fois que j’en voyais une.

    On avait déjà vu des guitares avec des micros, mais elles avaient toutes des caisses plus ou moins rebondies, mais « extra-plate » c’était une nouveauté extraordinaire.

    Et invariablement, dès que je sortais du lycée je me tapais mes deux bornes à pied pour aller m’extasier devant l’instrument.

    Autre anecdote du même genre. Elle concerne mon ami Vincent. Dans la ville où il allait à l’école, je crois que c'est Aubenas, il y avait dans un magasin de musique une superbe Fender Strato de couleur bois clair sur laquelle il avait des vues.

    Comme il n’avait pas assez d’argent pour l’acheter, il essayait petit à petit de réunir la somme. En attendant, dès qu’il pouvait il allait dans le magasin voir si "SA" Fender était toujours là, la contempler et discuter avec le patron de la boutique. Et le manège a duré jusqu’au jour où le propriétaire du magasin en a eu marre de perdre son temps avec cet étudiant impécunieux, fût-il très sympathique et lui a consenti pour la Fender, un prix qui ne se refuse pas.

    Et Vincent a pu enfin repartir avec "SA" guitare.

    Un arrangement qui a satisfait tout le monde, le propriétaire du magasin, enfin libre de s’occuper d’autres clients, Vincent et tous ses fans qui ont pu apprécier l’instrument pendant des milliers d’heures à La Forge ou ailleurs.

    Et tout ceux qui l’ont empruntée pour faire le boeuf avec lui au piano-bar.

    C’est une très bonne guitare, particulière car elle est dans un bois très lourd pour une strato. Vincent avait fait installer par un luthier des réglages à lui pour avoir un « boost » immédiat grâce à un bouton magique. Le son est très « craquant » avec beaucoup de présence (c’est un terme musical).

    Il y a quelque temps que je n'ai pas vu la guitare.

    Elle doit toujours avoir beaucoup de présence (de la présence de Vincent)

    Et elle doit être de plus en plus lourde (de tristesse)

    Vincent nous manque beaucoup,

    A mon âge les blessures guérissent mal et ne se referment pas.

    Je suis devenu un hémophile du chagrin…

    Et j’ai déjà une strato, c’est celle de mon ami Thierry Clertant, que j’ai rachetée à son épouse Nicole,

    Georges Verat

  • Optimisme forcené ou optimisme lucide ?

    J’ai emprunté l’adjectif « forcené » à mon ami Jean-Pierre Moulin qui se qualifiait lui-même volontiers de pédagogue « forcené ». Suis-je une optimiste acharnée, immodérée, excessive ? Pour ceux qui m’ont côtoyée sur la place cet été, peut-être... Le contexte anxiogène, incertain, fragile que nous vivons actuellement n’est pas propice à cultiver le bon côté des choses. Nous nous sentons menacés de tous côtés : la nature est hostile et se rebelle. Un petit être vivant microscopique a raison de nos économies mondiales et libérales et est capable de tout désorganiser. Nous n’avons plus la liberté de nous déplacer de par le monde, un de nos besoin physiologique de base, celui de respirer, est entravé par les masques que l’on nous impose de porter. Et les chaînes de télévision déversent en continue leur flot de négativité 24h/24. 

    Alors comment rester positif ? Est-ce de l’angélisme, de la naïveté, du déni ?

    IMG_20200615_143508.jpg

    Pendant un petit mois, j’ai observé la vie Saint Martinoise : les paysages immuables, la nature imposante, confiante, sereine, les arbres bien enracinés dans la terre, pas faciles à déloger et tout le petit monde des oiseaux, des insectes, des animaux, vivant sa vie, chacun à sa place dans son espèce. Vous avez-dit virus ? A part les guêpes qui nous ont gâché nos petits déjeuner sur les terrasses ou dans les cours, la vie s’est déroulée et continue de se dérouler selon un ordre bien établi, constant. Les prairies ont étalé leurs fleurs multicolores, les buissons de mûres, de framboises et de myrtilles ont donné leurs baies juteuses et sucrées. Et le ciel qui s’illumine à la nuit tombée, les discussions pour savoir le nom de la première étoile qui s’est embrasée, cette carte du ciel dont la géographie reste inchangée depuis des millions d’années.images (2).jpg Vous avez dit virus ? Les jardins ont été cultivés avec amour et il y ont répondu généreusement. Vous avez récolté, découpé, mis en bocaux, stérilisé, congelé, fait des confitures, des coulis... Les garde-manger sont pleins. Les vaches continueront de regarder passer les randonneurs en ruminant paisiblement, les chèvres de Léo donneront toujours du bon lait qui servira à la fabrication de picodons et autres fromages à s’en lécher les babines. Bientôt, vous irez aux champignons, vous récolterez les châtaignes que vous ferez griller au coin du feu. Vous avez dit virus ? images (3).jpg

    Je me souviens des propos de mon hôte amie à qui je faisais remarquer qu’elle vivait dans un petit paradis où la nature était belle et généreuse et la nourriture exceptionnelle : « Peut-être, me répondit-elle, mais comme nous c’est toujours comme ça, on ne le sait pas ! » 

    Puisse ce petit billet vous servir de miroir afin de ne pas oublier que le bonheur « il est là » (pour paraphraser la chanson d’un chanteur à succès qui vous reste dans la tête toute la journée dès que vous l’avez entendue). J’ai conscience de vivre dans un monde imparfait, mais mon optimisme s’enracine dans la confiance en ces changements qui naissent ça et là dans tous les domaines de la vie et dans le plaisir de vivre. C’est un état d’esprit qui change tout. 

    Etre constructif sans fausses illusions, éviter les absolus, rester mesuré et équilibré, c’est peut- être ça la définition de l’optimisme lucide.

    Evelyne Chomarat

  • Je n’ai pas tout compris !

    En matière d’écologie, je n’ai certainement pas tout compris mais peut-être ai-je lu en diagonale ou alors j’ai dû sauter des paragraphes !

    Pourtant, je suis attentif à ne pas créer de désordres à l’environnement ; je ne laisse pas couler l’eau dans le lavabo lorsque je me lave les dents, je trie mes déchets enfin, ceux que la grande distribution m’octroie puisque tout ce que j’achète est sous blister ou dans des emballages en plastique alors que, dans mon jeune temps, lorsque j’avais besoin d’acheter une vis ou un boulon le quincailler me les vendait à l’unité et les emballait dans un petit sachet en papier ; et, pour acheter lait ou yaourt, il me suffisait de traverser  la rue, non pas pour trouver un emploi mais, comme Perette, avec mon pot au lait j’allais chez la crémière.

    Tout change et il faut évoluer avec le temps si on ne veut pas être ringard !

    Non, mon incompréhension principale ne se rapporte pas seulement à la crémière ou au quincailler qui aujourd’hui ont quasiment tous disparu mais concerne un produit dont l’homme moderne ne peut se passer : l’électricité.

    J’ai peut-être mal digéré le message écologiste mais, je croyais avoir compris qu’il ne fallait plus de nucléaire, plus de charbon, plus de gaz, plus d’hydrocarbure pour produire l’électricité dont nous avons et nous aurons de plus en plus besoin : la domotique, faire rouler son véhicule tout électrique, faire une démarche administrative grâce à internet – carte d’identité, carte d’immatriculation d’un véhicule, déclarer ses revenus en ligne etc .etc. - dont on nous assure qu’il s’agit d’une simplification des démarches administratives et donc, qu’il n’est d’autre avenir que dans les éoliennes ou les panneaux photovoltaïques !

    Et, c’est là où je m’interroge sur ma compréhension du message !

    Comment faire pour que la totalité des habitants de notre pays puissent utiliser tous les services à partir d’une production d’électricité qui, par définition, est alternative ?

    En effet, les éoliennes ne peuvent produire que pour des vitesses de vent comprises entre 15 et 90 km/h ; en deçà ou au-delà, bernique, pas de jus ! Quant aux panneaux photovoltaïques pour qu’ils produisent il faut de la lumière pour qu’ils en transforment environ 15% en énergie électrique et, moins la lumière est intense, plus le rendement est mauvais donc, tout dépend de la région, de l’orientation, de l’inclinaison des panneaux etc. etc. et là aussi, bernique pour une production optimale !

    Alors, comment faire pour répondre à la demande lorsque les conditions pour une production alternative ne permettent pas de répondre à la demande ?

    Il faut donc des moyens de production qui puissent prendre le relai ; de fait, un double équipement et donc un double investissement. Il y a bien la production hydraulique mais, en France, la quasi-totalité des sites aménageables le sont déjà et cette production ne représente qu’un peu plus de 10% de la demande ; en 1958, lorsque je faisais mes études, 95% des sites aménageables l’étaient déjà.

    Au secours, expliquez-moi comment faire sans le nucléaire et la production thermique à flamme (turbines à gaz, charbon, hydrocarbure) pour compenser le manque de production !

    La production d’électricité n’est pas le seul sujet qui me préoccupe à savoir : la production de l’acier et du ciment dont la civilisation moderne ne peut se passer.

    Puisqu’il faut bannir l’usage du charbon, comment fabriquer de l’acier ?

    Mis à part la fabrication d’acier de recyclage dans des fours, eux aussi électriques, la fabrication de l’acier nécessite toujours d’avoir du minerai de fer et du coke or, le coke est toujours obtenu par distillation de la houille qui produit du coke, du gaz et des sous-produits, goudron et benzol, quant à la fabrication du ciment, il est nécessaire de disposer de laitier issu de la fabrication de l’acier ce qui lui confère une stabilité accrue aux agents chimiques agressifs.  

     Sans acier et sans ciment, comment ériger des éoliennes dont les mâts sont de plus en plus hauts pour améliorer le rendement ce qui nécessite, selon la hauteur du mât, de fabriquer des socles composés de 25 à 40 tonnes d’acier et de 250 à 400 mde béton ainsi que des viroles avec 10 à 15 tonnes d’acier et de 40 à 60 mde béton.

    Par hasard, le serpent se mordrait-il la queue ?

    Autre interrogation de ma part, lorsque tous les foyers français seront équipés en véhicules électriques, ces voitures pas chères ! comment faire face à l’accroissement de la consommation qui en résultera alors que les pales des éoliennes ne seront pas en mesure de tourner ?

    Si nous manquons de jus pour nous éclairer, peut-être pourrions-nous ressortir les jolies lampes pigeons de nos grands-parents si nous les avons gardées ou en relancer la fabrication ! Ah oui, j’oubliais, mauvaise pioche, elles fonctionnaient au pétrole lampant !

    A propos de pigeons, ne voudrait-on pas leur faire avaler des couleuvres, ce serpent qui justement se mord la queue ?

    Alain Amsellem